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À mesure que la question des détenus en Syrie et dans les camps du Nord-Est syrien revient dans l’actualité politique et médiatique, le débat sur le retour des djihadistes tunisiens connaît un regain d’intensité, relève la journaliste Fadia Dhif dans un article publié sur le site arabophone Raseef22.
Malgré ce risque persistant et les craintes qu’il suscite, le gouvernement tunisien maintient son opacité et ne donne aucun chiffre officiel sur le nombre de Tunisiens concernés.
Dans l’opinion publique, deux orientations diamétralement opposées s’affrontent. La plus répandue est sans doute celle selon laquelle ceux qui “ont combattu dans une armée étrangère sous un autre drapeau ne font plus partie de la nation tunisienne”.
“Prêts à coopérer aux enquêtes”
Mais, pour certains juristes, la question ne peut pas être simplement balayée par une affirmation aussi dogmatique. Selon eux, qu’il soit ou non reconnu comme criminel, un Tunisien ne peut en aucun cas être privé de son pays, d’autant plus que tous ceux qui sont partis en Syrie ne sont pas forcément rendus coupables de crimes. Aussi plaident-ils pour des poursuites judiciaires en règle contre les auteurs de crimes avérés et, pour les autres, la mise en place d’un dispositif de réhabilitation.
“Nous n’avons rien fait, notre seule erreur est d’avoir quitté notre pays. Nous sommes prêts à coopérer aux enquêtes et demandons à être réhabilités et soutenus, comme l’ont fait d’autres pays… Nous voulons revenir dans notre pays, mais nous avons peur : vers quoi retournerons-nous ? Comment serons-nous accueillis et traités ?” se demande Sondes, depuis le camp de Roj, dans la province de Hassaké (nord-est de la Syrie), dont la famille est affiliée à l’organisation terroriste Daech. Elle explique notamment que, si elle a rejoint la Syrie, c’est uniquement par “obéissance” à son mari.
Il y a un mois, Mustapha Abdelkebir, président de l’Observatoire tunisien des droits de l’homme, estimait à 6 500 le nombre de Tunisiens détenus et “répartis entre camps et prisons en Syrie et en Irak”, rapporte Business News.
Le dossier des djihadistes tunisiens a longtemps enflammé les débats politiques lorsque les islamistes étaient au pouvoir (jusqu’en 2021). Mais le dossier revient au-devant de la scène après l’annonce fin février par les autorités syriennes de la fuite de milliers de personnes du camp d’Al-Hol, dans la confusion générale, principalement des familles de membres présumés de l’organisation État islamique, comme l’indique un article de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera. Une évasion rendue possible par le retrait soudain et non coordonné des forces kurdes.
La Tunisie devrait, comme d’autres pays, accueillir les premiers rapatriés. Il s’agira vraisemblablement, dans une phase initiale, de femmes et d’enfants. Les chiffres avancés datent toutefois de 2021 et n’ont pas été actualisés depuis.

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