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5 mars 2026“Ne perdons pas notre temps et notre énergie à répondre à chaque provocation de Jean-Luc Mélenchon”
L’extrême droite poutino-trumpiste est aux portes du pouvoir en France, et donc en Europe. En engageant en dehors de toute légalité une nouvelle guerre meurtrière qui risque de dégénérer, Donald Trump et Benyamin Netanyahou plongent désormais le monde dans l’anomie la plus complète. Le changement climatique s’accélère et ses effets dévastateurs ne se font plus seulement sentir dans des régions lointaines : ils touchent de plein fouet notre pays lui-même. La conjoncture économique se dégrade rapidement, le pouvoir d’achat recule, les usines ferment de nouveau et le chômage remonte…
Dans un tel contexte, la gauche démocratique, sociale et écologique a une responsabilité immense : elle doit tout faire pour empêcher le Rassemblement national d’arriver au pouvoir l’an prochain bien que les conservateurs et les élites administratives et économiques soient prêts désormais à lui laisser les clefs du pays. Cela implique cependant de ne pas se laisser distraire par les provocations de La France insoumise (LFI).
Jean-Luc Mélenchon et son mouvement ont clairement choisi la division et l’affrontement avec le reste de la gauche quitte à la faire perdre. Cette stratégie a été ouvertement énoncée par La France Insoumise en amont des élections municipales. Pour approfondir cette division, Jean-Luc Mélenchon n’hésite pas à jouer volontairement et de façon répétée avec des sous-entendus qui frisent avec l’antisémitisme afin de provoquer le reste de la gauche dans une logique suicidaire de terre brûlée.
Plus largement, la stratégie du bruit et de la fureur que son mouvement poursuit depuis de longs mois maintenant concourt à la montée du Rassemblement national en inquiétant les Français.es au lieu de leur proposer une alternative crédible au désastre macroniste. Mais de grâce, ne tombons pas dans tous les pièges que Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise nous tendent, ne fonçons pas tête baissée sur tous les chiffons rouges qu’ils agitent pour nous faire trébucher.
Non ce n’est évidemment pas la victoire prochaine de La France insoumise et de ses amis gros bras de la Jeune Garde qui menace l’avenir du pays. Ils sont scotchés à la barre des 10 % dans l’électorat. Ce qui menace nos droits et nos libertés, c’est en revanche la victoire possible des poutino-trumpistes du Rassemblement national et de leurs amis de l’ultradroite, beaucoup plus dangereux que ceux de l’ultragauche.
Non, ce n’est pas en passant nos journées à taper, matin, midi et soir, sur Jean-Luc Mélenchon et sur La France insoumise, que nous réussirons à empêcher la victoire de cette extrême droite et le déferlement de violence de l’ultradroite qui ne manquerait pas de l’accompagner. Au contraire, en agissant ainsi, nous contriburions nous aussi à faciliter la tâche au RN comme Jean-Luc Mélenchon le fait chaque jour de façon si irresponsable.
Non, ce n’est pas en perdant notre temps et notre énergie à répondre à chaque provocation de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise que nous parviendrons à dégager le récit mobilisateur et les axes programmatiques crédibles qui permettront de sortir enfin nos concitoyen.ne.s de la déprime décliniste qui les pousse dans les bras du RN.
Non, ce n’est pas en répondant sur un mode « œil pour œil, dent pour dent » à chaque agression de Jean-Luc Mélenchon et de ses lieutenants que nous pourrons reconquérir le soutien des jeunes et des habitants des quartiers populaires qui se sont fourvoyés à leur faire confiance. Au contraire, nous l’aidons à consolider cette base qui nous fait défaut dans un réflexe de forteresse assiégée.
Laissons donc les chiens aboyer dans le vide et faisons enfin avancer d’un bon pas la caravane de la gauche démocratique, sociale et écologique en la dotant d’un programme commun de gouvernement, d’une structure permanente de coordination, de candidat.e.s uniques pour les élections législatives et d’une candidature soutenue en commun pour l’élection présidentielle. C’est de cela que le pays, que l’Europe et que la démocratie et la paix dans le monde ont le plus urgent besoin.
BIO EXPRESS
Guillaume Duval, coprésident du club Maison commune et ex-rédacteur en chef d’« Alternatives économiques », a été speechwriter de Josep Borrell, ancien haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité et ex-vice-président de la Commission.
Cet article est une carte blanche, rédigée par un auteur extérieur
au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

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