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4 mars 2026Après le « ouf de soulagement » du discours de Rubio, ces détails MAGA qui ne trompent pas
ALEX BRANDON / AFP
Ce « soupir de soulagement » après le discours de Marco Rubio à la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC) dit beaucoup du changement de ton des Américains mais…
Une accalmie réelle ou de façade ? Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a livré un message d’apaisement aux Européens lors de la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC) ce samedi 14 février. « Nous savons que le destin de l’Europe ne sera jamais sans rapport avec le nôtre », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, désireux de rallier le Vieux Continent aux ambitions étasuniennes sous la coupe de Donald Trump.
Le contraste était flagrant avec le discours incendiaire de JD Vance devant la même assemblée il y a tout juste un an. Marco Rubio a cherché à calmer le jeu, affirmant que les États-Unis seraient « toujours un enfant de l’Europe » et sont prêts à mener la « restauration de l’ordre mondial ». Son intervention a été applaudie à plusieurs reprises par le gotha de la sécurité et de la défense réuni dans un grand hôtel munichois.
Un « ouf de soulagement » collectif s’est fait entendre dans la salle, a glissé le président de la MSC Wolfgang Ischinger lors d’une discussion avec Marco Rubio rapportée par le New York Times. Il faut dire que le trumpiste a mis les formes pour rassurer les Européens, assurant que les États-Unis seront « guidés par la vision d’un avenir aussi fier, souverain et vital que le passé de notre civilisation ».
Un changement « dans le style », mais pas « dans le fond »
« Et même si nous sommes prêts, si nécessaire, à agir seuls, nous préférons et espérons agir avec vous, nos amis ici en Europe », a-t-il ajouté, soulignant que le pays de l’Oncle Sam et le Vieux Continent sont « faits pour être ensemble ». « Nous ne voulons pas que nos alliés soient faibles, car cela nous affaiblit. Nous voulons des alliés capables de se défendre afin qu’aucun adversaire ne soit jamais tenté de tester notre force collective », selon lui.
Alors que les relations transatlantiques traversent une grave crise, comme l’a montré récemment la controverse autour du Groenland, Marco Rubio a garanti que Washington ne cherchait pas « à diviser, mais à revitaliser une vieille amitié et à renouveler la plus grande civilisation de l’histoire humaine ». « Ce que nous voulons, c’est une alliance revigorée », a insisté le trumpiste.
Mais faut-il prendre ces propos rassurants pour argent comptant ? Jakub Krupa, journaliste au Guardian, ne cache pas son scepticisme, rappelant que le discours du chef de la diplomatie américaine diffère de celui de JD Vance « dans le style », mais « pas nécessairement dans le fond ». Et le reporter de rappeler ce dicton qu’« un diplomate est une personne qui peut vous dire d’aller au diable de telle sort que vous avez hâte de faire le voyage ».
Certains élus ne croient pas franchement non plus plus aux airs de rameaux d’olivier, à l’instar de l’eurodéputée Horizons Nathalie Loiseau qui y voit un « damage control » version « good cop versus bad cop ». « On retiendra surtout que Marco Rubio n’a parlé de l’Ukraine de que parce que la question lui a été posée », a-t-elle ajouté sur X.
Les « éléments de langage MAGA » ne sont jamais loin
De fait, Marco Rubio a notamment repris les thèmes fétiches de Donald Trump concernant l’immigration de masse et la désindustrialisation qui menacent selon lui l’Europe comme les États-Unis. Au-delà de la politique étrangère, agir « ensemble » permettra de « dissuader les forces qui menacent aujourd’hui de faire disparaître nos civilisations », a-t-il notamment lancé.
Ces propos ne sont pas sans rappeler les éléments de langage de la « Stratégie de sécurité nationale » américaine qui avaient fait hurler les Européens début décembre. Dans ce document, la Maison Blanche pointait l’« effacement civilisationnel » du Vieux Continent, mettant en cause « les activités de l’Union européenne et d’autres organismes transnationaux qui portent atteinte à la liberté politique ».
L’Europe reste dans le collimateur de Donald Trump depuis son retour au pouvoir, avec une multiplication des attaques diplomatiques et commerciales et l’escalade récente des tensions au sujet du Groenland. Autant d’éléments pour lesquels Marco Rubio « n’a pas présenté d’excuses » lors de son discours, relèvent Politico rappelant que son « ton conciliant » ne l’a pas empêché de « répéter les éléments de langage MAGA ».

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