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5 mars 2026« Si Airbus maintient sa position, le sujet est mort » : Dassault accuse son partenaire de torpiller le projet d’avion de chasse européen
Les deux industriels à la tête du projet se déchirent sur la gouvernance du projet et le dialogue semble rompu entre les deux géants de l’aéronautique.
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L’Europe parviendra-t-elle à se doter d’un avion de chasse européen, le Système de Combat Aérien du Futur (SCAF) ? Rien n’est moins sûr. Ce projet européen, lancé en 2017 par le président français Emmanuel Macron et l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel, est dans l’impasse depuis plusieurs mois. D’un côté Airbus, qui représente l’Espagne et l’Allemagne, et de l’autre le Français Dassault : les deux industriels engagés dans ce programme ne parviennent pas à s’entendre, symbole plus large de la difficulté à bâtir une Europe de la Défense.
Le dialogue semble en effet rompu entre les deux partenaires, et le dernier épisode de ce bras de fer l’illustre bien : Dassault accuse Airbus de torpiller le projet de l’intérieur. « Airbus a déclaré qu’ils ne voulaient plus travailler avec Dassault. J’en prends bonne note », assène Eric Trappier, le patron du géant français de l’aéronautique.
Ce n’est pas moi qui ne veut pas travailler avec Airbus, c’est encore moins moi qui ne veut pas travailler avec les Allemands. Si Airbus maintient sa position de ne pas travailler avec Dassault, le sujet est mort.
Eric Trappier, directeur général de Dassault Aviation
Le fabricant du Rafale et l’avionneur européen continuent à s’écharper sur la gouvernance de ce programme qui vise à mettre au point, non seulement un avion de chasse, mais aussi des drones et un système numérique. Or, pour fabriquer un avion de combat, Dassault veut un véritable « leader » : « C’est celui qui va décider que tel sous-traitant est efficace ou non, c’est celui qui va décider des formes de l’avion, c’est celui qui va prendre la responsabilité de mettre en vol un avion », énumère Eric Trappier. « Le leader décidé par les trois Etats, c’est Dassault, donc le problème aujourd’hui, c’est Airbus. Comme ils ne peuvent pas être leader, ils demandent à être co-leader, ce sur quoi je ne suis pas d’accord. »
De son côté, le patron d’Airbus Guillaume Faury a, pour la première fois, ouvert la voie le 19 février à une solution à deux avions, « si les Etats l’exigent » en estimant que « le blocage autour d’un pilier ne devait pas mettre en danger l’avenir » de ce programme. Le géant de l’aviation européenne avait déjà développé dans les années 80 le chasseur Eurofighter avec le britannique BAE Systems et l’italien Leonardo.
Cette solution à deux avions fait aussi son chemin du côté des chefs d’Etat, notamment sur la question des besoins différents entre la France et l’Allemagne. « Les Français ont besoin (…) d’un avion capable de transporter des armes nucléaires et d’opérer à partir d’un porte-avions, ce n’est pas ce dont nous avons besoin actuellement dans l’armée allemande : avons-nous la force et la volonté de construire deux avions pour ces deux profils d’exigences différents, ou seulement un seul? », s’interroge le chancelier Friedrich Merz. À l’inverse, le président français Emmanuel Macron persiste et signe sur la nécessité d’un modèle en commun.

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