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5 mars 2026le patron de Bpifrance appelle à « livrer la guerre à la dette » en augmentant l’âge de la retraite et le reste à charge des patients
Invité de BFM Business ce mercredi, le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, a estimé que la réduction de la dette tricolore revêtait un enjeu « existentiel pour le pays, son économie, et même pour la démocratie ».
« Notre dette galope et elle va continuer de galoper ». Invité sur BFM Business ce mercredi, Nicolas Dufourcq a réitéré son avertissement: « Il faut livrer la guerre à la dette. C’est absolument existentiel pour le pays, pour son économie, et même pour la démocratie », a prévenu le directeur général de Bpifrance qui alerte depuis des semaines sur le poids de l’endettement qui menace l’économie française.
« Imaginez qu’il y ait une prochaine crise géopolitique. On va se prendre 20 points de PIB de dette de plus à nouveau? On va passer de 120 à 140%, puis 150? C’est catastrophique », a poursuivi celui qui dit avoir « toujours été convaincu que les démocratiques mourraient de la dette ».
Un « narcotique »
Pour Nicolas Dufourcq, « on ne peut pas continuer d’injecter dans l’esprit des Français une sorte de narcotique leur expliquant que notre État providence qui est un miracle, notre bien commun, va pouvoir continuer de galoper comme il galope ». Et pour cause, « il croît de 4% par an, l’économie de 1% ».
« Quand on a 60% de dette sur PIB comme les Allemands on peut se le permettre, mais quand on a 120% de dette sur PIB comme la France on ne peut plus se le permettre », a-t-il ajouté.
Le « narcotique » dont parle celui qui considère que la situation « n’est plus tenable » est bien entendu la dette elle-même, et en particulier la dette sociale. Pour résoudre le problème, « les solutions on les connaît puisque les deux grands postes (de dépense) c’est la retraite et la maladie », a rappelé Nicolas Dufourcq qui préconise en conséquence d' »augmenter l’âge de la retraite » ainsi que « le reste à charge, peut-être sous conditions de ressources » pour ce qui est de la maladie.
Le patron de Bpifrance juge cette mesure indispensable sachant qu’il y aura « 50% de Français de 75 ans de plus » d’ici cinq ans. « Vous vous rendez compte? Comment voulez-vous qu’on maintiennent la maladie remboursée à 100% pour toutes les affections de longue durée qui croissent d’un demi-million par an? Donc il faut réformer ce point et il faut continuer de réformer les retraites résolument comme tous les pays européens », a-t-il martelé.
« 2026, c’est l’année où il faut faire passer des idées, c’est ce que j’essaye de faire »
S’il a souvent été reproché à Nicolas Dufourcq de sortir de son rôle en alertant sur les finances publiques tricolores, ce dernier considère au contraire qu' »un banquier a le droit de parler de dette ». Il juge en outre « fondamental » de « peser dans l’opinion en 2026 ».
« C’est l’année où l’opinion va revisiter ses conceptions, sa vision des choses et son imaginaire de manière à pouvoir voter en conscience en 2027. Donc 2026 c’est l’année où il faut faire passer des idées et c’est ce que j’essaye de faire », a-t-il dit.
D’autant que « cette dette, c’est le coeur de notre problème politique depuis si longtemps », a poursuivi Nicolas Dufourcq, qualifiant de « grand malheur » l’incapacité des Français à « expliquer pourquoi elle croît ». « Les gens disent ‘mais qu’est-ce qui se passe? », alors « je mets le malaise sous l’IRM et je montre la photo », a-t-il résumé.

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