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4 mars 2026Mort de Quentin Deranque : le gouvernement saisit la justice d’une possible « reconstitution » de la Jeune Garde
Dans un contexte de diabolisation de la gauche par un gouvernement dans la roue de LR et du RN depuis la mort du militant ultranationaliste Quentin Deranque, Emmanuel Macron a convoqué dans la matinée, de ce mardi 24 février, les ministres de l’Intérieur et de la Justice, Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, pour évoquer dixit l’Élysée « les groupes d’action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques ».
À cette occasion, l’exécutif a confirmé avoir saisi la justice au sujet d’une possible « reconstitution » de la Jeune Garde, a annoncé un participant à la réunion organisée par le chef de l’État. Le parquet de Paris a été saisi « il y a deux jours » d’un « dossier de reconstitution de ligue dissoute de la Jeune Garde », a précisé ce participant auprès de journalistes.
Des procédures de dissolution
Selon ce dernier, les services de renseignement surveillaient, même avant le décès le 14 février de Quentin Deranque – tué lors d’une rixe avec des antifs à Lyon -, des « velléités de reconstitution » de groupes liés à la Jeune Garde. Alors que onze suspects ont été mis en examen, dont l’assistant parlementaire du député insoumis (LFI) Raphaël Arnault, Jacques-Elie Favrot, le gouvernement estime ainsi que « les faits gravissimes de Lyon laissent à penser que maintenant le dossier est suffisamment étayé ».
En outre, Emmanuel Macron a demandé à Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, de lancer des procédures de dissolution contre ces cinq « émanations » locales identifiées de la Jeune Garde. Les territoires en question n’ont pas été précisés.
Sans lien avec le décès du militant, des procédures de dissolution étaient déjà engagées contre trois structures « d’ultradroite » et une « d’ultragauche », qui devraient aboutir « dans les deux mois qui viennent » – sans que plus de précisions n’aient été données. Si le gouvernement a affirmé, en sortie de réunion, ne pas privilégier l’extrême droite, ces derniers jours laissent à penser l’inverse.
Comme quand le ministère de l’Intérieur, toujours le premier pour interdire des rassemblements en soutien au peuple palestinien – victime d’un génocide -, a décidé de ne pas « demander l’interdiction » de la marche organisée à Lyon en hommage à Quentin Deranque, samedi 21 février par des groupes d’extrême droite à la violence avérée.
Alors que son camp ne cesse de renvoyer dos à dos extrême droite et extrême gauche pour se présenter en rempart, le président de la République a justifié ce choix concernant la Jeune Garde par une « préoccupation » sur de possibles violences lors des élections municipales de mars.
Il assure en outre que l’exécutif a été chargé de veiller à ce qu’elle « se déroule sereinement ». Depuis le décès du militant fasciste, « 22 permanences parlementaires de LFI ont été dégradées », de multiples menaces sur des militants de gauche ou encore des locaux syndicaux ont également été recensées. Le tout dans un climat délétère où, de la droite à une partie de la gauche, les déclarations incendiaires se multiplient contre toute incarnation de l’antifascisme, quitte à propulser l’extrême droite.
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