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MAXIME GRUSS / Hans Lucas via AFP
Lyes Louffok en janvier 2025.
Un soutien important pour Emmanuel Grégoire, à dix jours du premier tour des élections municipales. Lyes Louffok annonce ce mardi son soutien au candidat socialiste, estimant qu’il est « le choix le plus utile pour les enfants placés » de la capitale. Militant des droits de l’enfant, Lyes Louffok a raconté dans un livre publié il y a quelques années les maltraitances qu’il a subies plus jeune, balloté de familles d’accueil en foyers.
« Ces dernières semaines, Emmanuel Grégoire a été le seul à venir à la rencontre des associations d’anciens enfants placés et de protection de l’enfance, à visiter des structures, le plus souvent sans caméra, juste pour comprendre. À mes yeux, cela compte », estime le jeune homme dans un message publié sur les réseaux sociaux. Il rappelle que le candidat PS a lui-même été victime de violences sexuelles dans le cadre scolaire. « La violence faite aux enfants n’est pas, pour lui, théorique », appuie Lyes Louffok. Ajoutant : « Lorsqu’on a soi-même éprouvé ce que ces violences font à une vie, on mesure autrement la responsabilité qu’il y a à protéger les enfants ».
Ce soutien peut surprendre dans la mesure où Lyes Louffok était, ces dernières années, proche de La France insoumise. Il avait appelé à voter pour Jean-Luc Mélenchon en 2022, s’était présenté aux élections législatives sous l’étiquette LFI dans le Val-de-Marne en 2024, puis en Isère en 2025. Toutes les figures du mouvement de gauche avaient accouru pour participer à sa campagne, de Clémence Guetté à Danièle Obono, en passant par Manon Aubry et Manuel Bompard. Mathilde Panot avait même fait part de son « grand honneur » de compter Lyes Louffok dans ses rangs. En 2024, il participait à une conférence sur le stand de La France insoumise à la Fête de l’Huma.
Que s’est-il passé depuis ? Dans son message, le jeune homme prend nettement ses distances avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon et donne une tournure nationale à son soutien. S’il reconnaît que le programme de Sophia Chikirou « comporte de bonnes propositions » (il a d’ailleurs participé à en écrire certains), Lyes Louffok dénonce un « théâtre politique ». « Les socialistes ont utilisé les leviers parlementaires à leur disposition. C’est le groupe qui a créé la commission d’enquête sur les manquements des politiques de protection de l’enfance. C’est le groupe qui a inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée une proposition de loi pour garantir un avocat à chaque enfant ».
« J’ai fait un choix et j’assume »
Il estime que les insoumis avaient, eux aussi, « des moyens parlementaires pour faire avancer ces combats » mais qu’ils ne « les ont jamais mobilisés ». « Et je suis désolé, ajoute-t-il, mais quand on prétend faire de la protection de l’enfance une priorité, on ne peut pas se contenter de commenter les batailles menées par les autres ». Le militant de 31 ans prend toutefois soin de préciser qu’il n’a « jamais été membre d’aucun parti politique » et qu’il ne le sera pas. « Je ne serai plus jamais candidat à aucune élection. Ma parole est libre. Elle n’appartient à personne », expose-t-il aussi, appelant à ce que cessent « les procès ridicules », notamment en trahison. « Je n’ai pas tourné ma veste. Je n’ai trahi personne. J’ai fait un choix politique et je l’assume », assure-t-il.
Lyes Louffok ne manque toutefois pas d’étriller Anne Hidalgo, jugeant que le premier mandat de la maire de Paris a été « très mauvais » sur la protection de l’enfance. Hasard (ou non) : Emmanuel Grégoire en était le premier adjoint à partir de 2018. Mais le militant considère que le socialiste « ne se présente pas pour prolonger Hidalgo à l’identique ». « Je ne soutiens pas une continuité. Je soutiens la possibilité d’une amélioration réelle », écrit-il.
Emmanuel Grégoire, donné en tête du premier tour selon les sondages, a accueilli ce soutien avec enthousiasme. « Merci à Lyes Louffok pour son combat indéfectible pour la protection de l’enfance et son soutien. Oui, la gauche doit l’emporter demain à Paris », estime-t-il. À l’inverse, des figures de La France insoumise comme Ugo Bernalicis se disent « plus que déçues ». « C’est onflé de dire que nous n’avons pas utilisé nos moyens parlementaires. Très gonflé », ose le député du Nord, candidat aux municipales à Villeneuve-d’Ascq. La députée LFI Marianne Maximi rappelle aussi avoir déposé en décembre une proposition de loi visant à créer un contrôleur général des lieux de placement. « Et vous savez quoi ? Emmanuel Grégoire n’a pas daigné la signer ! Entre promesses de campagne du candidat et engagements concrets du député… Chacun jugera », tranche-t-elle. Le candidat PS continue, de son côté, de fermer la porte à un rapprochement avec la liste de Sophia Chikirou au second tour.

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