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5 mars 2026EDITO. Les entreprises se sont-elles assez battues pour échapper à un budget anti-business? En réalité, elles ne pouvaient rien contre les manœuvres politiques
Les entreprises ressortent en ordre dispersé après la séquence budgétaire. La colère gronde contre les instances patronales. Un mauvais signal alors que débute la campagne présidentielle.
Au terme d’une séquence budgétaire interminable, les entreprises sortent groggy et divisées, avec quinze milliards d’euros de prélèvements supplémentaires, pour la deuxième année consécutive. Une accumulation de décisions fiscales qui nourrit une colère sourde dans le monde économique, au moment même où la campagne présidentielle commence à s’installer. Surtaxe d’impôt sur les sociétés, CVAE maintenue contre toute promesse, nouvelles taxes sur les mutuelles, sur les médicaments… La liste est longue, et le signal est clair : l’entreprise reste la variable d’ajustement privilégiée du compromis politique.
Cette pluie d’impôts provoque des tensions internes au sein des organisations patronales, à l’Afep comme au Medef. Certains adhérents s’interrogent : ont-elles pesé suffisamment ? Ont-elles été assez combatives ? La réalité est plus crue. Les entreprises n’ont pas eu voix au chapitre. Ou alors, leur voix n’a pas porté. Dans une séquence dominée par l’urgence politique, le lobbying économique s’est heurté à un mur. Celui de la survie gouvernementale. Car l’objectif prioritaire, côté exécutif, n’était pas de produire un budget favorable à l’investissement ou à la compétitivité. Il s’agissait de faire adopter un texte. À presque n’importe quel prix. Pour y parvenir, le gouvernement a accepté de concéder l’essentiel aux socialistes, en leur abandonnant les clés du compromis. Les entreprises ont payé la facture.
La trahison des LR
Faut-il pour autant pointer les organisations patronales ? Pas vraiment. Elles ont au contraire réussi à neutraliser plusieurs dispositifs jugés aberrants, sur la taxation des holdings ou le régime Dutreil. Le vrai décrochage est ailleurs. Il est politique. Ce sont les Républicains qui, par leur stratégie d’évitement, ont scellé l’issue de cette séquence. En refusant de voter la censure lors des 49.3, ils ont laissé passer un budget profondément remanié. Une censure aurait fait tomber le gouvernement et permis l’application des ordonnances qui aurait permis de revenir au budget initial. Imparfait, mais nettement moins pénalisant pour l’économie productive. Pourquoi ce choix ? Par peur de la dissolution. Laurent Wauquiez a protégé les retraités et son siège. Le Sénat s’est concentré sur la défense des collectivités locales. Les entreprises, elles, ont servi de monnaie d’échange. Dindons d’une farce fiscale assumée.
Et le risque est loin d’être conjoncturel. Si rien ne change, le scénario pourrait se répéter l’an prochain. Au risque d’affaiblir encore un peu plus un camp patronal déjà fragmenté. Dans ce contexte, les tentatives de fracture idéologique prospèrent. Jean-Luc Mélenchon rêve ouvertement d’opposer les petites entreprises aux grandes. La campagne présidentielle ne fait que commencer. Les entreprises devront parler plus fort. Mais surtout parler d’une seule voix. Les Français les attendent sur l’emploi, l’innovation, la croissance. L’heure est moins aux règlements de comptes qu’à l’unité. Faute de quoi, le budget anti-business pourrait bien devenir la norme.

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