
Où Bruno Jeudy trouve-t-il toute cette énergie ?
5 mars 2026
« La force des SCPI au service du patrimoine des épargnants »
5 mars 2026
« Tout a été dit sur le sujet », s’agace ce jeudi sur RMC le député LFI de Paris Rodrigo Arenas, interrogé sur les propos de Jean-Luc Mélenchon, qualifiés « d’antisémites » par le Parti socialiste. À moins de deux semaines du premier tour des municipales, le candidat dans le XIVe arrondissement de la capitale déplore une polémique devenue « mainstream ».
« Tout a été dit sur le sujet […] ça devient mainstream alors qu’il y a d’autres sujets à traiter », s’agace ce jeudi sur RMC le député LFI de Paris Rodrigo Arenas lorsqu’on l’interroge à propos de Jean-Luc Mélechon et ses propos jugés « antisémites » par le Parti socialiste. Le leader insoumis, qui fait l’objet d’accusations en antisémitisme récurrentes depuis les attaques du 7 octobre 2023, a récemment ironisé lors d’un meeting sur la prononciation du patronyme juif « Epstein« , avant de « déformer », selon lui, lors d’un meeting suivant, la prononciation du nom de famille de Raphaël Glucksmann, d’origine juive ashkénaze.
Le triple candidat à la présidentielle qui, fait rare, s’est dit « désolé » à propos de cette séquence alors que Raphaël Glucksmann l’a qualifié de « Jean-Marie Le Pen de notre époque », rejette toute forme d’antisémitisme et qualifie les accusations à son encontre comme du « terrorisme intellectuel ».
Dans un communiqué publié mardi soir, le Parti socialiste a pour la première fois jugé les propos de Jean-Luc Mélenchon comme « antisémites ».
« Demandez à Mathilde Panot, Manuel Bompard! »
Interrogé si lui-même ou d’autres cadres de LFI pourraient se désolidariser de Jean-Luc Mélenchon, Rodrigo Arenas refuse de répondre à la question. « Vous avez reçu sur vos plateaux, régulièrement, Mathilde Panot, Manuel Bompard, qui sont autorisés à parler au nom de la France Insoumise sur ce sujet-là. Moi je vous invite à les réinviter, si le sujet n’est pas clair, si les réponses n’ont pas été apportées », rétorque l’ancien co-président de la FCPE au micro d’Apolline de Malherbe.
Les propos du patriarche insoumis auraient pourtant « heurté des militants, qui l’ont fait savoir à leurs représentants », rapporte un député LFI cité par Le Parisien. « Il a écrit son message lundi car il y a des gens qui se sont sentis offensés. Il y a des députés qui ont reçu des messages de camarades pour dire que ce n’est pas comme ça qu’on doit s’exprimer. »
« Sur le terrain, c’est dur », admet au micro de RMC Story un candidat LFI aux municipales. « Je suis obligé de leur dire que je ne suis pas d’accord avec » Jean-Luc Mélenchon raconte cet insoumis. « Oui, des camarades ont fait savoir que ça n’allait pas », reconnaît un proche du tribun. Selon les informations du service politique de RMC, le sujet a même été abordé dans la boucle Telegram des députés. « Ça a mis le feu, et pas seulement chez les râleurs habituels », assure un proche de députés insoumis.
« On recherche constamment la petite phrase et les polémiques sur le conflit israélo-palestinien »
« Depuis le 7 octobre, nous sommes dans cette situation où on recherche constamment la petite phrase et les petites polémiques sur la question du conflit israélo-palestinien », regrette encore Rodrigo Arenas. « Le PS isole 2 heures de discours, je regrette qu’ils se considèrent comme des adversaires politiques. »
À moins de deux semaines du premier tour des municipales, le 15 mars, le parti à la rose a affirmé qu' »il ne saurait y avoir d’accord national » entre lui et LFI au second tour du scrutin, « compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction de ce mouvement ». Le mouvement de Raphaël Glucksmann a même été plus loin en retirant son soutien, avant même le premier tour, à des candidats investis par le mouvement dont la liste comportait des Insoumis. Selon Le Monde, c’est une vingtaine de candidats qui sont concernés.
Les socialistes appellent de leur côté « localement les militantes et les militants insoumis à se désolidariser clairement et pleinement » des propos de Jean-Luc Mélenchon et les électeurs de LFI à voter pour les « listes de rassemblement de la gauche ».
« LFI est un accélérateur de particules du Rassemblement national [RN], et tout ce que Jean-Luc Mélenchon pouvait dire retombait sur nous. L’acte d’hier est une rupture nette », estime dans Le Monde l’ancien sénateur de Paris David Assouline, membre du bureau national du PS.
« Je demande aux militants du PS de se désolidariser de l’attitude qu’ils ont par rapport au gouvernement de Macron », interpelle le député LFI Rodrigo Arenas.
« Moi,je demande aux militants du Parti Socialiste de se désolidariser de l’attitude qu’ils ont par rapport au gouvernement de Macron », réagit Rodrigo Arenas, candidat LFI aux municipales de Paris, dans le 14e arrondissement. « Est-ce qu’ils vont m’écouter la réponse est non. Mercredi, j’ai rencontré des syndicalistes de la ville de Paris. Ils ne me parlent pas du sujet dont vous parlez. Ils me parlent des conditions de travail. Ils me parlent du burn-out. Ils me parlent du harcèlement qu’ils subissent. Donc c’est ce sujet-là qui m’intéresse », poursuit l’élu LFI.
Si dans les faits le PS a bien indiqué qu’aucun accord national n’aurait lieu au second tour entre eux et LFI, des accords locaux, au cas par cas, seront tolérés. Des « désistements républicains » pourraient avoir lieu si LFI arrive en tête, ce qui est peu probable selon les sondages. « Sur le terrain, comme le montre un comptage effectué par l’Opinion, des candidats LFI et PS figurent sur des listes communes dans une soixantaine de circonscriptions », rapporte Public Sénat. « Treize villes où le PS dirige une liste qui comprend des candidats LFI, notamment en Île-de-France. »
« Nous souhaitons tendre la main à tous les socialistes »
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie sans LFI à la mairie de Paris, a répété jeudi qu’il ne s’allierait pas avec l’Insoumise Sophia Chikirou au second tour des municipales, et estimé que Jean-Luc Mélenchon s’était « perdu définitivement ». « Je redis très clairement qu’il n’y aura pas d’accord », a déclaré le socialiste sur Europe 1/CNews. L’alliance scellée à gauche avant le premier tour destinée à « nous donner de la force, ce sera notre liste de second tour, il n’y aura pas de fusion des listes, de proposition de poste à La France insoumise », a assuré l’ex-premier adjoint d’Anne Hidalgo.
« Nous, nous souhaitons tendre la main à tous les socialistes, à tous les écologistes, à tous les communistes, les commisses parce que nous ne voulons pas que la ville bascule à droite. Nous tendrons la main si nous sommes au deuxième tour et nous attendons la réciproque de la part d’Emmanuel Grégoire », a fait valoir de son côté Rodigo Arenas. Plusieurs cadres insoumis sont persuadés que le PS ne pourra pas se passer des voix insoumises au second tour. « Sans nous, les socialistes perdent Paris », prédit ainsi un cadre LFI au micro de Franceinfo.

9999999
