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Bientôt une semaine de conflit au Moyen-Orient. Si les bombardements se poursuivent à différents endroits de la région, Israël porte désormais l’accent sur le Liban, touchant la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Des frappes qui touchent également de nouveaux quartiers, notamment chrétiens, habituellement épargnés lors des campagnes militaires israéliennes.
Les bombardements israéliens s’intensifient depuis plusieurs jours sur le Liban. Ce jeudi 5 mars 2026 au matin encore, Israël a mené de nouvelles frappes aériennes dans plusieurs localités du sud du pays.
Plus aucune zone n’est sûre dans le pays. Même les quartiers épargnés lors des précédents conflits sont devenus des lieux de danger. Mercredi 4 mars, un quartier de Beyrouth a d’ailleurs été touché pour la toute première fois de son histoire. RMC s’est rendu sur place.
« La malédiction de ce pays »
Le quartier de Baabda s’est réveillé mercredi au bruit des bombes, soufflé et sous le choc parce que c’est une zone dans laquelle les gens se réfugiaient. Le Comfort Hotel, qui a été touché, accueillait d’ailleurs des déplacés. Aujourd’hui l’immeuble est éventré. Sur place, Maguy est assise au rez-de-chaussée, dans un fauteuil de velours rouge, au milieu des gravats et de la poussière. C’est l’une des propriétaires, elle vivait aussi dans l’établissement.
« Ils ont décidé de ruiner notre vie et ils l’ont fait. C’est un désastre. Dans cet escalier, je criais à mes enfants de ne pas courir », raconte-t-elle à RMC.
Au deuxième, l’étage le plus touché, c’est là qu’il y a eu l’explosion, « parce qu’Israël a décidé de nous bombarder », dit Maguy. « Ils pensaient que nous avions le Hezbollah ici. Tout le monde sait que nous détestons le Hezbollah, je déteste Israël, tous les politiques, c’est la malédiction de ce pays », peste la Libanaise, désespérée.
Maguy regarde les débris, les fils électriques qui pendent. Il y a aussi des valises sous les décombres: « là c’était une chambre, là une autre, je ne sais plus, là il y a l’ascenseur mais je n’arrive même pas à savoir où était quoi.
« Mais je me sens forte parce que si je montre de la faiblesse alors ils auront gagné », affirme la propriétaire.
« C’est notre droit »
La façade effondrée du bâtiment laisse voir les voisins des immeubles aux alentours qui déblaient leurs appartements. Une habitante de Beyrouth, touchée, témoigne: « on a eu peur pour notre vie parce que qui est à l’abri de quoi? Surtout qu’on a pas compris, qu’est-ce qu’on a affaire avec toute cette guerre? ».
« Nous sommes chrétiens vivant dans une région chrétienne, nous sommes à côté du palais présidentiel, les civils ont le droit de vivre en sécurité, c’est notre droit », martèle-t-elle.
Les zones chrétiennes étaient justement épargnées jusque-là. L’armée israélienne dit lutter contre le Hezbollah, qui est un mouvement terroriste chiite proche de l’Iran, donc beaucoup de chrétiens se sentaient relativement protégés des frappes.
« Rien à attendre »
Mais celle de mercredi est un signal. C’est ce que dit en tous cas Wissam, rencontré sur les ruines de l’hôtel. C’est un ami des propriétaires et habitant de Beyrouth. « On ne s’y attendait pas. Toute ma famille était là au moment de la frappe, elle a fui dans les montagnes, je vais probablement la rejoindre », témoigne le Libanais.
Lui qui venait de rentrer récemment revoit déjà tous ses plans: « À long terme, je ne me vois pas rester dans ce pays. J’ai longtemps vécu à l’étranger, je suis revenu il y a quelques mois au Liban pour construire quelque chose ici, lancer un commerce et il se passe ça ! »
« Heureusement que je n’ai rien fait, vous ne pouvez pas rester ici, il n’y a rien à attendre », se résigne Wissam.
Une habitante de Beyrouth disait justement en début de semaine: « le Liban va devenir un pays sans enfants », car ceux qui le peuvent vont partir.
« Tout est mort »
En attendant, la peur se répand. Beaucoup d’habitants de Beyrouth craignent que des membres du Hezbollah se cachent parmi les déplacés du sud. Une vraie méfiance s’est installée. Certaines municipalités, qui ont accueilli lors de la dernière offensive israélienne en janvier 2025, refusent aujourd’hui les déplacés. Trop risqué ! Ce sont de potentielles cibles d’Israël.
Et ceux qui fuient, eux, se sentent traqués. RMC a pu rentrer dans une école devenue un centre d’hébergement. Des cris d’enfants dans le hall, quelques tapis au sol, et les sourires fatigués de Malak et sa mère. « Honnêtement il n’y a aucun endroit où on peut aller. On ne peut pas retourner à la maison, sous les bombes », raconte la jeune femme. Elle ajoute: « tout à l’heure on parlait, on s’est dit qu’on ne savait même pas si ici c’est vraiment sécurisé, on va peut-être être bombardés. »
« On a l’air vivants, on fait des choses mais à l’intérieur de nous tout est mort », dit Malak, déplacée de la banlieue sud de Beyrouth.
Sa mère aussi est à bout: « normalement on ne vit pas par terre comme ça, on est des gens respectables, on a une maison. On s’est habitué à la guerre, mais là on ne peut plus porter, ça suffit, ça suffit ! » Avant de conclure: « nous on est avec personne, on appartient à aucun camp, on est juste sous les frappes, et on fui ».
Et l’exode semble continuer, avec des embouteillages, de longues files de voitures, des coffres pleins, quelques matelas sur les toits. RMC l’a constaté sur les routes qui partent de Beyrouth vers le Nord du Liban.
Ce jeudi 5 mars, 6 membres de deux familles ont été tués dans des frappes sur le sud du Liban, alors que l’armée israélienne a renouvelé son ordre d’évacuation de vastes parties méridionales du pays.

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