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PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP
Le candidat socialiste portugais à la présidence, Antonio Jose Seguro, fait un geste lors d’un rassemblement avec ses partisans à Lisbonne, le 16 janvier 2026. Les Portugais voteront pour l’élection présidentielle le 18 janvier 2026.
Une victoire pour la gauche, mais l’extrême droite continue de progresser. Au Portugal, l’élection présidentielle a été remportée ce dimanche 9 février par le socialiste modéré de 63 ans António José Seguro, devançant largement son adversaire d’extrême droite André Ventura, qui conforte tout de même ses ambitions grandissantes.
Selon des résultats portant sur 99,2 % des circonscriptions, António José Seguro a obtenu 66,8 % des suffrages au second tour, contre 33,2 % pour André Ventura, député de 43 ans et président de la formation Chega (« Assez »).
L’ancien secrétaire général du Parti socialiste (2011-2014) succédera ainsi le 9 mars prochain au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, en poste depuis dix ans. « Les vainqueurs ce soir ce sont les Portugais et la démocratie », a réagi le futur chef de l’État, en affichant la volonté d’être « le président de tous les Portugais ».
Alors qu’André Ventura promettait une « rupture » avec les formations qui dirigent le Portugal depuis 50 ans, António José Seguro avait mis en garde contre « le cauchemar » dans lequel le pays risquerait de se trouver si son adversaire l’emportait. La voix du Portugal en soutien de « valeurs européennes communes » reste « forte », a salué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
« Félicitations à António José Seguro », a également déclaré Emmanuel Macron sur X, promettant d’œuvrer avec son homologue « pour renforcer les liens entre le Portugal et la France et faire vivre notre traité d’amitié et de coopération ».
Nouveau palier pour l’extrême droite
Après avoir passé une décennie en retrait de la vie politique, António José Seguro, ancien député et ex-ministre, avait remporté le premier tour avec 31,1 % des suffrages. Il s’était ensuite assuré le soutien de nombreuses personnalités politiques issues de l’extrême gauche, du centre et même de la droite, mais pas celui du Premier ministre Luís Montenegro.
Le chef du gouvernement minoritaire de droite, qui s’appuie au Parlement tantôt sur les socialistes, tantôt sur l’extrême droite, avait refusé de donner une consigne de vote pour le second tour après l’élimination du candidat soutenu par son parti. Dimanche soir, le Premier ministre a promis de travailler avec le prochain président dans un « esprit de convergence », afin de « garantir la stabilité politique ».
André Ventura avait quant à lui déjà franchi un nouveau palier en se qualifiant pour le second tour avec 23,5 % des voix, confirmant ainsi la progression électorale de son parti d’extrême droite, devenu la première force d’opposition l’an dernier. Le président de Chega a reconnu sa défaite de dimanche, tout en se félicitant d’avoir offert à sa formation « le meilleur résultat de son histoire ».
« Nous menons la droite au Portugal et nous allons bientôt gouverner ce pays », a-t-il lancé devant ses partisans, mettant en avant le fait d’avoir obtenu un meilleur score que celui du camp gouvernemental lors des législatives de mai 2025.

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