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Luke Sharrett / Bloomberg Creative / Getty Images
(photo d’illustration).
• La guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran impacte les marchés financiers de l’énergie, ce qui laisse craindre une hausse des prix du gaz et de l’essence.
• Le détroit d’Ormuz, crucial pour le transit pétrolier mondial, est au centre des tensions, entraînant des perturbations majeures.
• 20% de la consommation mondiale de pétrole (environ 20 millions de barils par jour) transite par ce détroit.
Effet domino. L’opération « fureur épique », lancée ce week-end par les États-Unis et Israël contre l’Iran, troisième réserve mondiale de pétrole, bouscule les marchés financiers, et particulièrement les marchés énergétiques du gaz et du pétrole. Ce lundi 2 mars à l’ouverture des marchés, les références en la matière chiffraient à la hausse.
Si en 2024, seulement 12 % des importations pétrolières françaises venaient du Moyen-Orient, la situation boursière aura mécaniquement des effets sur l’ensemble du marché. Les prix à la pompe, moyennant quelques jours de latence, vont donc mécaniquement s’orienter eux aussi à la hausse. Mais que les automobilistes se rassurent toutefois, l’augmentation des tarifs du gazole et du SP, au regard de la situation actuelle, ne devrait pas avoir la même ampleur qu’en 2022.
Comme le soutient auprès du HuffPost le stratégiste boursier indépendant Nicolas Chéron, la situation n’a rien de comparable avec le début de la guerre en Ukraine, où le baril de Brent, référence de l’or noir, avait atteint les 100 dollars. « En réalité ce qu’on voit c’est que ça fait des semaines que les marchés ont anticipé le risque géopolitique iranien. Vendredi, le pétrole a pris 3 %. En ce sens, même si ça secoue – et ça va continuer encore de secouer cette semaine – les hausses de ce lundi sont plutôt soft. On a surtout vu des gens prendre des bénéfices, estimant ainsi que le pire était passé. Je ne suis pas du tout alarmiste » défend-il.
Parmi les principales explications de cette flambée boursière, il y a bien sûr le risque d’embrasement régional car plusieurs pays du Golfe figurent parmi les dix premiers producteurs mondiaux de pétrole et de gaz, mais c’est surtout la situation du détroit d’Ormuz qui capitalise les craintes.
Détroit d’Ormuz, artère principale de l’or noir
Après l’attaque de deux navires dimanche au large des Émirats arabes unis et d’Oman, l’Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à « éviter » la région. Or, c’est près de 20% de la consommation mondiale de pétrole (environ 20 millions de barils par jour), qui transite par ce détroit.
Les primes d’assurance ont explosé et les principales compagnies ont annoncé suspendre leurs traversées, entraînant de facto un arrêt quasi total du trafic. Une situation qui, à cet égard, a aussi des effets sur le cours du gaz, puisque les exportations de gaz naturel liquéfié, notamment en provenance du Qatar, transitent également massivement par la région. Le prix du gaz européen, déjà en très forte progression lundi matin, a explosé après l’annonce par la compagnie énergétique publique QatarEnergy, de l’arrêt de sa production de GNL. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne s’affichait en hausse de plus de 39%.
Si le blocage du détroit d’Ormuz par lequel passent également des tonnes de matières premières et d’engrais devait se prolonger, évidemment la dynamique à la hausse s’amplifierait. Ce n’est toutefois pas le scénario privilégié par Nicolas Chéron. « Même la Chine, plutôt alliée de l’Iran ne le veut pas. Militairement, on ne voit pas comment non plus l’Iran peut tenir face à la puissance de feu combinée des États-Unis et d’Israël dans un blocus naval », abonde le spécialiste qui mise sur un retour rapide de Téhéran à la table des négociations.
Le stratégiste boursier temporise d’autant plus que les pays de l’OPEP ont annoncé dimanche qu’ils augmentaient leur production de pétrole. En théorie, les pays importateurs de pétrole disposent de réserves, les membres de l’OCDE devant maintenir 90 jours de stock. Selon une estimation donnée par Donald Trump au New York Times, les opérations américaines pourraient durer « quatre à cinq semaines ». De quoi voir venir.

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