Wall Street en baisse alors que le conflit au P-O préoccupe
4 mars 2026
après huit mois de négociations pour obtenir des revalorisations, les infirmières libérales peinent toujours à s’entendre avec l’Assurance maladie
4 mars 2026Il transportait plus de 25 kg de stupéfiants sur l’A9, près de Narbonne : plus de 3 ans de prison pour ce jeune Perpignanais au passé judiciaire chargé
Une course-poursuite sur l’autoroute A9 a conduit à l’arrestation d’un jeune homme transportant 25,60 kg de cannabis. Malgré ses excuses, son lourd passé judiciaire a pesé dans sa condamnation, ce lundi, par le tribunal de Narbonne.
Il est 13 h 25 ce 13 janvier 2026, lorsque les douanes veulent contrôler cette Citroën C1 qui circule sur l’autoroute A9 dans le sens Perpignan-Narbonne. Le conducteur, âgé de 24 ans, suit le cordon lumineux des protecteurs de frontières jusqu’à l’échangeur de Sigean. Mais, à hauteur des zébras, il donne un coup de volant et retourne sur les trois voies. Une course-poursuite de 20 minutes s’engage. D’abord jusqu’à la sortie de Narbonne Est où le jeune homme force la barrière de péage. Une équipe de la brigade narbonnaise tente ensuite de le stopper sans succès. Il n’obtempère pas et va même rouler sur la herse portative. Malgré ses pneus droits crevés, il continue de fuir sur la rocade. Il force des véhicules à s’écarter, accroche quatre rétroviseurs jusqu’à ce qu’une des roues sorte de sa jante à la sortie de la ville. Contraint de laisser la C1 dans un fossé, il prend la fuite à pied et est rattrapé par les agents des douanes. Dans un sac de sport laissé sur le côté passager, ces derniers retrouvent 25,60 kg d’herbes de cannabis conditionnés en 18 sachets thermosoudés.
Le 15 janvier, il est présenté devant le tribunal correctionnel de Narbonne où l’affaire est renvoyée. En attendant son procès, il est placé en détention à Béziers. Ce lundi 2 mars, retour dans la salle d’audience narbonnaise. La présidente Clémence Caron s’interroge : « Vous êtes sorti le 3 janvier de détention, soit dix jours avant les faits, comment pouvez-vous vous retrouver avec ces stupéfiants ? » Réponse du prévenu : « Je n’avais rien, je ne savais pas où aller, où dormir et on m’a proposé ça. Sur un coup de tête, je n’ai pas refusé. Comme la personne qui m’a proposé de faire ça m’a dit que si je voyais la police, il ne fallait pas que je m’arrête sinon j’allais payer la marchandise, j’ai eu peur. » Domicilié à Perpignan, il est hébergé chez sa grande sœur, il se contredit dès sa première intervention. Il tente un : « Oui mais, arrivé à un certain âge, j’aimerais avoir une certaine autonomie. » Vite repris par la présidente : « À n’importe quel prix ! Elle ne vous donnait pas à manger votre sœur ? Vous ne souhaitiez pas trouver un travail légal ? » Le jeune homme s’embourbe : « C’est quelqu’un que j’ai croisé à Perpignan qui m’a proposé ça. Je ne vais pas vous dire qui c’est sinon j’aurai beaucoup de problèmes. Je devais juste la déposer au niveau du Mc Do à Narbonne avec la voiture qu’on m’avait prêtée. »
Un lourd passif judiciaire
S’il reconnaît tout – le transport, la mise en danger d’autrui « sans le vouloir » –, s’excuse auprès de tous, de lourds antécédents collent à la peau du prévenu : le 21 août 2025, le tribunal de Perpignan l’a condamné à 18 mois de prison dont six avec sursis pour des violences aggravées avec arme et en réunion à la sortie d’une boîte de nuit ; en septembre 2020, alors qu’il a 19 ans, le tribunal de Lille l’a envoyé en prison quelques mois pour transport de stupéfiants ; en Belgique, le 10 février 2021, il est condamné pour des infractions au code de la route ; enfin, en Espagne, en juillet 2024, il est jugé pour trafic de drogues, dont transport de 42 kg de résine de cannabis, et écope de trois ans de prison, où il fait presque un an en bénéficiant de la liberté conditionnelle.
Aujourd’hui, il assure : « J’ai assez compris. Au fond de moi, j’ai envie de travailler. » Ce qui ne convainc pas Chloé Roméro, la procureure : « Dans la lutte contre l’intoxication de notre jeunesse, la particularité de cette affaire n’est pas la quantité de stupéfiants, mais la quantité des condamnations. S’il a l’honnêteté de reconnaître son implication, il tente d’échapper à sa responsabilité. » Vu l’état de récidive, elle requiert 4 ans de prison avec maintien en détention et la révocation partielle du sursis à hauteur de six mois.
Pour la défense, Maître Hemza El Moujaddide réagit tout de suite « à cette peine disproportionnée et sévère » avant l’engrenage dans lequel il place son client. « Il est une proie facile pour les trafiquants. Il va foncer tête baissée pour empocher 1 500 €. Ce n’est qu’un simple exécutant dans une phase de désespoir. Je ne minimise pas la quantité, mais le rôle de mon client qui est une simple mule, un pauvre type au parcours compliqué. »
Le prévenu a été reconnu coupable et condamné à 3 ans de prison avec maintien en détention auquel s’ajoutent 4 mois de sursis révoqués. Il devra payer aux douanes 43 855 € d’amende et 1 000 € pour refus d’obtempérer.

9999999
