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VALERY HACHE / AFP
Nicolas Sarkozy et Louis Sarkozy, lors de la venue de l’ancien président à Menton le 12 décembre 2025.
Septembre 2025, deux Sarkozy font l’actualité. Le premier, ancien président de la République, pour sa condamnation à de la prison. Le second, son fils, pour sa candidature aux municipales de Menton. Louis Sarkozy reçoit le soutien du parti paternel, puis de Renaissance et d’Horizons, un joli palmarès pour un novice en politique. Las, à trois semaines du premier tour, force est de constater que ni le nom ni les appareils ne semblent suffire.
Ce vendredi 6 mars, le président du Rassemblement national Jordan Bardella vient à Menton pour soutenir sa candidate Alexandra Masson. Elle n’en a, sur le papier, guère besoin. La députée de la circonscription est donnée largement en tête du premier tour dans un sondage Elabe pour BFMTV et Nice Matin et gagnante dans toutes les configurations au second tour. Louis Sarkozy lui, n’arrive qu’en quatrième position, avec 16 % des intentions de vote, dans un mouchoir de poche avec le candidat de gauche Laurent Lanquar-Castiel et l’ancienne adjointe divers-droite Sandra Paire donnés à 17 %. Derrière lui, un autre membre de l’équipe municipale sortante, Florent Champion, le talonne à 15 %.
Photographie à l’instant T, les sondages sont toujours à prendre avec précaution. Mais Louis Sarkozy anticipe : « Si j’arrive en troisième position, ça voudra dire que Menton me dit : “Je ne suis pas une fille facile, il faut recommencer, un an c’était trop vite, trop fort, trop rapide, pour me séduire” », confie-t-il au Nouvel Obs dans la dernière ligne droite. La sortie ne passe pas inaperçue et lui vaut des accusations en sexisme. Sans que cela ne le fasse réagir.
Une campagne sur le terrain mais déconnectée
Le jeune homme de 28 ans assume sans complexe un logiciel de pensée où la masculinité est présentée comme « une des valeurs les plus importantes de nos sociétés ». Et dans sa campagne municipale, il ne compte pas parler féminisme. Le candidat vante sa liste composée à « 90 % de gens qui n’ont jamais été élus avant », promet un « plan propreté complet », la création d’un musée de Menton et du Citron… Mais il s’aventure aussi sur des promesses qui dépassent les seules compétences du maire. Par exemple sur l’installation d’une cellule de renseignement territorial, « justifiée » par la frontière avec l’Italie mais qui, reconnaît-il, relève d’une décision nationale. Quant à sa proposition de « densifier le réseau de vidéoprotection intégrant l’usage de l’IA », elle se heurte tout simplement à une impossibilité légale.
Sa « priorité » reste le logement, dans une ville où 48 % des habitations sont des résidences secondaires selon les chiffres de l’Insee en 2022, quand les listes de demandeurs de logements sociaux s’allongent. Louis Sarkozy entend cibler les « multipropriétaires » qui ont « quinze, vingt, vingt-cinq logements » en location. « Nous proposons d’exiger que la moitié de ces logements, à partir de quatre, soit en location longue durée, sous peine de contravention », détaille-t-il lors du débat qui l’oppose à ses adversaires sur BFM Côte d’Azur/Nice Matin le 3 mars.
Ce n’est pas tout. Alors qu’à l’issue du tour de table la journaliste s’apprête à changer de thématique, Louis Sarkozy reprend la main. Il y a, regrette-t-il, un point trop souvent oublié dans les débats sur le logement : « le beau ». Et le voilà qui se met à faire l’éloge d’une ville « sublime » que « d’immenses briques bétonnées » dénaturent. L’intervention laissera le public et le plateau de marbre. Face à une Alexandra Masson qui monopolise le temps de parole et quelques éclats des candidats de gauche et de droite, Louis Sarkozy peine à s’imposer dans le débat. Comme il a peiné à s’imposer dans la campagne, entre accusations de déconnexion et rappels à l’ordre sur le fond.
Du bleu d’azur au bleu Marine
Ce n’est pas faute de s’être mis en scène. Son compte TikTok, exclusivement consacré à sa candidature, regorge de vidéos de lui à la rencontre des habitants, faisant l’éloge du citron et des traditions mentonnaises. Le 12 décembre, Nicolas Sarkozy se déplace à Menton pour une séance de dédicaces de son nouveau livre sur son passage éclair à la Santé. Auprès de France Bleu, son fils revendique une visite décorrélée du scrutin électoral, même s’il reconnaît « un impact politique. »
Les Mentonnais sont nombreux à se presser autour de l’ancien président. À chacune de ses campagnes présidentielles, en 2007 et 2012, Nicolas Sarkozy est arrivé largement en tête dès le premier tour. Mais en 2017, il échoue à porter les couleurs de la droite au profit de François Fillon. Et la ville bascule à l’extrême droite. Marine Le Pen arrivera en tête au premier tour de toutes les élections présidentielles qui suivront. Aux législatives 2022, Alexandra Masson bat la députée sortante LREM ( ex-Renaissance) avant d’être réélue dès le premier tour en 2024 avec 34 points d’avance sur son premier challenger. Une implantation difficile à battre, surtout pour un candidat parachuté – et quand bien même il l’a assumé. Pendant la campagne, sa permanence est dégradée à deux reprises en deux semaines : les lettres « FDP » pour « Fils de prisonnier » s’étalent en grand sur la vitrine. L’aura de Sarkozy père a perdu de sa superbe et son fils n’en profite pas. Ou alors pas dans le sens espéré.
Mais Louis Sarkozy refuse de s’avouer vaincu. Auprès de Libération, il promet de « continuer à essayer jusqu’à ce que ça marche » qu’importe l’élection. Et puisque sa filiation, pas plus que ses programmes ne semblent suffisants, pourquoi ne pas se rapprocher discrètement du parti en vogue ? Après s’être dit « même prêt à travailler avec Reconquête et le RN », Louis Sarkozy, sommé par Renaissance de clarifier sa position, avait assuré qu’« aucune alliance n’a été et ne sera envisagée » avec le parti d’extrême droite. Ce qui ne l’empêche pas, alors qu’il est interrogé quelques mois plus tard sur le sondage qui le donne perdant, de refuser de « raisonner en termes de rempart face au Rassemblement national. » « Je ne considère pas que le RN est un parti de fasciste. Madame Masson a des propositions assez sérieuses pour cette ville et elle doit être traitée, avec ses militants et ses soutiens, comme telles », a-t-il déclaré. Une position dans la droite ligne de celle de Nicolas Sarkozy. Si ce n’est que lui était sorti victorieux de sa première campagne, pour Neuilly-sur-Seine, au même âge.

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