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Lors des dernières crues, des puits destinés à alimenter le chauffage géothermique du futur hôpital ont déversé de l’eau d’une nappe phréatique dans le sous-sol du futur hôpital nantais. Un incident qui ne remet pas en cause la sécurité du site, assure la direction de l’établissement.
En pleine bataille des municipales, le chantier du nouveau CHU de Nantes pourrait redevenir un sujet de tension. Fin février, plusieurs centimètres d’eau ont été constatés dans le sous-sol de l’établissement, présenté quelques jours plus tôt comme tout à fait étanche. L’incident a aussitôt rallumé l’indignation des détracteurs historiques de ce projet de grande ampleur, sur fond de désaccord sur le caractère inondable de l’emplacement du futur CHU, planté face à un bras de la Loire, dans la partie occidentale de l’île de Nantes. Un non-sujet, pour la direction de l’hôpital.
Il y a deux semaines, au moment des crues records qui ont déferlé sur la Loire, le centre hospitalier universitaire s’était, au contraire, félicité dans la presse locale, de la résilience du site. En construction sur l’île de Nantes, l’établissement qui a nécessité un gros investissement de plus de 1,25 milliard d’euros, avait passé avec succès ses premières fortes intempéries. Sa partie souterraine, située trois mètres sous le niveau moyen de la Loire, s’en était sortie sans avoir été inondée, contrairement à plusieurs garages de l’agglomération nantaise. «Cette zone, le futur parking, est donc étanche», s’était réjouie, le 19 février, la direction du CHU dans les colonnes du quotidien Ouest France. Quelques jours plus tard, des témoignages faisaient cependant état d’inondations dans ce même parking.
Un document de référence critiqué
Selon trois vidéos que Le Figaro a pu consulter, une section du parking du nouveau CHU de Nantes se trouvait partiellement inondée, sous une mince couche d’eau. Après avoir, dans un premier temps, démenti toute infiltration, alors que circulait sur les réseaux sociaux un photomontage par IA du bâtiment inondé, la direction de l’établissement a finalement confirmé, le 2 mars, la présence de «débordements» en sous-sol. «Un incident a touché, le 24 février, les puits géothermiques situés dans des locaux techniques du parking. L’eau de la nappe phréatique est remontée à la surface et s’est déversée sur quelques sections du sous-sol», indique Pierre Nassif, directeur du pôle investissement et logistique du CHU de Nantes, en évoquant une hauteur d’environ «8 à 10 centimètres» d’eau. Des clichés du parking datés du 2 mars, transmis par la direction du CHU, ne laissaient plus apparaître que quelques larges flaques éparses.
CHU de Nantes
L’incident, assure le centre hospitalier, ne serait pas directement lié à la Loire. Indirectement, en revanche, Pierre Nassif n’écarte pas la piste d’une inondation par remontée de nappe, gorgée par les derniers événements météorologiques. Ce dernier précise néanmoins que les installations géothermiques, censées réguler la chaleur de l’hôpital, sont toujours en travaux, donc vulnérables. Les inondations partielles n’ont eu qu’un impact minimal sur le chantier du nouveau CHU, perturbant l’accès à une partie réduite du parking aux entreprises chargées d’y déposer des gravats et du matériel, ajoute-t-il.
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Pour la direction, cet incident ne remettrait pas en cause le cuvelage du futur CHU, qui aurait démontré son efficacité en protégeant les 8000 m2 du parking de toute infiltration classique, lors de l’épisode des crues. Le souterrain ne pourrait être ainsi inondé que par un débordement direct de la Loire, depuis les quais. Soit une situation qui, dans ce secteur de l’île de Nantes, ne pourrait se produire qu’à l’occasion de crues extrêmes, plus importantes encore que celles enregistrées en 1982, le plus haut niveau attesté de la Loire. C’est du moins les données du Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI), qui ne placent pas le nouveau CHU en zone inondable. Sauf en cas de crues millénales.
Réalisé en 2014, ce document de référence réalisé par les services de l’État en Loire-Atlantique fait toutefois, depuis des années, l’objet de critiques scientifiques comme politiques, de droite comme de gauche, à l’origine de plusieurs appels à une révision du PPRI et à l’arrêt des travaux. En vain. Dans une lettre ouverte diffusée le mardi 3 mars, plusieurs opposants historiques à la construction du nouveau CHU sur l’île de Nantes interpellent la mairie socialiste de Nantes, Johanna Rolland, au sujet de cette question qui fait également les choux gras de La France insoumise. «Le CHU construit en zone inondable est donc inondé, avant même son ouverture. Mais qui aurait pu prédire que Nantes devrait s’adapter au dérèglement climatique ?», a raillé, sur le réseau social X, le député Andy Kerbrat.

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