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Un duel au soleil. La ville azuréenne de près de 350 000 habitants va vivre un scrutin particulièrement tendu les 15 et 22 mars. Le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, trois mandats à son actif, remet en jeu son écharpe, convoitée par Eric Ciotti, député et président de l’Union des droites pour la République (UDR), allié au Rassemblement national. Tous deux participent, mercredi 4 mars, au débat organisé par ICI Provence-Alpes-Côte d’Azur, comme deux têtes de liste de gauche : l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, soutenue par les socialistes et les communistes, et Mireille Damiano, tête de liste investie par La France insoumise et Viva !.
Qui sont les candidats ?
Le maire sortant Christian Estrosi, en place depuis 2008, se présente sous l’étiquette Horizons, le parti d’Edouard Philippe, qu’il a rallié en 2021, claquant la porte des Républicains (LR) après plus de trente ans dans le mouvement de droite. Il a participé aux gouvernements Villepin, sous la présidence de Jacques Chirac, puis Fillon, sous celle de Nicolas Sarkozy.
Officiellement, LR n’a ni investi ni soutenu l’ancien pilote de moto, mais « on souhaite sa victoire », dit un cadre au QG parisien. Signe de ce soutien officieux, le parti a désigné comme cheffe de file à Nice la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone, son ex-épouse, et numéro 4 sur sa liste. En 2020, il avait été réélu au second tour avec 59,3% des suffrages, devant le candidat du RN Philippe Vardon (21,4%) et l’écologiste Jean-Marc Governatori (19,3%). Ce dernier a rejoint à la surprise générale la liste d’Eric Ciotti, le 9 février.
Eric Ciotti est lui aussi un ancien pilier de LR, où il a milité aux côtés de son ex-ami Christian Estrosi. Fin 2022, il a été élu président du parti, avant de manquer de le faire imploser en s’alliant au RN juste avant les législatives anticipées de juin 2024. Il a fondé son parti, l’UDR, et siège comme député des Alpes-Maritimes à l’Assemblée. Sa liste niçoise est soutenue par le RN, qui espère une victoire pour amplifier sa dynamique « dans des villes plus bourgeoises », dit un cadre, et inciter de futurs ralliements de cadres de droite.
Le parti d’Eric Zemmour, Reconquête, est représenté par Cédric Vella, courtier en assurance de profession.
A gauche, l’ingénieure et conseillère municipale écologiste Juliette Chesnel-Le Roux mène une liste soutenue par le Parti socialiste, Les Ecologistes et le Parti communiste. Mireille Damiano est la candidate de La France insoumise et du mouvement citoyen Viva !. En 2020, cette avocate n’était pas parvenue à se qualifier pour le second tour, recueillant 8,9% des bulletins. Déjà tête de liste en 2020 (0,66%), l’enseignante Estelle Jaquet se présente pour Lutte ouvrière. Enfin, Céline Forjonnel a été désignée à la tête d’une liste prônant la démocratie directe.
Quelles sont leurs propositions phares ?
Christian Estrosi promet de passer de 6 800 à 10 000 caméras de surveillance et de doubler les effectifs de police municipale, pour atteindre un millier d’agents. Sur le plan de la santé, son programme prévoit de créer un service de livraison de médicaments à domicile pour les Niçois dépendants et isolés. Il compte ouvrir trois restaurants solidaires pour seniors, avec des repas à 3 euros. Le maire Horizons veut créer 10 000 logements d’ici 2040, dont 1 000 en surélevant des immeubles, et déployer une brigade dédiée à la lutte contre les logements vacants. Une prime de 5 000 euros serait versée à tout propriétaire remettant son bien en location longue durée. Côté transports, il veut créer 3 000 places de stationnement et promet la gratuité des transports en commun pour tous les retraités de la métropole.
Son adversaire Eric Ciotti dénonce une « mauvaise gestion financière » et promet de remettre de l’ordre dans les comptes de la ville. Il veut néanmoins baisser la taxe foncière et n’augmenter aucun impôt. Le député UDR promet lui aussi de doubler les effectifs de police municipale, et il veut créer une « brigade antisquat ». Son programme comporte un plan de 500 millions d’euros pour rénover le parc de logements sociaux. En matière de petite enfance et d’éducation, il promet 1 000 places de crèche supplémentaires et la climatisation des écoles et des crèches. Lui aussi propose la gratuité des transports en commun pour les retraités, dès 65 ans, et prévoit de créer « plusieurs milliers » de places de parking, en doublant la durée du stationnement gratuit autorisé, de une à deux heures.
A gauche, Juliette Chesnel-Le Roux veut mettre en place un dispositif d’encadrement des loyers et développer le logement social, pour atteindre 25% de logements sociaux. La candidate projette de rendre progressivement gratuit l’accès aux transports publics. En matière de sécurité, son programme prévoit d’interdire l’utilisation des LBD aux policiers municipaux, de recruter 50 médiateurs sociaux et de mener un audit de la vidéosurveillance. La tête de liste veut mettre en place une fiscalité locale différenciée pour faire « contribuer en priorité les plus aisés ». Une de ses mesures vise à rendre les 12 premiers mètres cubes d’eau gratuits, avec une tarification progressive au-delà. La candidate promet aussi de lancer un programme de rénovation thermique des écoles, crèches, Ehpad et logements.
Mireille Damiano souhaite la gratuité des cantines et des fournitures scolaires, et garantir au moins une sortie scolaire annuelle pour chaque classe, sans frais pour les familles. Pour lutter contre les difficultés de l’accès au logement, son programme prévoit elle aussi l’encadrement des loyers et l’expropriation des biens vacants depuis plus de 5 ans pour les remettre sur le marché locatif. La candidate prône aussi la gratuité des transports en commun dans toute la métropole, de façon progressive dès 2027, avec une gratuité totale dès septembre 2028. Elle veut limiter l’impact du surtourisme, notamment en restreignant progressivement les passages de navires de croisière et l’accès des autocars touristiques. Elle compte aussi créer 600 places dans des établissements publics d’hébergement pour personnes âgées, avec un investissement de 100 millions d’euros.
Que disent les sondages ?
Les sondages livrent une photographie à un instant T du positionnement des électeurs et doivent être considérés avec prudence en raison des marges d’erreur. Depuis janvier, quatre enquêtes d’opinion sur le scrutin niçois ont été publiées. Toutes placent le candidat UDR-RN en tête du premier tour, avec 38 à 45% des intentions de vote exprimées, devant Christian Estrosi (testé entre 27 et 32%), puis Juliette Chesnel-Le Roux (entre 12 et 13%) et Mireille Damiano (10 à 11%).
Ces sondages laissent planer l’hypothèse d’une triangulaire, voire d’une quadrangulaire au second tour, si les deux candidates de gauche parviennent à recueillir au moins 10% des suffrages exprimés pour se maintenir. Se poserait alors la question de leur éventuel retrait, qui aurait un impact sur le résultat final. Dans les différents scénarios de second tour testés par les sondeurs, que franceinfo choisit de ne pas détailler, Eric Ciotti occupe la première place, mais son avantage serait nettement réduit, voire nul, en cas de duel avec Christian Estrosi.
Faute de livrer des prédictions, les sondages ont déchaîné les tensions entre ciottistes et estrosistes. Le camp de Christian Estrosi a ainsi fustigé un sondage Cluster 17 pour Politico, paru le 17 février, qui lui donnait un retard de dix points sur Eric Ciotti au premier tour. Puis il a critiqué une enquête Opinionway publiée le 1er mars, qui creusait cet écart à 18 points. L’entourage du maire sortant a souligné qu’elle avait été réalisée pour Hexagone, un think tank financé par l’homme d’affaires Pierre-Edouard Stérin, soutien financier de l’extrême droite.
Comment se déroule la campagne ?
Depuis des mois, Christian Estrosi et Eric Ciotti s’affrontent à coups d’accusations, de débauchages et de vidéos. Le maire sortant a publié un site Internet pour dénoncer « le bilan noir » de la gestion d’Eric Ciotti en tant que président du conseil départemental des Alpes-Maritimes. Le président de l’UDR a contre-attaqué en pointant le « livre noir » de la gestion de Christian Estrosi.
La campagne révèle un peu plus les tiraillements d’une partie de LR. Eric Ciotti a engrangé le soutien de plusieurs cadres, dont l’eurodéputé Christophe Gomart. Un soutien national qui s’ajoute aux ralliements locaux, comme celui du président LR des Alpes-Maritimes, Charles Ange Ginésy, et qui consolide l’alliance entre UDR et LR au conseil départemental depuis 2024. Ravi d’agacer son ancienne famille politique, Eric Ciotti a également partagé une photo de son tête-à-tête avec François Fillon, candidat à la présidentielle de LR en 2017.
Dans ce contexte, les deux principales candidates de gauche veulent profiter du débat pour dénoncer le bilan commun des deux hommes, l’un à la mairie, l’autre au département, en particulier sur le plan social.
En parallèle, une enquête a été ouverte samedi par le procureur de Nice après la découverte d’une tête de cochon et d’une affiche antisémite déposées devant le domicile de Christian Estrosi, qui a reçu le « soutien entier » d’Eric Ciotti.

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