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L’économiste Philippe Chalmin estime ce mercredi sur RMC que le prix du litre de carburant pourrait atteindre 2€ dans les jours qui viennent si le conflit au Moyen-Orient persiste. « Cela pourrait même monter plus haut si le blocage d’Ormuz perdure », anticipe ce spécialiste des marchés de matière première.
Le ministère de l’Économie reçoit jeudi les distributeurs de carburant pour « s’assurer » qu’ils ne pratiqueront pas de hausses exagérées des prix, comparé à celle des cours du pétrole, a-t-il annoncé mercredi.
« Roland Lescure, Serge Papin et Maud Bregeon recevront ce jeudi 5 mars à 11h les distributeurs de carburant à Bercy pour échanger avec eux sur la situation et s’assurer que l’évolution des prix à la pompe correspond à l’évolution des prix du baril de pétrole actuellement observée », a indiqué Bercy à l’AFP.
« Quelques centimes » de hausse à l’heure actuelle
Le prix de l’essence « augmente de quelques centimes actuellement », a fait savoir ce matin le ministre de l’Économie Roland Lescure sur Franceinfo, une hausse « normale compte tenu de la hausse du prix du pétrole », selon lui.
D’après les relevés quotidiens des prix des stations centralisés par Bercy, le litre de SP95-E10 se vend mercredi en moyenne pour 1,77 euro, 5 centimes de plus que le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines en Iran. Roland Lescure a toutefois appelé à « garder son sang-froid ». « Il n’y aura pas de pénurie nationale », a-t-il tempéré.
La grande distribution répercute les hausses « rapidement »
Mais doit-on craindre une hausse rapide des prix? « La grande distribution, ils sont pratiquement à prix coûtant. Ils répercutent très rapidement. Il faut de l’ordre d’une semaine à peu près. « Pour un dollar de plus le baril, à fiscalité constante, c’est un centime de plus à la pompe », explique ce mercredi sur RMC Philippe Chalmin, économiste et spécialiste des marchés de matières premières.
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a appelé lundi sur X à baisser l’accise sur les produits pétroliers (ex TICPE), disant qu' »il ne serait pas tenable que l’État s’enrichisse sur le dos des Français en profitant de la crise internationale ».
Sur RMC-BFTMV, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a précisé qu’il existait une « grande imprévisibilité sur l’étendue du conflit dans le temps et dans l’espace » et qu’il était « beaucoup trop tôt pour en tirer des conclusions définitives ».
Interrogée sur l’éventualité de mesures à prendre pour compenser une hausse marquée, elle a répondu qu’il était « beaucoup trop tôt pour parler de cela » et quee la priorité était de travailler à la réouverture du détroit d’Ormuz. Elle a jugé « précipitée » la proposition de Marine Le Pen plus tôt mercredi sur la radio RTL de baisser des taxes sur les carburants pour compenser les hausses.
« Quand on se balade avec un niveau de dépense publique qui est ce qu’il est, croyez-vous qu’il se soit le moment pour aller réduire, finalement, une taxe qui est certes injuste pour ceux qui ont besoin de prendre de l’essence, mais voilà… », réagit sur RMC Philippe Chalmin. Celui-ci préconise plutôt aux entreprises « d’émettre des chèques carburants qui seraient co-financés à la fois par l’État et par les entreprises. »e
Chèques carburants? « C’est très compliqué à mettre en oeuvre »
« Je me souviens qu’à l’époque, j’en avais parlé justement avec Bruno Le Maire (alors ministre de l’Economie, NDLR), il m’avait dit ‘oui c’est intéressant mais c’est très compliqué à mettre en oeuvre’, ce qui n’est pas totalement faux », a fait savoir l’économiste.
En attendant, les prix vont-ils atteindre/voire dépasser les 2 euros le litre dans les prochains jours? « C’est probable si l’Iran reste sur une position extrêmement dure, si la guerre perdure, si le détroit d’Ormuz se trouve de facto pratiquement bloqué, effectivement, on va atteindre les 100 $ le baril, et quand on sera à 100 $ le baril, on sera assez grossièrement à 2 euros le litre », anticipe Philippe Chalmin. « Cela pourrait même monter plus haut si le blocage d’ Ormuz perdure.
Toutefois, l’économiste envisage aussi un autre scénario. « Si la guerre s’arrête, on retombe dans la situation qui était antérieure, qui était une situation d’excédent pétrolier mondial. »
Leclerc anticipe une « nette hausse des marchés »
Dimanche soir, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, qui sont leaders français de la grande distribution, avait estimé sur X qu’une « nette hausse des marchés » d’hydrocarbures était « à prévoir ».
L’enseigne assure mercredi n’avoir pas de problème pour le réapprovisionnement des cuves de ses stations-service, bien que « le début de semaine a été marqué par un phénomène d’achats de précaution et une demande deux fois supérieure à la normale ».
Elle a constaté « une progression modérée de 7 centimes par litre » sur le prix des essences et « un impact de 26 centimes par litre » sur le diesel, selon un message écrit à l’AFP.
Du côté du 3e distributeur, les Mousquetaires/Intermarché, « on remarque, depuis le début de la semaine, une hausse de 50% en volume » des ventes de carburant, a indiqué à l’AFP le distributeur.

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