
Vente record de Rafale, IA, libre-échange… Entre Emmanuel Macron et Narendra Modi, un mariage de raison
5 mars 2026.avif)
Un des principaux criminels d’Equateur s’évade de prison
5 mars 2026Pour forcer l’Arcom à sanctionner CNews et Europe 1, ces experts du droit saisissent le Conseil d’État
Capture d’écran X
Pour forcer l’Arcom à sanctionner CNews et Europe 1, des experts du droit saisissent le Conseil d’État.
Alors que CNews fait l’objet d’une énième mise en demeure de l’Arcom, cette fois pour son traitement « univoque » de l’affaire Thomas à Crépol en mars 2025, les accusations se poursuivent (et se ressemblent) du côté des médias détenus par le milliardaire ultraconservateur Vincent Bolloré.
CNews et Europe 1, les deux médias dans le giron de l’industriel breton, sont en effet visés par une procédure de référé-liberté déposé devant le Conseil d’État. Comme le révèle Libération ce jeudi 5 mars, ce ne sont pas moins de 57 universitaires spécialistes du droit qui ont lancé cette procédure d’urgence dans le but de dénoncer le manque de pluralisme sur les antennes de la chaîne d’information en continu et de la radio.
Leur objectif grâce à cette procédure auprès de la plus haute juridiction administrative française ? Obliger l’Arcom à ouvrir une instruction, contraindre l’Arcom de mettre en demeure les deux sociétés et faire en sorte qu’elle déclenche un « référé-communication » prévu dans la loi sur les médias de 1986. Un dernier point méconnu qui peut permettre à l’Arcom de saisir le Conseil d’État pour qu’il prenne lui-même les mesures adéquates. Ce qui peut impliquer « la coupure d’une chaîne ou d’une radio qui ne respecte pas la loi », comme le souligne la signataire et professeure de droit à Paris-Panthéon-Assas Camille Broyelle.
« Grande répétition générale avant la présidentielle de 2027 »
Pour motiver leur action, ces professeurs de droits et autres juristes utilisent ce qu’ils connaissent le mieux : le droit. Ils font ainsi référence aux exigences de pluralisme que se doivent de respecter CNews et Europe 1.
Des prérequis qui vont bien au-delà du seul décompte de temps de parole politique qui est facilement manipulable, l’idée étant d’exiger une représentation plurielle des différents courants de pensée. En creux, c’est bien évidemment la parole toujours plus décomplexée de l’extrême droite sur les plateaux de CNews et au micro d’Europe 1 que cherchent à combattre ces universitaires issus de plusieurs grandes facultés françaises, notamment Bordeaux, Paris-Panthéon-Assas ou Paris-I.
« Nous avons jugé important d’intervenir pendant cette grande répétition générale avant la présidentielle de 2027. On n’en serait pas là du tout si l’Arcom était intervenue avant », dénonce à cet égard Camille Broyelle.
Ils dénoncent un « abandon de poste » de la part de l’Arcom
S’ils ne sont pas les premiers à s’être prêtés à ce type d’exercice, les signataires du référé-liberté ont d’ailleurs analysé eux-mêmes de longues heures d’antenne de CNews et Europe 1. Leur cadre ? Une semaine d’antenne entre le 19 et le 26 février, où ils se sont concentrés sur trois émissions : sur Europe 1 Face à l’info de Christine Kelly, l’incontournable Heure des Pros de Pascal Praud sur CNews et une petite nouvelle, 100 % Frontières, fraîchement lancée sur le créneau laissé vacant par Jean-Marc Morandini et qui donne à Gauthier Le Bret trois heures d’antenne au côté d’Erik Tegnér, patron du média identitaire Frontières. Un dernier programme qui confirme − s’il le fallait encore − le positionnement identitaire de CNews dans le PAF.
Selon leurs conclusions, « l’unanimisme et le caractère manifestement monochrome de ces émissions » pour un seul et même courant politique (qui n’est pas nommé mais qui est l’extrême droite) sont criants. Forts de ce constat, les experts dénoncent l’attentisme et l’immobilisme de l’Arcom.
L’instance qui a succédé au CSA est investie d’« une mission de police administrative » et peut donc agir seule, insiste sur ce point Camille Broyelle. En l’état, « l’Arcom n’agissant pas pour faire respecter la loi, elle fait de l’abandon de poste », ajoute l’universitaire, en référence à la défense paresseuse du président de l’Arcom devant la commission de la culture du Sénat en octobre 2025. Martin Adjari avait affirmé que l’Autorité de régulation des médias qu’il dirige ne peut pas agir seule, mais qu’elle doit être saisie pour lancer des actions.
Sollicités, Europe 1 et l’Arcom n’ont pas répondu à Libération, tandis que CNews indique que son service juridique n’est pas informé de la procédure déployée par ces experts du droit.

9999999
