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La campagne de Timothée Chalamet pour « Marty Supreme » jusqu’au Oscars 2026 aura été plus que mouvementée pour le jeune comédien. Reste à savoir si elle en valait vraiment la peine.
Qui d’Ethan Hawke, Wagner Moura, Leonardo DiCaprio, Michael B. Jordan ou Timothée Chalamet sera couronné lors de la 98e cérémonie des Oscars ce dimanche 16 mars et succédera ainsi à Adrien Brody, meilleur acteur l’an passé pour The Brutalist ?
Outsider dans cette catégorie en 2025 pour son incarnation convaincante de Bob Dylan dans Un parfait inconnu, « Timmy » rempile en 2026 pour un autre biopic, sportif cette fois. La grande différence, c’est qu’il est cette année favori pour l’Oscar du meilleur acteur dans Marty Supreme, fresque bordélique sur les déboires de Marty Mauser, jeune joueur de ping-pong new-yorkais, une interprétation qui a mis tout le monde d’accord, y compris Le HuffPost.
En début de campagne, Timothée Chalamet faisait la course loin en tête avec un Golden Globe et un Critics Choice Award. Des indicateurs importants, qui lui promettaient une route toute tracée jusqu’à l’Oscar. Mais c’était sans compter sur l’opération d’autosabotage − presque involontaire − du comédien franco-américain de 30 ans.
La polémique de trop pour « Marty Supreme » ?
Le 25 décembre dernier, le public américain et la critique s’emballaient pour son rôle dans Marty Supreme. Un film à mi-chemin entre le cinéma d’auteur branché et le blockbuster grand public, qui a bénéficié d’une promotion dantesque, parfaitement rodée et foncièrement novatrice.
On a vu Timothée Chalamet au sommet de la Sphere de Las Vegas, promouvoir des vestes sportswear hors de prix, tacler le Grand Rex sur le prix des places, entretenir la rumeur qui l’imagine rappeur à ses heures perdues, et porter du orange fluo (la couleur de « sa » balle de ping-pong) sur tous les tapis rouges… Réussie ou non, cette campagne marketing l’a rendu omniprésent depuis la sortie américaine du film. Et avec une sortie française survenue deux mois plus tard, l’indigestion a commencé à pointer le bout de son nez.
D’autant que Timothée Chalamet a parlé, beaucoup parlé. Sans doute trop, même. Avec comme point d’orgue une polémique servie sur un plateau aux médias à quelques jours de la cérémonie des Oscars. En cause ? Une sortie indélicate et hasardeuse du comédien lors d’une interview croisée avec Matthew McConaughey. Jugez plutôt : « Je ne veux pas travailler dans le ballet ou l’opéra, ou dans des trucs où c’est genre : “Hé, continuez à faire tourner ça, même si plus personne n’en a rien à faire”. Avec tout le respect que je dois aux gens du ballet et de l’opéra ». L’acteur a beau avoir nuancé ses propos quelques secondes plus tard, c’était déjà trop tard.
Timothée Chalamet, seul contre tous
L’Opéra de Paris, la Scala de Milan, le National Ballet de Londres… Ils se sont tous payés Chalamet, en s’offrant au passage une publicité gratuite inespérée. Plusieurs d’entre eux, comme l’Opéra de Seattle, ont poussé le concept encore plus loin en proposant des réductions sur certaines représentations en utilisant le code TIMOTHEE.
Réactions plus ou moins indignées aussi du côté des stars comme Doja Cat, Juliette Binoche, Jamie Lee Curtis ou Whoopi Goldberg. Cette dernière n’a d’ailleurs pas manqué de lui rappeler que plusieurs membres du clan Chalamet ont travaillé dans les secteurs qu’il dénigre (sa grand-mère, sa mère et même sa sœur ont dansé au New York City Ballet).
Une sortie controversée qui pourrait lui coûter la fameuse statuette dorée ? En réalité, c’est loin d’être aussi simple. Comme le souligne pour la BBC Alex Ritman, journaliste chez Variety, cette polémique a en réalité atteint son paroxysme après la clôture des votes aux Oscars, le 5 mars. Ce qui lui fait dire qu’elle n’a eu « aucun impact majeur » sur le scrutin. Ce qui a réellement pu le desservir, c’est le parallèle entre son rôle antipathique dans Marty Supreme et le personnage qu’il a incarné tout au long de la campagne décomplexée pour l’Oscar : celle d’un jeune homme aussi ambitieux qu’arrogant.
Pour sa défense, Timothée Chalamet a vu sa campagne écornée par d’autres éléments sur lesquels il n’avait pas la moindre prise. À commencer par la campagne de dénigrement dont a fait l’objet le réalisateur de Marty Supreme, Josh Safdie, après l’enquête du média people Page Six.
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Après plusieurs mois de campagne où il s’est mué en promoteur total du film dont il est l’acteur principal, Timothée Chalamé en a peut-être un peu trop fait…
Page Six prétendait dévoiler les raisons de l’éloignement entre Josh et Benny Safdie, survenu plusieurs années après un incident sur le tournage de leur premier succès, Good Time. Le recours à une actrice mineure pour une scène de nudité dans ce film de 2017 étant contraire aux règles en vigueur à Hollywood, la découverte de cet incident, plusieurs années après, par Benny aurait conduit à la séparation artistique des deux frères.
Sinners prêt à en découdre
Autre facteur qui échappe au comédien de 30 ans : le retour tonitruant de Sinners dans la course aux Oscars. Film le plus nommé de l’histoire de l’Académie, Sinners a remporté plusieurs statuettes importantes dans la dernière ligne droite, après un début de campagne plutôt timide. Il a notamment créé la surprise (et une explosion de joie dans la salle) quand Michael B. Jordan a remporté le prix d’interprétation masculine aux Actor Awards, la cérémonie du syndicat des acteurs américains. Une récompense loin d’être anodine puisque les membres de la SAG-AFTRA représentent une part non négligeable des votants aux Oscars.
Ce dernier prix et l’engouement global autour du film d’horreur de Ryan Coogler profite au talentueux acteur de Black Panther et Creed en cette fin de campagne. De son côté, Timothée Chalamet a beau mériter l’Oscar, le carton plein annoncé s’est révélé décevant : il s’est fait doubler aux Actor Awards comme aux Bafta. Deux prix qui servent habituellement d’ultime baromètre avant les Oscars. Désormais, l’éventualité qu’une troisième statuette de meilleur acteur lui échappe ce dimanche soir semble plus qu’envisageable.

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