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4 mars 2026« Le consentement est requis, même au sein d’un cabinet médical ! » : un médecin agresseur sexuel condamné à quatre ans de prison
Ce mercredi 4 mars, un Lauranais de 76 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Carcassonne, pour répondre de six faits d’agressions sexuelles aggravées par l’autorité que lui conférait sa fonction de médecin. La période de prévention court globalement du 23 octobre 2018 au 28 février 2019, à Carcassonne.
Aujourd’hui retraité et âgé de 76 ans, le docteur Jean-Pierre Tourrou a tout d’abord été médecin légiste à Carcassonne durant trente ans, expert auprès de la cour d’appel de Montpellier. Avant de terminer sa carrière à la CPAM de l’Aude en qualité de médecin-conseil, chargé notamment de vérifier la conformité des arrêts maladie. Décrit comme un médecin consciencieux et méticuleux, c’est un homme n’ayant jamais eu affaire à la justice en tant que mis en cause… Jusqu’à ce mercredi 4 mars 2026, où il s’est retrouvé à la barre du tribunal de Carcassonne pour répondre d’agressions sexuelles aggravées, par l’autorité que lui conférait sa fonction de médecin. Dans cette affaire, tout est parti de la plainte d’une première victime examinée par le prévenu, alors qu’il était médecin-conseil pour la CPAM de l’Aude. Venue pour un problème d’épaule, cette femme avait dû retirer son soutien-gorge à la demande du docteur, avant que celui-ci ne lui touche les seins, et plus particulièrement les tétons, en lui demandant si elle ressentait des picotements.
Lors d’investigations auprès de la CPAM, il apparaîtra qu’une autre patiente a été victime de faits identiques avec, là encore, une certaine insistance dénoncée au niveau des palpations réalisées par le docteur Tourrou. Une autre femme, vue pour un problème au niveau du cou, a également été la cible d’attouchements sur la poitrine… L’enquête de police sera ensuite élargie sur la patientèle féminine du praticien, estimée à 350 personnes sur un an. Toutes ont ainsi été interrogées, et une dizaine a évoqué des faits de nature sexuelle à l’encontre de Jean-Pierre Tourrou. D’autres n’ont pas voulu déposer plainte, car les faits les concernant étaient trop anciens.
Ce n’était pas des examens à visée sexuelle mais cliniques
D’âge et de profil différent, aucune de ces femmes ne se connaît. En revanche, elles ont des dénonciations communes, voire similaires. Quel que soit le problème pour lequel elles ont été examinées, douleurs aux cervicales, à l’épaule ou à une hanche, elles ont toutes été invitées à se déshabiller avant d’avoir les seins touchés de façon inappropriée par le docteur… Ce mercredi 4 mars, elles étaient trois plaignantes sur six à être présentes à l’audience.
Devant le tribunal, le prévenu a contesté les faits en indiquant « que les actes réalisés étaient médicaux et non de nature sexuelle. J’ai fait correctement mon travail de médecin en respectant un certain nombre de protocoles, et ne comprends pas ce qu’on me reproche. Je pense qu’il y a une mauvaise interprétation qui a été faite ! Je n’ai pas palpé ou malaxé les seins, ni fait d’attouchement. Ce n’était pas des examens à visée sexuelle mais cliniques. C’étaient des examens médicaux à la recherche de manifestations pathologiques ! »
Pour l’une des plaignantes, Me Céline Colombo (barreau de Carcassonne) est restée sur sa faim face aux déclarations du mis en cause : « Je n’ai rien compris à ses explications, si ce n’est qu’il nie. Ce n’est pas parce que l’on est médecin qu’il faut tout se permettre ! » Emboîtant le pas pour une autre plaignante, Me Yves Férès (barreau de Carcassonne) a fustigé « les explications particulièrement alambiquées » du prévenu, « qui a failli avoir de la chance car il était bientôt à la retraite quand cette affaire l’a rattrapé. Il a multiplié les agressions car il se sentait intouchable, et essaie aujourd’hui de se réfugier derrière des explications médicales. Elles sont six à avoir été victimes d’attouchements à plusieurs reprises. Et on ne parle pas des victimes concernées par la prescription ! »
Il n’y a aucune recherche d’excitation sexuelle chez lui
Au ministère public, sa représentante a parlé « de faits commis dans le huis clos d’un cabinet, avec des plaignantes dénonçant des attouchements dans les mêmes termes. Le consentement est requis, même au sein d’un cabinet médical ! » La peine de trois ans de prison, dont deux assortis du sursis, a été requise. Avec un aménagement sous la forme d’une détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE) pour la partie ferme. Pour la défense, Me Elsa Laurens (barreau de Narbonne) a plaidé la relaxe en invitant le tribunal à rester uniquement sur le dossier : « Mon client est resté dans son rôle de médecin. Il n’y a aucune recherche d’excitation sexuelle chez lui. On ne peut pas condamner pénalement parce qu’on met les gens mal à l’aise ! Quand on est médecin-conseil, on agit comme un expert pour savoir ce qui peut être pris en charge. »
À l’issue de son délibéré, le tribunal a finalement condamné le prévenu à quatre ans de prison, dont trois assortis du sursis, avec exécution provisoire. La partie ferme sera aménagée sous la forme d’une DDSE. L’interdiction définitive d’exercer l’activité de médecin a aussi été ordonnée, et l’inscription du prévenu au fichier national des délinquants sexuels constatée.

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