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C’est un tournant historique, mais tardif. L’Union européenne, longtemps restée l’économie la plus ouverte au monde, adopte enfin des mesures de préférence locale. Objectif: contrer les offensives américaines et chinoises et faire remonter la part de l’industrie à 20% du PIB européen. Mais entre bonnes intentions et complexité administrative, le pari est loin d’être gagné.
Jusqu’à présent, l’Europe faisait figure d’exception. Selon une étude du think tank Strategic Perspectives, l’UE ne disposait quasiment d’aucune mesure de préférence pour sa production locale (seulement six mesures sectorielles). À titre de comparaison, les États-Unis en comptent près de 1.000, l’Inde plus de 300, et la Chine contraint systématiquement ses industriels à « acheter chinois ». Pour combler ce retard, Bruxelles a adopté, après d’âpres discussions, une « loi d’accélération industrielle » visant à favoriser le « Made in Europe« .
Quotas d’acier, d’aluminium et voitures électriques: ce que contient la loi
Ce nouvel arsenal impose désormais des critères de contenu local pour les secteurs jugés stratégiques. Pour bénéficier de contrats publics, les entreprises devront répondre à des exigences strictes:
Matériaux de construction: les appels d’offres devront intégrer au moins 25% d’acier, 25% d’aluminium et 5% de ciment européens, avec une obligation de basse empreinte carbone.
Automobile: les voitures électriques subventionnées devront être assemblées sur le Vieux Continent, avec 70% de pièces européennes (hors batterie) et au moins trois composants de batterie produits localement.
Investissements étrangers: la Chine est particulièrement visée par de nouvelles restrictions. Tout investissement étranger d’envergure devra désormais garantir au moins 50% d’emplois locaux et assurer un transfert de technologies important.
Un objectif ambitieux face à une « usine à gaz »
L’ambition affichée est claire: faire remonter la part de l’industrie dans l’économie européenne à 20%, contre seulement 14% aujourd’hui. Un défi immense, car historiquement, aucun pays ayant subi une telle désindustrialisation n’a réussi à inverser la tendance de manière massive.
Le dispositif soulève déjà des critiques. Pour satisfaire l’ensemble des États membres, la définition du « Made in Europe » a été largement édulcorée. Elle englobe non seulement les produits fabriqués sur le sol européen, mais aussi ceux provenant de pays ayant des accords commerciaux avec Bruxelles. Cela concerne une quarantaine de partenaires pour les marchés publics, et jusqu’à 80 pays au total selon Bercy. Une nouvelle fois, l’Europe démontre son savoir-faire pour transformer une volonté politique en une véritable « usine à gaz » réglementaire.

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