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5 mars 2026« Nous pourrons peser sur l’économie si besoin » : face à une ministre qui « campe sur ses positions », les éleveurs poursuivent leur mobilisation
En déplacement dans le Sud de la France, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, s’est tenue loin des blocages sur le terrain. Pas de quoi l’empêcher d’affirmer, lundi 15 décembre, « entendre » la détresse des éleveurs. La ministre républicaine (LR) a néanmoins défendu sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) tant décriée par les éleveurs mobilisés.
Après avoir assisté à la vaccination d’un troupeau en Haute-Garonne, la ministre a rejoint la préfecture de Toulouse pour une « réunion de crise », en fin d’après-midi. Elle a ensuite annoncé l’élargissement du périmètre de la vaccination dont les contours ont été dévoilés vendredi. Un « infléchissement » du protocole sanitaire, selon elle, alors qu’entre 600 000 et 1 million de bovins doivent être vaccinés.
Une ministre venue avec « zéro proposition »
Une « cellule de dialogue scientifique » réunissant experts en santé animale et représentants professionnels va être créée dès mardi. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, doit quant à lui tenir, mardi matin (vers 10 h 30) à Matignon, une réunion sur l’agriculture, avec plusieurs membres de son gouvernement, d’Annie Genevard à Laurent Nuñez (Intérieur), en passant par Gérald Darmanin (Justice) et Amélie de Montchalin (Comptes publics).
Plusieurs préfets de départements touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (Ariège, Aude, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Landes, Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales), devraient également répondre présent. En dépit d’un nouveau cas de DNC détecté, dimanche, dans une petite ferme de l’Aude, où les dix bovins du foyer ont été euthanasiés, la ministre a estimé que tous les cas étaient désormais éradiqués et que la situation était « sous contrôle ».
Le déplacement d’Annie Genevard n’a néanmoins pas convaincu, de la Coordination rurale (soutien de l’extrême droite) et de la Confédération paysanne. Jérôme Bayle, éleveur de bovins en Haute-Garonne et l’un des porte-voix de cette colère paysanne, a par exemple conclu que la ministre était venue avec « zéro proposition ». Le gouvernement continue pourtant de jouer la carte de la « science » et de la « responsabilité ».
Annie Genevard appelle ainsi à dresser « un mur sanitaire » contre la DNC, en respectant à la lettre les interdictions de déplacement de bétail. Elle a aussi maintenu que l’éradication des foyers était la seule façon de lutter efficacement contre la maladie. Une ligne partagée par la puissante FNSEA et des syndicats patronaux.
En déplacement en Haute-Garonne, le président de la FNSEA, l’homme d’affaires Arnaud Rousseau, a ainsi appelé à « suivre le consensus scientifique ». La fédération Culture Viande – qui regroupe les entreprises d’abattage et découpe – estime, de son côté, que la France perdrait son statut indemne et qu’une « complexification accrue des conditions d’exportation » résulterait de la vaccination généralisée.
Une vaccination massive
« On voit bien que la ministre campe sur ses positions, fustige Thomas Gibert, porte-parole national de la Confédération paysanne, invité sur le plateau de BFMTV, lundi soir. Elle ne peut pas se reposer sur une position dogmatique, alors que l’immense majorité du monde agricole soutient notre position. » La Confédération paysanne appelle à l’ouverture de la vaccination pour l’ensemble des éleveurs et des éleveuses sur le territoire français.
Le syndicat de gauche s’appuie sur l’exemple de la Réunion, en 1992, où la crise de dermatose nodulaire contagieuse avait été endiguée grâce à une vaccination massive. Thomas Gibert estime donc, au vu des annonces ministérielles et des positions de la FNSEA, que son syndicat n’a « d’autre choix » que de poursuivre la mobilisation. « Nous pourrons peser sur l’économie s’il y a besoin », prévient-il.
Le ministère de l’Intérieur a recensé, sur la journée de lundi, 45 actions impliquant au moins 3 000 personnes à travers le pays. Place Beauveau décomptait moins de 30 actions impliquant 1 000 personnes un jour plus tôt. En Haute-Garonne, l’autoroute A64 est toujours bloquée au niveau de Carbonne, où les agriculteurs ont passé une quatrième nuit, ainsi qu’au niveau de Muret, où de la terre et des bottes de paille ont été installées sur la chaussée, lundi, par une intersyndicale (FNSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale, Confédération paysanne).
« Au vu des annonces de la ministre hier, les blocages ne sont pas près de se lever, a estimé Guillaume Bénazet, secrétaire départemental Haute-Garonne des jeunes agriculteurs, auprès de l’Agence France-Presse (AFP). Tout ce qu’on avait proposé, notamment la fin de l’abattage total, rien n’a été étudié. »
En Gironde, l’A63 était toujours fermé à la circulation au niveau de Cestat, où s’est produit lundi soir un accident faisant un blessé grave lorsque deux voitures ont tenté de rejoindre un tronçon fermé, a indiqué la préfecture. Plusieurs axes routiers ont aussi été bloqués lundi par des agriculteurs de la Coordination rurale en Gironde, Dordogne et Haute-Vienne.
Blocages aussi dans les Landes, où manifeste la Confédération paysanne. À Tours, le centre-ville a pris des allures de camp retranché, avec dépôt de pneus et de fumier devant la préfecture, et de bennes de pommes de terre devant l’hôtel de ville. Plus de 200 maires et élus locaux d’Ariège se sont enfin rassemblés à Foix, pour appeler l’État à dialoguer avec les agriculteurs afin de réévaluer le protocole de lutte contre la DNC.
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