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FRANCK FIFE / AFP
La chanteuse Belge Angèle lors de son passage musical pour la cérémonie de clôture des JO de Paris 2024.
Sacré brol. Au moment où la chanteuse belge s’apprête à dévoiler une prestigieuse collaboration avec les rois de l’électro française Justice, un autre featuring inattendu se joue loin des projecteurs, entre l’administration fiscale française et Angèle.
Comme le racontent nos confrères de l’Informé ce lundi 16 février, Bercy observe d’un œil suspicieux le lieu de résidence français de la trentenaire. En cause ? Une interview anodine donnée par Angèle au magazine Vogue en 2023 qui, rétrospectivement, pourrait lui jouer un vilain tour.
Depuis cet entretien où Angèle expliquait passer « la moitié de l’année à Paris », l’administration fiscale française soupçonne l’artiste belge de fraude fiscale. Il faut dire qu’en se vantant de séjourner six mois sur douze sur le sol français, les agents de Bercy ont obtenu suffisamment d’éléments pour ouvrir une enquête, comme Angèle − via sa société Saïmiri domiciliée en Belgique − ne paye aucun impôt en France.
Angèle, entre France et Belgique
Ainsi, l’Informé raconte que des enquêteurs ont réalisé des saisies le 19 mars dernier dans son appartement parisien, situé dans le XVIIIe arrondissement de la capitale. Ces saisies ont d’ailleurs été contestées devant la justice par Angèle, mais ses demandes d’annulation n’ont pas été retenues en appel. À l’exception d’une demande, liée à des saisies en lien avec la création de titres encore inédits de la chanteuse.
Derrière ces visites, ce sont d’abord les revenus perçus par l’interprète de Bruxelles je t’aime qui intéressent Bercy. Le média explique que Saïmiri dépend en très grande partie de deux entreprises françaises. Ces dernières années, Angèle a ainsi perçu d’importantes sommes d’argents via Universal Music France et son producteur de tournée parisien, Auguri Productions. Les sommes avancées sont respectivement de l’ordre de 5 millions d’euros en 2021 et 7,45 millions d’euros en 2023. Sauf que les résultats avant impôts de Saïmiri s’établissaient à 2,3 puis 3,6 millions d’euros.
À cela s’ajoutent les factures de gaz et d’électricité de cet appartement parisien. Sur deux ans, elles coïncideraient avec une consommation équivalente à d’autres logements. Selon le fisc français, « il peut être présumé que (l’appartement d’Angèle) est utilisé de manière régulière ». Ces indices sont par ailleurs suffisants pour faire dire au fisc qu’elle « y dispose de ses intérêts personnels au titre des années 2020 à 2022 en raison de sa relation avec une Française résidant en France et présumée y exercer son activité professionnelle au titre de cette période. »
Des « indices sérieux » récoltés chez Angèle
Du côté de l’artiste, ces accusations sont rejetées en bloc. « Il s’agit ici d’une question d’interprétation entre les deux pays pour savoir si ma cliente est résidente fiscale en France ou en Belgique où elle paye actuellement ses impôts Elle est prise entre deux feux alors même que sa vie sociale et économique n’est pas à Paris mais bien à Bruxelles », avance son avocat Me Sébastien Watelet.
Angèle semble être en mesure de tout justifier. Elle invoque par exemple la période du Covid-19, qu’il l’a contrainte à se confiner dans cet appartement. Quant aux factures énergétiques, l’artiste pointe l’indice énergétique médiocre de son appartement. Concernant « sa relation avec une Française résidant en France », elle ajoute que « n’est pas un critère retenu par le droit fiscal et qu’il n’est pas établi de vie commune » avec sa conjointe. Pour parfaire cette défense, Angèle affirme que sa société bruxelloise est tout ce qu’il y a de plus belge. Que ce soit ses « bureaux, sa comptabilité, ses comptes bancaires et la localisation de ses agents ».
Des arguments multiples qui n’ont pas l’air d’avoir convaincu le juge. Selon ce dernier, les saisies réalisées à son domicile parisien ont, à l’inverse, permis de récolter « des indices sérieux de nature à présumer que le centre décisionnel de la société Saïmiri est situé en France et que son activité de promotion et gestion des activités (…) de l’artiste Angèle peut être présumée comme initiée ou conduite depuis le territoire français, ce d’autant que la société ne fournit aucune pièce attestant de la réalité de son activité en Belgique. »
Toutefois, aucune proposition de redressement n’a été formulée à ce stade. Angèle a depuis réagi dans un communiqué dévoilé ce lundi « À aucun moment, il ne peut être soutenu » qu’Angèle et sa société Saïmiri SRL « auraient dissimulé des revenus ou éludé l’impôt », est-il indiqué. Elles « sont établies en Belgique » et « respectent leurs obligations légales en déclarant l’ensemble de leurs revenus mondiaux » dans ce pays. « Chaque année, la société verse à l’État belge des contributions importantes ». Le communiqué en profite d’ailleurs pour pointer une démarche de « ciblage plus large des artistes belges reconnus sur le marché français ».

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