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JOHAN NILSSON / TT News Agency via AFP
Le point sur les accords de défense et les bases qui lient la France au Moyen-Orient. (photo d’illustration d’un Rafale M posé sur porte-avions Charles de Gaulle)
La France n’a pas que ressortissants civils au Moyen-Orient. La guerre qui a éclaté dans la région après les frappes israélo-américaines contre l’Iran depuis le samedi 28 février a aussi remis en lumière l’implication militaire de Paris sur place, entre les multiples bases qu’elle opère et les accords de défense passés avec plusieurs pays.
La question a d’ailleurs été abordée par Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée mardi. Le chef de l’État y a indiqué avoir « donné l’ordre au porte-avions Charles de Gaulle, à ses moyens aériens et à son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée », avec pour objectif d’assurer la sécurité des ressortissants français, mais aussi des bases militaires et des alliés de Paris.
Au sixième jour de la guerre au Moyen-Orient, Le HuffPost fait le point sur les bases et accords militaires qui lient la France à la région.
• Les trois bases françaises aux Émirats arabes unis
La France est un partenaire de défense des Émirats arabes unis (EAU), où plus de 900 militaires et civils de la Défense française sont déployés pour pouvoir intervenir face à toute crise dans la région. Ces effectifs sont répartis sur trois bases – une terrestre, une aérienne et une navale – et représentent « l’une des bases opérationnelles avancées françaises à l’étranger les plus à l’Est », explique le ministère des Armées sur son site.
La base navale d’Al Salam, située dans la capitale des EAU, Abou Dabi, a été attaquée dimanche, lorsqu’un incendie a touché un hangar sans faire de victime. « Elle peut accueillir tous les types de bâtiments de la marine nationale, à l’exception du porte-avions », expose le ministère des Armées, précisant que ce dernier peu « accoster à proximité immédiate » dans un port de commerce.
Les bases françaises aérienne et terrestre, quant à elles, se situent à l’extérieur d’Abou Dabi. La base aérienne d’Al Dhafra se trouve à 60 km de la capitale et accueille l’escadron de chasse « Provence », composé de sept Rafale, mais peut aussi recevoir d’autres aéronefs. Le 5e Régiment de cuirassiers de l’armée de terre, lui, se trouve à Zayed Military City, à 65 km d’Abou Dabi. Il comprend un escadron blindé avec des chars Leclerc, mais aussi des canons Caesar.
• Les forces françaises au Levant et à Djibouti
Au Levant, la France participe depuis 2014 en Irak et 2015 en Syrie à la coalition internationale antijihadiste Inherent Resolve (qui peut se traduire par « Détermination absolue » en français), à travers l’opération Chammal, qui a été déployée sur des bases dans la région. Pour cette opération, 600 militaires sont stationnés sur place, un nombre qui peut grimper à 1 100 en incluant les bâtiments et frégates régulièrement de passage dans le Golfe et en mer Rouge.
Il faut aussi ajouter la base militaire de Djibouti, qui intervient en appui au Proche-Orient et qui accueille quelque 1 500 militaires, soit le plus gros contingent français à l’étranger, comme le rappelle 20 Minutes. La base dans cette ex-colonie française permet à Paris de « garantir son autonomie d’appréciation de situation et la sécurité des Français en Afrique, mais aussi au Moyen-Orient », précise le ministère des Armées.
Sur place, la France dispose (entre autres) d’une cinquantaine de véhicules blindés, mais aussi de quatre canons Caesar. Des avions de défense aérienne et de transport tactique sont aussi sur place. Les forces françaises à Djibouti « participent directement à la sécurité des voies stratégiques d’approvisionnement et à la liberté de navigation dans la mer Rouge et le golfe d’Aden », indique le ministère sur son site.
La position est stratégique : Djibouti donne sur le détroit de Bab el-Mandeb, entre la mer Rouge et l’océan Indien, par où transitent 12 % du commerce mondial de marchandises, selon un article du site Géoconfluences de 2024.
• Les trois accords de défense réciproques
Paris a passé des accords de défense réciproques avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis. « C’est en vertu de ces accords que nous avons trois bases […] à Abou Dabi », a expliqué mercredi sur RTL le général Vincent Desportes, ex-directeur de l’École de guerre, précisant que « si ces pays nous le demandent, nous devons prendre part à leur défense ».
Ces accords de coopération militaire ont été passés via des traités signés dans les années 1990, précise franceinfo. En cas d’attaque contre ses alliés, la France se concerte avec eux pour évaluer la menace et la possibilité d’une attaque. Les accords prévoient aussi des échanges d’informations entre Paris et ses alliés et favorisent la signature d’accords commerciaux – comme en témoignent les 36 avions Rafale vendus au Qatar ces dernières années.
Ces accords sont honorés par Paris depuis le début de la guerre en Iran : les forces françaises au Moyen-Orient participent à la défense de ses alliés en abattant des drones ou des missiles qui les visent. C’est aussi au nom de la « défense de nos partenaires dans la région » que l’État-major français a accepté que « des avions américains de soutien aux opérations (et non pas des avions de combat) ont été acceptés sur la base aérienne d’Istres », au sud de l’Hexagone.
Le porte-parole de l’État-major, cité par l’AFP, a précisé que « la France a exigé que les moyens concernés ne participent en aucune mesure aux opérations menées par les États-Unis en Iran » et s’en tiennent « strictement » à l’appui de ses partenaires régionaux. En clair, ils ne peuvent prendre part à des bombardements, mais ont la possibilité d’aider à la défense des pays visés par la riposte iranienne.
• La coopération avec plusieurs pays et organisations internationales
Paris coopère également avec plusieurs pays avec lesquels il n’a pas d’accord de défense réciproque. Ainsi, Emmanuel Macron a mentionné dans son allocution les « engagements solides » de la France avec l’Irak – notamment avec ses « alliés kurdes » – et avec la Jordanie. Ce dernier pays abrite ainsi des troupes et des Rafale dans deux bases aériennes, précise franceinfo.
Une coopération existe aussi avec l’Arabie saoudite et Oman, ajoute le média public, évoquant une entente sur la protection d’informations classifiées, mais aussi des exercices militaires conjoints ou la possibilité pour la marine française de faire escale sur les côtes omanaises.
À cette proximité avec plusieurs pays s’ajoutent les engagements pris par Paris dans le cadre d’organisations internationales ou d’alliance plus larges. Au Liban, ce ne sont pas moins de 700 militaires français qui sont déployés dans le cadre de la Force intérimaire de l’ONU (Finul) présente dans le sud du pays, à la frontière avec Israël. La Finul compte au total quelque 7 500 Casques bleus de 48 pays.
Enfin, la solidarité européenne peut entrer en jeu. Emmanuel Macron a par exemple annoncé l’arrivée de la frégate multimissions Languedoc en Méditerranée orientale mardi soir, avec pour objectif de défendre l’île de Chypre, où une base britannique sur place a été prise pour cible par l’Iran. L’Italie et la Grèce sont d’ailleurs également concernés par l’envoi de forces à proximité de ce pays membre de l’Union européenne.

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