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5 mars 2026Municipales 2026 à Mende : combien gagne la maire de la ville-préfecture et quel montant pourrait percevoir son successeur ?
Taux applicable à l’indice brut terminal, niveau de cotisations, majoration en raison du statut de “chef-lieu de département” de “commune classée station de tourisme”, le calcul de l’indemnité perçue par le maire de Mende est un vrai casse-tête. Nous avons tenté de mettre les choses au clair.
Si dans certaines communes, les maires jouent la transparence sur le montant de leur indemnité, ce n’est pas forcément le cas de toutes. Et la Ville de Mende en est un bon exemple.
Des montants nets publiés sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique
Le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) permet toutefois de s’en faire une idée. Depuis la démission d’Alain Bertrand, en décembre 2016, Laurent Suau est devenu maire de la ville-préfecture. Les indemnités des maires sont non imposables dans une certaine limite. Elles sont toutefois soumises aux cotisations sociales.
En 2017, son indemnité s’élevait à 44 313 € net*, soit 3 692,75 € mensuel. Les années suivantes, ce montant a diminué : 34 508 € net, soit 2 875,67 € mensuel en 2018 ; et 34 007 € net en 2019, soit 2 833,92 € mensuel. Malheureusement, les délibérations du conseil municipal sur le site de la mairie ne sont disponibles qu’à partir de 2020.
Un taux inférieur à la limite maximale autorisée
Conformément à l’article L2123-22 du Code général des collectivités territoriales pour les communes de 10 000 à 19 999 habitants, le taux voté lors du conseil municipal du 4 juin 2020 a été fixé à 48,19 % par rapport à l’indice terminal de la fonction publique. Un taux inférieur à la limite maximale autorisée de 65 %. En 2020, il a donc perçu 33 737 € net, soit 2 811 € mensuel. Son indemnité a diminué en 2021. Le maire a cette fois touché une somme de 25 788 € net soit 2 149 € mensuel.
Une baisse qui pourrait s’expliquer, bien que rien ne l’y oblige, par le fait que le maire, déjà président de la communauté de communes Cœur de Lozère, est devenu vice-président du conseil départemental cette même année. Une fonction pour laquelle il a reçu une indemnité de 18 988 € net, soit 1 582,30 € mensuel. En additionnant les montants perçus pour ces trois fonctions, on arrive à 4 763 € net mensuel, ce qui reste bien en dessous du plafond maximal autorisé, de 8 231 € brut par mois.
Une majoration de l’indemnité en 2022
En 2022, les choses se complexifient. Lors du conseil municipal du mardi 22 février, les indemnités du maire, de ses adjoints et des conseillers délégués avaient été majorées. Une augmentation permise par le statut de « chef-lieu de département » (+ 25 %) et de « commune classée station de tourisme » (+ 25 %), qui avait suscité l’ire des élus d’opposition. D’après les calculs de Karim Abed, le maire de l’époque Laurent Suau émargeait alors à 2 810 € brut. Un montant contesté par l’édile, qui l’avait réfuté lors du conseil municipal et refusé de communiquer son indemnité à Midi Libre. « C’est déjà public. Il suffit de faire le calcul et d’appliquer le taux à l’indice brut« , avait rétorqué le maire. Sur ce point, il n’avait pas tort : les données sont effectivement publiques, même si leur restitution reste complexe.
Laurent Suau ne veut pas s’exprimer à ce sujet
Karim Abed n’était pourtant pas loin de la vérité : en appliquant un taux de majoration de 72,28 % à l’indice terminal, passé de 3 889,40 € de janvier à juin puis de 3 979,20 € de juillet à décembre, on arrive approximativement à une somme de 2 811,26 € brut. Sur le site de la HATVP, on apprend que Laurent Suau a perçu 26 055 € net, soit 2 171,25 € en net mensuel. Un montant qui coïncide avec le chiffre avancé par l’élu d’opposition.
Malgré le cumul de ses différents mandats, Laurent Suau est donc resté en dessous du plafond maximal autorisé.
Qu’en pensent les candidats à la mairie ?
Stéphanie Maurin, tête de liste de la majorité sortante, indique vouloir maintenir le niveau actuel : « Ça fonctionne, je ne vois pas pourquoi on ferait autrement. On ne peut pas faire du bénévolat en étant élu. Mais mon ambition n’est pas de faire de l’argent sur le taux de la collectivité. »
Emmanuelle Soulier critique de longue date le manque de transparence sur les indemnités. Elle affirme que, si elle est élue, elle n’ira pas au-delà de 2 000 € et « ne prendra pas 1 € à la communauté de communes« .
Hermelen Peris reconnaît ne pas « être au fait du sujet » : « J’ai cru comprendre qu’il s’agissait d’une indemnité entre 2 000 et 3 000 €. Si c’est le cas, ça ne me paraît pas indécent. »
Patrice Saint-Léger, quant à lui, n’a pas répondu à nos sollicitations.
Quid de Régine Bourgade ?
Aucune information concernant Régine Bourgade, qui a pris la suite de Laurent Suau en raison de son élection à la présidence du Département en août 2024, ne figure sur le site de la HATVP. Aucune délibération n’a cependant été prise concernant le taux applicable à l’indice de référence.
On peut raisonnablement estimer que Régine Bourgade gagne une somme légèrement supérieure à celle de son prédécesseur à la fonction de maire, puisque l’indice brut terminal mensuel est de 3 979,20 € depuis juillet 2024. On peut donc en déduire que la maire de Mende a perçu en 2025 une indemnité de 3 011 € brut mensuel, ce qui équivaudrait à environ 2 720 € net mensuel, compte tenu du fait que Régine Bourgade est retraitée et ne cotise donc plus ni à l’assurance maladie, ni à l’assurance vieillesse, ni aux allocations familiales.
Une nouvelle loi qui permet une majoration
Cette année, le cadre législatif évolue et modifie légèrement les plafonds applicables aux communes de la taille de Mende. Le nouveau maire pourra bénéficier d’une augmentation de 4 % du plafond d’indemnités à la suite du vote de la loi Gatel en décembre 2025. Son indemnité maximale sera ainsi de 2 836,25 € bruts, sans compter les majorations permises par le statut de “chef-lieu de département” et de “commune classée station de tourisme”. Le montant net dépendra également de son niveau de cotisations.

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