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4 mars 2026Municipales 2026 : « Se réapproprier la ville »… Pour enrayer le trafic de drogue, Ganges dégaine caméras, prévention et répression
Midi Libre sur la route dans l’Hérault (2/2) – Cette semaine, les reporters de Midi Libre vont à votre rencontre afin d’échanger sur les thématiques fortes de la campagne des élections municipales. Après la santé en Lozère, nous sommes, ce mercredi 4 mars 2026, à Ganges… où la municipalité a tout fait pour que ses habitants qui « n’allaient plus au cinéma » se réapproprient leur ville.
Si la lutte contre le trafic de drogue est avant tout du ressort de l’État, la municipalité de Ganges y a pris sa part. Michel Fratissier, maire depuis 2011 a décidé de passer la main – son équipe municipale présente une liste – le sentiment d’avoir accompli ce qu’il pouvait. « Ganges a toujours été touché par le trafic de stupéfiants. La nouveauté, c’est l’élargissement des produits que l’on trouve mais aussi le fait que dans les grandes villes, le narcotrafic devient dangereux, alors on assiste à un déplacement dans les zones rurales avec de l’argent à prendre et des périls moins grands », analyse-t-il.
Alors, pendant son mandat, Michel Fratissier a utilisé les armes possibles pour enrayer la prolifération du trafic et les épisodes de violence qui inhérents qui ont touché sa commune. Jusqu’à des coups de couteau et de feu. « On avait un gros point de deal devant les halles, avec une vingtaine de jeunes rassemblés et leurs petites sacoches, c’était caricatural », rembobine le maire.
Six caméras près des halles
L’aménagement urbain a été un atout majeur pour l’élu, avec notamment la rénovation des halles, non loin desquelles se trouvait le « four », mais aussi l’amélioration des conditions d’habitat et la destruction de logements pour créer des espaces. « On travaille sur la capacité des espaces à être visible de loin. Oui, il faut des arbres mais pas n’importe où et il faut que la vidéosurveillance puisse constater l’infraction », poursuit le maire. Les caméras, l’autre atout municipal, se sont multipliées, six par exemple près des halles.
« On résout la quasi-totalité des faits grâce aux caméras, même les communes réticentes s’y mettent », assure Benoît Host, l’adjoint à la sécurité. Quatre nouvelles caméras s’ajoutant aux 34 existantes sont prévues courant 2026. Le projet de police municipale pluricommunale va également s’étendre de cinq villages à huit pour un meilleur maillage territorial. Par ces biais, et en concertation avec les gendarmes locaux – 15 –, qui ont multiplié avec les policiers municipaux des contrôles route et des opérations judiciaires, contre le trafic de drogue, la situation semble s’être apaisée. Le point de dealer a été dissous.
Livraisons et déplacement des points de deal
« Les gens n’allaient plus au cinéma, il y avait un sentiment de peur, ils se sont réappropriés la ville » estime Bertrand Vivancos, adjoint à l’économie et au tourisme et tête de liste le 15 mars. Pour autant, la situation reste fragile. Certains leaders sont en prison, d’autres sont encore sur la commune. Le phénomène de livraison de la drogue se développe et invisibilise le trafic. Surtout, les points de deal se déplacent facilement et touchent les communes avoisinantes. Et puis il y a le travail sur les consommateurs et les racines du mal, la pauvreté notamment.
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Nous avons des populations en difficulté, j’alerte l’État sur l’état du logement dans les campagnes et puis, il y a les incivilités qui pèsent aussi », avance encore le maire, qui attend la brigade mobile de six gendarmes promise par le président Emmanuel Macron. C’était en 2023. Lancée le 20 février, la liste citoyenne et participative « collectif Ganges 2026 », prône de son côté du répressif mais surtout « de la prévention et de l’accompagnement à l’échelle de la commune » et à travers « une plus grande concertation entre services sociaux et judiciaires, bailleurs, gendarmerie, municipaux… », précise Diane Paloux, l’une des colistières.

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