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“Une guerre a éclaté, les espaces aériens ont été fermés et nous devons faire demi-tour.” Dans un article publié le 6 mars, The Guardian met en lumière les multiples défis auquel fait face le secteur du transport aérien ces jours-ci. “Alors que la guerre s’intensifie en Iran et que des missiles zèbrent le ciel au-dessus du Moyen-Orient, les routes aériennes habituelles sont sens dessus dessous, détaille le journaliste Luca Ittimani. Des pilotes ont ainsi dû faire demi-tour en plein vol, ou se frayer un chemin dans des couloirs aériens de plus en plus restreints, le tout avec la charge de plusieurs centaines de personnes à leur bord.”
La fermeture de l’espace aérien, samedi 28 février, après les frappes successives des États-Unis, d’Israël et de l’Iran au Moyen-Orient, a conduit de nombreux avions à être redirigés vers les aéroports disponibles à proximité – tous n’ayant pas pu faire demi-tour. Face à une telle situation, “la première question à se poser, c’est : où sommes-nous ? Puis, quelles sont nos réserves de carburant et quelle direction prendre maintenant ?” indique Keith Tonkin, ancien capitaine de la compagnie aérienne australienne Qantas, qui a déjà piloté un Boeing 747 vers l’espace aérien où des missiles étaient tirés.
La nécessité d’un travail d’équipe
Habituellement, ces arbitrages se font grâce à “des analyses informatiques et à des communications en ligne directe avec le centre de contrôle des opérations”. Mais lorsqu’un imprévu se produit, les pilotes n’ont parfois d’autre choix que de “s’en remettre à leur propre jugement”. De quoi faire peser sur leurs épaules “une pression extrême”, souligne Steve Cornell, de l’Association des pilotes australiens.
Il incombe également aux pilotes de “conseiller le personnel de cabine et d’évaluer s’il faut ou non informer les passagers d’actions militaires à proximité de l’itinéraire défini par le plan de vol”, rappelle le Dr Tony Stanton, directeur consultant de Strategic Air, cité par le Guardian. “Il doit se demander si les gens ont vraiment besoin de savoir, ou si cela va juste leur faire peur, d’autant qu’ils sont impuissants.” Parfois, partager l’information le plus tôt est le mieux, estime-t-il. Comme l’a fait ce capitaine d’American Airlines qui a tout de suite annoncé sa décision de retourner à Philadelphie, aux États-Unis, plutôt que de poursuivre son trajet vers Doha, au Qatar.
En cas de danger, “une coopération étroite et dans le calme entre le commandant de bord et son copilote fait toute la différence”, souligne Christopher Docherty. En 2024, ce dernier servait comme copilote sur un vol vers Haïti, au côté du commandant Juan Zuluaga. Alors qu’ils approchaient de Port-au-Prince, leur avion a été touché par six balles, “blessant un agent de bord et endommageant des systèmes clés, y compris des indicateurs cruciaux du niveau de carburant”, relate le Guardian. Ils ont alors été redirigés vers Santiago, en République dominicaine. Et d’après Docherty, “si ce vol s’est bien terminé, c’est parce que nous étions deux pilotes dans le cockpit ce jour-là”.
Sans forcément imaginer le pire, en ces temps incertains, le Dr Tony Stanton invite les passagers à prendre les devants, en se renseignant toujours sur les dispositions de sécurité prises par la compagnie aérienne pour laquelle ils ont opté.

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