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L’UEFA avait dégainé la première, excluant les clubs engagés dans ses compétitions, retirant la finale de Ligue des champions à Saint-Pétersbourg, qui devait l’organiser, au prix d’un sacrifice en millions d’euros puisque le sponsor principal à l’époque de ces coupes d’Europe s’appelait Gazprom.
La FIFA ne pouvait pas faire moins. Le CIO non plus, même si déjà, il avait imposé aux athlètes russes une participation sous bannière neutre après le scandale de dopage d’État dénoncé par l’agence mondiale antidopage et une enquête indépendante connue sous le nom du rapport MacLaren. Plus de drapeau ni d’hymne russe sur les podiums olympiques et paralympiques depuis Rio 2016, dix ans.
Et pas un de plus manifestement
La semaine prochaine, dans les arènes de Vérone, qui ont accueilli la cérémonie de clôture des jeux olympiques de Milan Cortina et qui serviront d’écrin pour l’ouverture des jeux paralympiques vendredi prochain, six Russes porteront leur drapeau et quatre Biélorusses le leur. Le Comité international paralympique avait voté en septembre la réintégration de ces deux nations. Et le tribunal arbitral du sport vient de valider cette décision. La France a choisi de ne pas la contester. Mais l’Ukraine est vent debout et cinq nations ont choisi de boycotter cette cérémonie d’ouverture avec elle : la République tchèque, la Finlande, la Pologne, l’Estonie et la Lettonie. Parfois, être tout proche du mauvais côté de la frontière aide à choisir le bon côté de l’histoire.
Est-ce que c’est le début d’une réhabilitation définitive de la Russie sur la scène internationale via le sport ?
Il faut dire que la Russie et son maître du Kremlin ne sont pas restés inertes depuis le début des sanctions. Parce que le sport a toujours occupé une place prépondérante dans l’imaginaire, la symbolique et la puissance russes. Il a donc fait l’objet d’une attention particulière ces dernières années pour redevenir une arme. On connaît le soft power par le sport. Vladimir Poutine a inventé ce que Luka Aubain, spécialiste à l’institut des relations internationales, a qualifié de sharp power. Ce pouvoir tranchant, qui vise à saper un système ou une institution devenue cible.
Le CIO et son ancien président Thomas Bach en ont fait les frais, par des menaces et des intimidations. Mais pour réussir, il faut des infiltrés et des alliés. Poutine a les deux. Le premier est judoka, comme lui, et dirige la fédération internationale de ce sport de combat. Marius Vizer, roumain, mais surtout russophile, qui a autorisé le retour des athlètes russes dans ces tournois internationaux.
C’était en novembre dernier, Au grand dam d’Abou Dabi. Il a même été jusqu’à déménager le siège de sa fédération de Lausanne à Budapest, où Viktor Orban s’est fait un plaisir de l’accueillir. Et il y en aura d’autres des fédérations lâchant l’Ukraine… Le hand, par exemple, directement approché pour réintégrer les équipes russes. Mais aussi le hockey sur glace. La grande NHL, championnat nord-américain le plus puissant du monde, n’a jamais cessé de drafter des jeunes Russes, puisque ce vivier est l’un des plus talentueux du monde. Et le président de la fédération internationale, sans détour, il y a quelques jours à Milan a assumé vouloir le retour de cette grande nation de la glace. La glace qui a vu glisser des patins russes dissimulés sous des naturalisations hongroises ou géorgiennes lors des épreuves artistiques, ou kazakstanaises dans les épreuves de vitesse.
Le sharp power, et ses infiltrés ont frappé. Les deux plus grands symboles dans le viseur russe sont évidemment désormais les jeux d’été et la coupe du monde de football… Parfois les planètes s’alignent : ces deux compétitions vont se dérouler aux États-Unis, dans quatre mois pour le ballon rond et dans deux ans pour les JO. En puissance accueillante : Donald Trump, qui rêve d’être celui qui réhabilitera les Russes par le sport.
Pour le mondial, ça va faire juste… Mais Gianni Infantino a déjà balisé le terrain : « le bannissement n’a servi à rien », a-t-il déclaré il y a quelques jours. Il faut songer à réintégrer les Russes dans le concert du foot mondial.
Pour le moment, l’UEFA ne cède pas. Mais en sport, comme en géopolitique, l’Europe semble bien seule. Et Kiev plus encore.

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