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5 mars 2026La dispute conjugale dégénère à Tuchan : une condamnation pour violences et un enfant au cœur des préoccupations
Un couple en crise à Tuchan a frôlé le drame lors d’une dispute violente. Une blessure grave, une arme blanche et un enfant témoin sont au cœur de l’affaire. La justice a tranché.
Le 3 janvier 2026, une dispute au sujet des courses ou de l’argent éclate chez un ex-couple, ennemi depuis des mois, à Tuchan. Les reproches précèdent les gifles et s’achèvent vers 22 h sur ce qui aurait pu être un drame. À l’audience du 2 mars, au tribunal de Narbonne, une photo est projetée. À l’écran, l’image – après sutures – montre une entaille de 8 cm de long, 2 cm de large et 10 cm de profondeur au niveau de l’abdomen. « Un bout de viscère était sorti mais remis par les soins de la victime quand elle a été prise en charge par les pompiers », choque sciemment la présidente Clémence Caron.
Face à elle, le père et la mère d’un enfant, né en décembre 2021. Les deux sont de nationalité italienne, travaillent et vivent en France. Ils se rencontrent en 2020, se fréquentent, mais une grossesse imprévisible arrive. Une première rupture intervient en 2023. Lui retourne en Italie s’occuper de ses parents et rentre la moitié de l’année à Tuchan où ils travaillent tous les deux dans les vignes. Depuis les dernières vendanges, elle héberge son ex au domicile où elle vit avec leur petit garçon. « Le ministère public n’a eu connaissance des faits que le 19 janvier puisque c’est l’hôpital, s’inquiétant de la situation de l’enfant, qui a signalé la blessure par arme blanche, en l’espèce en couteau. » Clémence Caron rappelle les faits non contestés par les parties : « C’est vous, madame, qui donne le premier coup dans la tête. Il réplique en expliquant qu’il y a eu un échange de plusieurs gifles et coups de poing et qu’il vous a pris par les cheveux pour vous pousser au sol et vous immobiliser. » Il ne parvient pas à contenir la colère de son ex qui, alors qu’il la ceinture, attrape un couteau et lui donne un coup dans l’abdomen. Beaucoup de sang gicle de la plaie profonde. Dans la panique, elle se rend chez son voisin qui lui conseille d’appeler les pompiers. La présidente poursuit : « Lorsqu’ils interviennent, vous dîtes tous les deux qu’il s’est blessé en tombant sur des tessons de bouteille. Les secours trouvent cela étrange puisqu’il n’y a pas de bris de verre, mais conduise la victime à l’hôpital. Le sang a été nettoyé. » Ce à quoi la mère répond en larmes, comme à chaque fois à l’évocation de son enfant : « C’était pour protéger mon fils. »
« Ce n’est pas la première fois que ça arrive »
Le débat s’engage sur l’arme blanche. Quel couteau a permis une entaille aussi profonde ? Même le médecin légiste ne croit pas en la version de la prévenue qui atteste que ce n’était pas avec une lame de 19 cm. Malgré l’insistance du tribunal, on ne connaîtra pas le couteau utilisé. Tout comme l’alcoolémie de l’un et de l’autre ce soir-là. Ou encore cette autre cicatrice à la cuisse, apparemment infligée par elle à son ex, tant les souvenirs sont devenus confus par les verres qui ont précédé les violences. « C’est allé crescendo », avance la prévenue, incarcérée depuis le 23 janvier, attestant « la légitime défense ». Lui n’accable pas celle qui l’a meurtri : « Ce n’est pas la première fois que ça arrive. J’aurais dû partir, garder mon calme. » Il confie à son avocat : « Qu’est-ce qu’il faut que je dise au tribunal pour qu’elle sorte de prison ? ». Elle répond : « Je ne supportais plus la cohabitation. Nos relations sont compliquées, toxiques. Je ne comprends pas pourquoi il vient encore chez moi. J’ai demandé une avance sur revenus pour qu’il trouve un autre logement. »
Le petit garçon, présent au moment des faits dans le salon, ne présente pas de trace de violence. C’est la mère de la prévenue ainsi que le père qui le gardent à Tuchan où il est scolarisé. Là-bas, le village n’a pas grand-chose à dire sur elle. Son employeur est prêt à la reprendre à sa sortie de détention. Des amies sont dans la salle pour soutenir cette femme de 46 ans au casier vierge qui cumule plusieurs emplois.
« Les violences faites aux hommes, c’est toujours un tabou »
Me Etievant, pour le père, avance que la séparation va être définitivement actée. « Le coup est passé à 2 cm de l’artère. Si elle reconnaît les faits, elle dit aussi qu’il l’a bien cherché. Les violences faites aux hommes, c’est toujours un tabou et c’est difficile pour mon client d’être là surtout qu’il n’est pas guidé par quelque haine que ce soit. Lui a l’honnêteté de dire qu’il a bu deux litres de bière ce soir-là, elle moins même si sa prise de conscience semble sincère. Tous deux ont oublié leur intérêt commun : cet enfant au milieu. Il a cessé de boire depuis son hospitalisation. Il a son propre logement. Je demande un renvoi sur intérêt et la constitution de la partie civile. »
Chloé Roméro, procureure, requiert 30 mois, dont 18 de sursis probatoire. « Lorsqu’on prend une décision comme celle de la séparation, il est indispensable de tenir bon et de ne pas se laisser bercer d’illusion ou accepter ce que l’on sait être de mauvaises solutions. Heureusement, l’irréparable n’est pas intervenu ce soir-là. Ce petit garçon s’est retrouvé non pas au milieu d’une dispute, mais d’une scène de violences innommables. Elle ne peut pas évoquer la légitime défense puisque c’est elle qui assène le premier coup. »
Pour la défense, Me Heurley « souscrit aux réquisitions. Ma cliente suit des soins en détention. Je vous demande une peine adaptée qui lui évite la détention. Elle réparera le préjudice. »
Le tribunal a déclaré la mère couple et l’a condamnée à 30 mois de prison dont 20 assortis d’un sursis de 2 ans. Il n’a pas ordonné le maintien en détention mais l’oblige au travail, aux soins, à payer les frais de procédure et les dommages et intérêt qui seront fixés le 9 juin prochain.

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