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HOUSSAM SHBARO / Anadolu via AFP
Vue des destructions après les frappes aériennes menées par l’armée israélienne sur le quartier de Dahieh dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 5 mars 2026.
La guerre au Moyen-Orient, qui dure depuis six jours, s’est encore intensifiée ce jeudi 5 mars. Dans une déclaration virulente, le ministre israélien des Finances a menacé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, de subir le même sort que Gaza lors des représailles militaires israéliennes contre le Hamas.
« Très bientôt, Dahiyeh (banlieue sud de Beyrouth, ndlr) ressemblera à Khan Younès », a déclaré le ministre des Finances Bezalel Smotrich, sur son compte Telegram, en référence à la grande ville du sud de la bande de Gaza dévastée par la guerre déclenchée par le Hamas le 7 octobre 2023.
Ce jeudi, dans l’après-midi, l’armée israélienne a lancé un appel inédit aux habitants de toute la banlieue sud de Beyrouth, leur demandant d’évacuer « immédiatement » pour leur survie. La panique s’est emparée des habitants. Des embouteillages monstres se sont immédiatement formés, alors que des tirs en l’air pour alerter la population éclataient.
Dans le sud de Beyrouth, plusieurs immeubles ont déjà été éventrés par les frappes israéliennes menées depuis lundi. Au moins 72 personnes ont été tuées et 437 blessées, avec 83 000 déplacés, selon les autorités libanaises. L’avertissement israélien laisse craindre que le pire ne soit à venir.
Le président libanais demande de l’aide à Macron
Peu après la diffusion de cet appel à évacuer, le président libanais Joseph Aoun s’est entretenu par téléphone avec Emmanuel Macron. Il lui a demandé d’intervenir auprès d’Israël pour empêcher le bombardement de la banlieue sud et « parvenir à un cessez-le-feu dans les plus brefs délais ».
Le président français a annoncé l’envoi d’aide humanitaire aux habitants de la banlieue sud de Beyrouth. Il a également indiqué travailler à un « plan » avec les différentes parties pour « empêcher » le Liban d’être « à nouveau entraîné dans la guerre » et « mettre un terme aux opérations militaires » du Hezbollah et d’Israël. Le chef de l’État a réitéré que « le Hezbollah doit immédiatement cesser les tirs vers Israël » et « Israël renoncer à toute intervention terrestre ou d’envergure sur le territoire libanais ».
L’offensive américano-israélienne sur l’Iran, lancée samedi, devait empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire et de reconstituer ses stocks de missiles balistiques. L’Iran a répliqué, mais il n’a pas été seul : son allié, le Hezbollah libanais est également entré dans le conflit en attaquant Israël, notamment pour « venger » la mort de l’ayatollah Khamenei. Depuis, le Liban est entraîné dans cette guerre.
Nouvelles explosions à Téhéran
À Téhéran, de nouvelles explosions ont été entendues en début de journée ce jeudi par des journalistes de l’AFP, derrière le ronflement sourd d’avions militaires, tandis que les habitants s’affairaient pour dégager les dégâts de la veille. L’agence de presse officielle iranienne Irna a fait état d’un bilan de 1 230 morts, des chiffres que l’AFP n’était pas en mesure de vérifier.
Des déflagrations ont aussi résonné au Qatar et à Bahrein. Six employés népalais et pakistanais ont été blessés dans une zone industrielle d’Abou Dhabi. Des diplomates occidentaux à Ryad ont indiqué à l’AFP avoir été appelés à se mettre à l’abri.
L’Iran a dû retarder les funérailles de son guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre. Il réplique avec drones et missiles contre Israël, et a dit viser jeudi l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv et une base radar du nord du pays. Outre le Golfe, où il a aussi ciblé une base américaine au Koweit, il vise aussi Erbil, en Irak.

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