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Un groupe de volontaires iraniens passe devant un poste de police détruit lors d’une frappe israélienne à Téhéran, en Iran, le 4 mars 2026. MORTEZA NIKOUBAZL / NURPHOTO VIA AFP
Au Moyen-Orient, la guerre se poursuit et s’étend de jour en jour. Alors que l’Azerbaïdjan menace l’Iran ce jeudi 5 mars de représailles après des incursions de drones, Israël et l’Iran se lancent dans de nouvelles offensives, multipliant les tensions diplomatiques dans la région et au-delà. Méfiante à l’idée de s’impliquer directement dans la guerre l’Europe se retrouve néanmoins entraînée dans le conflit à la suite des attaques contre Chypre et les alliés occidentaux dans le Golfe. Voici ce que l’on sait.
• L’Iran et Israël poursuivent les hostilités
En Iran, plusieurs explosions ont secoué Téhéran et sa périphérie ouest, selon des médias locaux iraniens. L’agence de presse iranienne Tasnim avait rapporté plus tôt des explosions sans donner de détail sur des impacts potentiels. L’armée israélienne a déclaré avoir lancé ce jeudi « une vague d’attaques à grande échelle contre les infrastructures du régime terroriste iranien à travers Téhéran ».
En Israël, le territoire est de nouveau la cible d’une salve de missiles tirés depuis l’Iran. « Les systèmes de défense sont en cours d’activation pour intercepter cette menace », a déclaré l’armée dans un communiqué.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir visé l’aéroport international Ben Gourion en Israël ainsi qu’une base aérienne dans la zone. « Des missiles lourds Khorramshahr-4, transportant une ogive d’une tonne, ont été lancés à l’aube aujourd’hui (…) vers le cœur de Tel-Aviv, l’aéroport Ben Gourion et la base du 27e escadron de l’armée de l’air située à l’aéroport », ont déclaré les Gardiens dans un communiqué relayé par l’agence Tasnim.
• A Beyrouth, évacuation dans la panique
Face au risque de frappes, l’armée israélienne a appelé les habitants de toute la banlieue sud de Beyrouth, un des bastions du Hezbollah pro-iranien où vivent des centaines de milliers de personnes, à évacuer « immédiatement ».
Les habitants fuient dans la panique ce jeudi après-midi, comme l’ont constaté des journalistes de l’AFP. Des embouteillages monstres se sont immédiatement formés, selon des journalistes de l’AFP, alors que des tirs en l’air pour alerter la population éclataient. Des images de l’AFPTV y ont montré dès l’aube des immeubles éventrés. Selon les autorités libanaises, au moins 72 personnes ont été tuées et 437 blessées, avec quelque 83 000 déplacés depuis lundi.
Le Liban a été entraîné lundi dans la guerre après une première attaque contre Israël du Hezbollah pro-iranien, qui affirmait vouloir « venger » la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.
Le gouvernement libanais a décidé ce jeudi d’interdire toute activité militaire éventuelle des Gardiens de la Révolution iraniens. Il souhaite ainsi resserrer l’étau autour du Hezbollah. Les Iraniens doivent désormais obtenir un visa pour entrer au Liban, alors que les deux pays en exemptaient leurs citoyens jusqu’à présent sur un principe de réciprocité. Le Hezbollah fera face à « l’agression israélo-américaine » et ne se rendra pas, avait assuré mercredi son chef Naïm Qassem dans son premier discours depuis le début de la guerre.
• L’Azerbaïdjan touchée par des frappes attribuées à l’Iran
Ce jeudi, Ilham Aliev, le président de l’Azerbaïdjan, pays frontalier de l’Iran, a dénoncé une attaque « terroriste » de drones iraniens sur un aéroport et près d’une école en Azerbaïdjan. L’un des drones a touché le terminal de l’aéroport de la région de Nakhitchevan faisant deux blessés, a indiqué le ministère des Affaires étrangères d’Azerbaïdjan. Ce dernier a promis que « cela ne restera pas sans réponse » à l’attention de Téhéran.
Cet événement pourrait faire entrer le pays directement dans le conflit. Selon Ilham Aliev, l’armée azerbaïdjanaise a reçu pour « instruction de préparer et de mener des mesures de représailles ». De son côté, l’armée iranienne a démenti toute frappe de drone sur l’Azerbaïdjan.
• L’Iran frappe aussi le Kurdistan
L’Iran a affirmé ce jeudi avoir tiré des missiles visant les quartiers généraux de forces kurdes dans la région autonome du Kurdistan en Irak, qui accueille des troupes américaines. « Nous avons visé les quartiers généraux de groupes kurdes opposés à la révolution au Kurdistan irakien avec trois missiles », indique un communiqué militaire cité par l’agence Irna.
Ces frappes qui ont tué un membre d’un groupe kurde iranien en exil, selon un porte-parole, suivent des avertissements des autorités iraniennes. « Les groupes séparatistes ne doivent pas s’imaginer qu’un vent nouveau s’est levé et tenter d’agir », a prévenu Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien.
• L’Europe entraînée dans le conflit
L’Europe se retrouve entraînée dans le conflit à la suite des attaques contre Chypre et les alliés occidentaux dans le Golfe. Plusieurs Etats européens se sont engagés à fournir une aide militaire à Chypre, membre de l’Union européenne, et au Golfe tout en soulignant leurs objectifs « défensifs », alors que le conflit au Moyen-Orient s’intensifie et s’étend.
Lors de son allocution télévisée du 3 mars, le président français Emmanuel Macron a annoncé l’envoi du porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale. Il transporte à son bord 20 avions de combat Rafale ainsi que deux avions radar Hawkeye. Le chef de l’Etat a également annoncé l’envoi d’unités de défense aérienne supplémentaires à Chypre.
Le Royaume-Uni a indiqué qu’il allait envoyer en Méditerranée orientale un navire de guerre, le HMS Dragon, équipé d’un système de missiles Sea Viper capable de lancer huit missiles en moins de 10 secondes. Le pays souhaite aussi envoyer des hélicoptères Wildcat équipés de missiles Martlet capables d’abattre des drones.
Au début de la guerre, le Premier ministre britannique Keir Starmer a d’abord refusé d’impliquer son pays dans le conflit. Mais il a ensuite accepté la demande des Etats-Unis d’utiliser deux bases militaires britanniques pour frapper l’Iran à des « fins défensives spécifiques et limitées ».
La France, l’Italie et la Grèce vont « coordonner l’envoi de moyens militaires à Chypre et en Méditerranée orientale » décidé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, a annoncé jeudi l’entourage d’Emmanuel Macron.
• Un déploiement australien, le Canada évoque une participation
L’Australie a déployé des « ressources militaires » au Moyen-Orient en réaction à la guerre provoquée par l’offensive américano-israélienne sur l’Iran, a annoncé jeudi le Premier ministre Anthony Albanese.
Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré qu’il ne pouvait « exclure catégoriquement » la participation militaire de son pays à la guerre qui s’intensifie au Moyen-Orient. Il avait déploré mercredi que les Etats-Unis et Israël aient agi « sans saisir les Nations unies ni consulter leurs alliés ».

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