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6 mars 2026Après les frappes en Iran, ces trois cartes illustrent la propagation très rapide du conflit au Moyen-Orient
Les frappes iraniennes sur ou proches des bases militaires (en rouge) ou d’aéroports (en orange) entre le 28 février et le 2 mars 2026.
• Les pays du Golfe, traditionnellement protégés par les États-Unis, sont désormais des cibles en raison de leurs bases militaires américaines.
• Le Liban est lui aussi impliqué dans le conflit après des tirs du Hezbollah vers Israël, provoquant des frappes israéliennes en retour.
Samedi matin à l’aube, Téhéran a été frappée par Israël et les États-Unis. Cette première attaque, visant à tuer l’ayatollah Khamenei, a été l’étincelle qui a entraîné l’embrasement : l’Iran a riposté contre Israël et a visé les bases militaires américaines situées dans les monarchies du Golfe. L’État hébreu a renchéri avec des salves de missiles tout au long du week-end contre l’Iran. Puis, ce lundi 2 mars, des frappes israéliennes massives ont déferlé sur le Liban, après des tirs nocturnes du Hezbollah, mouvement chiite pro-iranien.
« L’escalade militaire doit cesser au plus vite », a appelé lundi le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, s’inquiétant des ripostes à répétition plongeant de nombreux pays du Moyen-Orient dans l’engrenage de la guerre. Sur le même ton, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, affirme qu’il faut travailler « sans relâche » pour éviter une « propagation » du conflit.
Le HuffPost fait le point sur cette extension du conflit, extrêmement rapide, visible sur les cartes ci-dessous.
De plus en plus de villes touchées en Iran
D’abord, à l’échelle de l’Iran, entre le 28 février et le 2 mars, la zone touchée par les frappes israélo-américaines s’est largement étendue.
Aux premières heures de l’opération « Fureur épique », les « frappes préventives » sur l’Iran ont d’abord concerné la capitale Téhéran et les villes aux alentours, à l’instar d’Ispahan, Qom, Karaj, ainsi que Kermanshah, comme vous pouvez vous en rendre compte sur la carte ci-dessous. Plus au Sud, dans la ville de Minab, une frappe samedi après-midi contre une école de filles aurait tué 108 personnes, selon la presse iranienne.
Les premières villes iraniennes touchées par les frappes d’Israël et des États-Unis, le samedi 28 février.
Sur cette deuxième carte, mise à jour lundi matin, vous pouvez voir qu’Israël et les États-Unis continuent de cibler Téhéran. Le palais du Golestan, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, a d’ailleurs été « en partie endommagé » par les ondes de choc, a rapporté l’agence de presse Isna. Dans le même temps, Israël et les États-Unis ont déployé leurs frappes sur l’ensemble du pays, de Tabriz (nord-ouest) au port de Chabahar (sud).
Carte des villes iraniennes touchées par des frappes d’Israël et des Etats-Unis, après deux jours de combats, le 2 mars 2026.
Au petit jour lundi, une frappe de grande ampleur a notamment visé la province de Yazd et plusieurs sites « dans les villes d’Ardakan et de Yazd, ainsi qu’un site sur la route Yazd-Mehriz » ont été touchés, a rapporté le gouverneur de la province, Esmail Dehestani.
Le Croissant-Rouge a, de son côté, annoncé un bilan de 555 morts en Iran depuis le début de la guerre samedi, dont au moins 35 dans la province de Fars, 27 dans le Nord-Ouest, au moins trois dans l’Ouest à Sanandaj.
Les pays du Golfe impliqués malgré eux
En réponse aux frappes sur son territoire et à la mort de son guide suprême Ali Khamenei, la riposte iranienne s’est, dans un premier temps, concentrée sur Israël. Dimanche, un missile a frappé un abri à Bet Shemesh, faisant neuf morts, 11 disparus et 46 blessés. Les secours ont aussi fait état de la mort d’une femme à Tel-Aviv et des dizaines de personnes y ont été blessées. Encore lundi, plusieurs explosions ont été entendues à Jérusalem et les bureaux du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ont été visés dans l’après-midi.
Dans sa réplique de « grande envergure » baptisée « Promesse sincère », les Gardiens de la Révolution ont aussi frappé les riches États du Golfe (Émirats arabes unis, Qatar, Arabie saoudite, Koweït et Bahreïn), qui s’efforcent depuis des années à rester à distance des tensions qui secouent le Moyen-Orient. Jusqu’ici protégées par Washington, ces monarchies sont devenues des cibles, car elles abritent des bases militaires américaines. Ces dernières sont recensées sur la carte ci-dessous, qui localise en rose les infrastructures de l’armée de l’Air, en vert celles de l’armée de Terre et en bleu celles de la Marine.
Les bases militaires américaines au Moyen-Orient.
Une base aérienne à Chypre visée
Dès samedi, les Gardiens de la révolution iraniens ont notamment ciblé le siège de la Cinquième flotte de la marine américaine à Bahreïn ; la base américaine d’Al-Udeid au Qatar ; la base aérienne d’Ali Al-Salem au Koweït ou encore la base d’Al Dhafra, à Abou Dhabi.
Une base navale des forces françaises a également été touchée, le 1er mars, par deux drones iraniens à Abu Dhabi. Tandis que la piste de la base aérienne britannique d’Akrotiri à Chypre a été frappée par un drone le 2 mars. La carte ci-dessous indique avec des points rouges les principales bases frappées.
Les frappes iraniennes sur ou proches des bases militaires (en rouge) ou d’aéroports (en orange) entre le 28 février et le 2 mars 2026.
Lundi matin, de nouvelles explosions ont été entendues à Dubaï, Abou Dhabi, Doha et Manama. Dans cette région du Golfe considérée comme un havre de paix et de sécurité au Moyen-Orient, les frappes iraniennes ont aussi visé des infrastructures civiles, notamment des immeubles d’habitation, des hôtels, des aéroports et des ports maritimes. Ainsi qu’un pétrolier au large d’Oman et des infrastructures énergétiques au Qatar.
La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont déclaré être prêts à intervenir militairement en soutien à ces pays alliés.
Le Liban entraîné dans le conflit régional
Un nouveau front s’est ouvert lundi au Liban, après des tirs de missiles et de drones du Hezbollah pro-iranien vers Israël. Le mouvement chiite libanais a affirmé vouloir venger l’assassinat d’Ali Khamenei.
L’armée israélienne a frappé en retour des cibles du Hezbollah « à travers le Liban ». Dans le bastion du mouvement chiite, au cœur de la banlieue sud de Beyrouth, les obus ont commencé à tomber dans la nuit de dimanche à lundi. L’une des frappes nocturnes aurait tué Hussein Makled, le responsable du siège du renseignement du Hezbollah, d’après Tsahal, l’armée israélienne.
« Nous devons nous préparer à plusieurs jours de combats, de nombreux » jours, a prévenu le chef de l’armée du Liban, le général Eyal Zamir. Les autorités libanaises ont déjà fait état d’au moins 52 morts et 154 blessés.
Le président des États-Unis Donald Trump, a, lui, estimé, dans les colonnes du New York Times, que les opérations américaines en Iran dureront encore « quatre à cinq semaines ». Laissant présager des dégâts considérables, un lourd bilan humain et une poursuite de l’expansion des combats au Moyen-Orient.

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