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MATTHIEU DELATY / Hans Lucas via AFP
Grégory Doucet, ici à Lyon, le 16 février 2026.
Une alliance à certaines conditions. Le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet s’est dit mardi 24 février prêt à tendre la main à LFI au second tour des municipales, lors d’un débat télévisé sur BFMTV avec ses rivaux, mais en posant des lignes rouges. Les échanges ont été en partie phagocytés par la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque.
Ce « drame nous a tous bouleversés », a déclaré d’emblée le maire sortant qui débattait pour la première fois en public avec le grand favori des sondages, l’ex-patron de l’OL Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre-droit, mais aussi avec le candidat UDR Alexandre Dupalais, allié au RN, et l’insoumise Anaïs Belouassa Cherifi.
Interrogé sur la possibilité de faire alliance avec cette dernière, le maire sortant a répondu pour la première fois clairement « oui », « mais à certaines conditions », notamment que personne dans son équipe ne soit « impliqué, de près ou de loin, dans des actes de violence ». Ou encore que la police municipale ne soit pas désarmée.
Quant à une fusion des listes si la députée parvenait à atteindre la barre des 10 % pour se maintenir, Grégory Doucet ne l’a pas exclu : « le soir du premier tour, les Lyonnais et les Lyonnaises nous auront envoyé un message » et « notre responsabilité » sera de les entendre.
Depuis le décès de Quentin Deranque, battu à mort à Lyon le 12 février, et la mise en examen de suspects liés à un député LFI, l’extrême droite, la droite, le centre droit et même une frange de la gauche socialiste réclament une rupture totale avec LFI. Jusque-là, le maire sortant, qui aura besoin de toutes les voix de gauche s’il veut remporter un second mandat, avait refusé de se prononcer.
Jean-Michel Aulas largement en tête dans tous les sondages
Anaïs Belouassa Cherifi a aussi laissé la porte ouverte à cette alliance. « Sachez que ma priorité, c’est que monsieur Aulas ne devienne pas le prochain maire de la ville de Lyon. Je ferai tout ce qui est mon pouvoir pour que ce ne soit pas le cas. »
À moins de trois semaines des municipales, le chef d’entreprise, qui garde une grande popularité à Lyon du fait de ses 36 ans à la tête de son club de foot, pointe avec plus de dix points d’avance au premier tour et est donné largement vainqueur au second, dans tous les sondages. À 76 ans, ce novice en politique était celui qui avait le plus à perdre dans ce débat, et il s’est surtout évertué à se présenter comme « candidat de la société civile », affranchi des querelles partisanes.
À plusieurs reprises ses adversaires l’ont malmené, l’accusant d’être « à côté de la plaque » (Grégory Doucet), ou une « coquille vide » (Anaïs Belouassa Cherifi). « À part de grandes dépenses non financées, personne n’a compris votre ligne politique », a encore assené Alexandre Dupalais.
Mais ce dernier a aussi « volé à son secours », comme l’a noté la députée insoumise, en répondant pour lui à des questions mettant en cause son bilan de président de l’OL en matière de lutte contre les supporteurs extrémistes et violents.
Certains étaient présents samedi dans la marche pour Quentin Deranque, qui a rassemblé 3 200 personnes à Lyon dont de nombreux militants identitaires ou nationalistes et qui a été entaché par des saluts nazis.
La candidate insoumise a pour sa part été bombardée de questions sur ses liens avec « la Jeune Garde » antifasciste, un groupe fondé en 2018 à Lyon par le député LFI Raphaël Arnault et dissous en juin 2025, auquel appartenaient certains des suspects des violences contre Quentin Deranque. « Personne ne doit mourir pour ses idées, je condamne toutes les violences mais je reste une militante antifasciste », a-t-elle martelé.

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