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4 mars 2026Tous les ennuis judiciaires de Rachida Dati sont répertoriés sur ce site, et ça l’agace beaucoup
QUENTIN DE GROEVE / Hans Lucas via AFP
Rachida Dati, à l’Assemblée nationale le 12 février 2026, avant sa démission du ministère de la Culture.
C’est un simili de page Wikipédia dont Rachida Dati se passerait bien. À deux petites semaines du scrutin municipal, son équipe de campagne a tenté de faire supprimer un site, baptisé « WikiDati » qui répertorie dans le détail les douze affaires dans laquelle la candidate LR à la mairie de Paris est impliquée, révèle Le Nouvel Obs ce mercredi 4 mars.
« Wikidati » a été conçu par Kevin Gernier, salarié de l’ONG Transparency international, indépendamment de son emploi. Son but ? Faire le point sur les nombreuses affaires où Rachida Dati est impliquée et les rendre intelligibles pour le grand public . « Il est essentiel de rappeler pourquoi ces faits posent problème du point de vue de la loi, mais surtout de l’éthique politique et pourquoi ils remettent en cause l’honnêteté et le désintéressement de la candidate », précise Kevin Gernier.
Depuis le 27 février, les visiteurs du site peuvent donc trouver le détail des affaires dans lesquelles le nom de Rachida Dati est cité. « Potentielle corruption par Carlos Ghosn », « potentielle corruption par GDF Suez », par le Qatar, par l’Azerbaïdjan, par Orange, « possible complicité dans la détention illégale d’un français au Qatar », potentielle déclaration incomplète à la HATVP pour des bijoux… Chaque affaire est détaillée, avec la source à l’origine des révélations (articles de presse, accusation par un tiers etc.), les avancées sur le plan juridique (perquisitions, ouverture d’informations judiciaires…) et les possibles incompatibilités, légales comme éthiques, soulevées.
Une « atteinte à la présomption d’innocence »
En supplément, « WikiDati » établit aussi la liste des « procédures baillons » engagée pour « faire taire toute évocation de ses affaires » et qui « n’aboutissent quasiment jamais ». Au menu : le nombre de procédures judiciaires en cours – quatre -, le montant total des revenus annexes qu’elle est soupçonnée d’avoir perçus en dehors de la légalité et qui « pourraient constituer des pots-de-vin », soit 3,1 millions d’euros…
Bref, le site a tout pour déplaire à Rachida Dati et son équipe de campagne a immédiatement tenté de le faire fermer. Kevin Gernier explique ainsi au Nouvel Obs avoir reçu, seulement « trois heures et demie » après la mise en ligne, un courrier de l’hébergeur OVH l’informant d’un possiblement manquement à la loi. Auprès de nos confrères, l’hébergeur indique que ce message a été automatiquement envoyé après un signalement externe. Un signalement qui apparaît dans le message d’OVH et qui est signé par… Jérôme Sterkers, ex-secrétaire général du groupe d’opposition Rachida Dati à la mairie et désormais directeur de sa campagne.
En description, celui-ci détaille les raisons du signalement : « Le site wikidati.fr porte atteinte par son contenu à la présomption d’innocence de madame Dati, en des termes pouvant également relever de la diffamation publique. » Il évoque notamment des « informations inexactes relatives à des procédures n’ayant pas fait l’objet de jugement et tendant à accréditer par leur formulation que madame Dati pourrait être coupable. » Contacté par nos confrères, l’intéressé n’a pas donné suite.
« Des » affaires ? Quelles affaires ?
En face, Kevin Gernier reste serein. « Sur le site, j’explique bien qu’elle est présumée innocente et qu’il reviendra à la justice de dire s’il y a eu délit ou pas », expose-t-il, cité par Le Nouvel Obs. « Mais, pour autant, la présomption d’innocence n’est pas un totem d’immunité permettant de taire toute discussion publique sur d’éventuels manquements éthiques », ajoute-t-il, alors que Rachida Dati s’agace publiquement dès que ses déboires avec la justice sont abordés en interview. Elle refuse ainsi toujours de dévoiler le nom de son premier adjoint qui la remplacerait en cas de victoire le 22 mars puis de condamnation.
L’ex-ministre de la Culture doit comparaître en septembre 2026 au côté de l’ex-patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn notamment pour corruption et trafic d’influence passifs. Elle dément en bloc ces accusations, se disant encore ce 4 mars « très sereine » sur l’issue du procès. « On m’accable tous les jours, on instrumentalise en disant “des affaires”. Je n’ai pas “des affaires” », a-t-elle redit au micro de Sud Radio.
Quel qu’il soit, le jugement viendra compléter la page « WikiDati » restera ouverte, sauf si la justice contraint son auteur de la supprimer. Et ce, en dépit du signalement effectué par son équipe de campagnes. En attendant une éventuelle décision judiciaire (qui a très peu de chances d’intervenir avant le second tour), Kevin Gernier a profité de cette histoire de saisine pour rajouter une ligne à la liste des « procédures bâillon » intentées par Rachida Dati. CQFD.

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