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Dans un discours fleuve au Capitole, Donald Trump a célébré mardi son bilan sans faire d’annonces majeures ni esquisser le moindre changement de cap face au mécontentement manifesté par les Américains dans les sondages.
Le président américain Donald Trump a vanté mardi soir devant le Congrès ses réussites économiques dans le plus long discours sur l’état de l’Union jamais prononcé, disant que les États-Unis entraient dans un « âge d’or ». « Notre nation est de retour – meilleure, plus grande, plus riche, plus forte », a dit Donald Trump depuis le pupitre alors que les républicains du Congrès scandaient « USA, USA ».
Le président américain s’est exprimé lors d’une allocution télévisée en « prime time » (21 h 00 heure de Washington, mercredi 2 h 00 GMT) de près de deux heures.
Un bilan sans reproches, vraiment ?
Ce discours offrait à Donald Trump une opportunité de convaincre les électeurs de maintenir au pouvoir les républicains, qui contrôlent avec une majorité étroite les deux chambres du Congrès. L’ensemble des sièges de la Chambre des représentants et une partie du Sénat seront en jeu lors des « midterms » en novembre prochain.
Le locataire de la Maison-Blanche s’en est tenu à son discours, discutant de l’économie durant la première partie de son allocution. Bien que Donald Trump ait déclaré que l’inflation « s’effondre », le prix des denrées alimentaires, du logement ou des assurances reste plus élevé qu’il ne l’était il y a quelques années. Des données publiées vendredi ont par ailleurs montré que l’économie américaine avait connu au quatrième trimestre un ralentissement plus important qu’attendu tandis que l’inflation a accéléré.
Seuls 36 % des Américains approuvent la gestion par Donald Trump de l’économie, selon un sondage Reuters/Ipsos. S’il s’en est, comme à son habitude, pris à son prédécesseur, le démocrate Joe Biden, le président républicain est resté mesuré quant à la Cour suprême. Alors qu’il s’en était pris aux juges après qu’ils ont décidé vendredi d’invalider les droits de douane dits « réciproques » instaurés par Donald Trump, il a serré la main aux quatre membres de la Cour suprême présents dans la Chambre des représentants et n’a qualifié leur décision que de « malheureuse ».
Malgré l’attention portée par le président à la politique internationale depuis le début de son second mandat, la question a peu été abordée lors du discours. Donald Trump, qui a réaffirmé avoir « mis fin » à huit guerres, n’a presque pas fait mention de la guerre opposant la Russie et l’Ukraine, alors même que le conflit vient d’entrer dans sa quatrième année.
Le locataire de la Maison-Blanche n’a pas non plus fourni de détails sur ses plans concernant l’Iran, alors que l’inquiétude croît à propos d’un possible conflit avec Téhéran. « Je préfère régler ce problème par le biais de la démocratie », a dit Donald Trump. « Mais une chose est sûre, je ne permettrai jamais au premier mécène du terrorisme, ce qu’ils sont et de loin, d’avoir une arme nucléaire. »
« Vous devriez avoir honte », « vous avez tué des Américains »… Échanges tendus
Alors que Donald Trump abordait son sujet favori, l’immigration, il a eu recours à la même rhétorique qu’il avait utilisée lors de sa campagne présidentielle en 2024. Il a notamment affirmé que les migrants sans-papiers étaient responsables d’une vague de crimes violents, bien que des études montrent que ce n’est pas le cas.
« Vous devriez avoir honte », a dit Donald Trump aux démocrates, leur reprochant de refuser de financer le département de la Sécurité intérieure (DHS). Les opérations du DHS sont en effet quasiment à l’arrêt en raison d’une querelle entre les républicains et les démocrates du Congrès à propos de la stratégie anti-immigration musclée de l’administration Trump. Les sondages montrent que la plupart des Américains disent penser que l’administration Trump a été trop loin dans son offensive anti-immigration, après deux fusillades mortelles controversées à Minneapolis impliquant des agents de la police fédérale de l’immigration (ICE).
Alors que le président vantait l’application de sa politique en matière d’immigration, l’élue de Minneapolis Ilhan Omar a crié dans sa direction : « Vous avez tué des Américains ! »
L’élu démocrate du Texas Al Green s’est de son côté vu contraint de quitter la Chambre des représentants après avoir brandi une pancarte sur laquelle on pouvait lire « les Noirs ne sont pas des singes ». Cela fait référence à une vidéo partagée plus tôt ce mois-ci sur un compte de réseaux sociaux de Donald Trump, représentant l’ancien président démocrate Barack Obama et l’ancienne première dame Michelle Obama sous les traits de singes. Al Green avait déjà pris Donald Trump à partie l’an dernier lors de son discours sur l’état de l’Union.
D’autres démocrates ont protesté de manière plus calme. L’élue de Hawaii Jill Tokuda portait une veste sur laquelle on pouvait lire « affordability » (un terme employé pour faire référence au caractère « abordable » des produits du quotidien) et « healthcare » (services de santé). De nombreuses démocrates arboraient des badges disant « publiez les documents », une référence au scandale autour de la publication de millions de documents du département de la Justice liés au défunt financier et délinquant sexuel Jeffrey Epstein, avec lequel Donald Trump a entretenu jadis une amitié. Plusieurs accusatrices de Jeffrey Epstein, invitées par les démocrates, se trouvaient dans la salle.

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