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6 mars 2026BFMTV rattrape son retard sur le leader CNews, boostée par sa couverture des municipales et la guerre en Iran
QUENTIN DE GROEVE / Hans Lucas via AFP
Dans la guerre des audiences qui oppose CNews et BFMTV, le mois de février 2026 marque un premier coup d’arrêt dans le leadership de la chaîne info de Vincent Bolloré.
• CNews souffre des affaires Morandini et du départ de Sonia Mabrouk, impactant négativement ses audiences.
• LCI progresse également, profitant d’une actualité internationale dense, et se rapproche de BFMTV.
Podium inchangé mais dynamique inversée. La course aux audiences des chaînes infos a pris un virage inattendu ces dernières semaines, comme l’ont révélé les chiffres mensuels publiés lundi 2 mars par Médiamétrie. En février, CNews a beau avoir conservé sa couronne de leader faisant toujours d’elle la première chaîne info de France en part d’audience, derrière ce statu quo de façade (BFMTV reste deuxième, devant LCI et franceinfo), Médiamétrie révèle que la tête de gondole des médias détenus par Vincent Bolloré est en perte de vitesse.
Avec une part d’audience de 3 %, CNews a réalisé son résultat le plus bas depuis février 2025. Un coup de mou qui fait les affaires de la concurrence. Depuis janvier 2025, date à laquelle CNews avait ravi la couronne de leader à BFMTV, l’écart entre les deux chaînes n’a jamais été aussi faible. Et avec 2,8 % de part d’audience pour BFMTV, la concurrence fait de nouveau rage. Mais il ne faut pas oublier LCI, qui a réalisé un mois de février record (à égalité avec juin 2023) avec 2,4 % de part d’audience, réduisant au passage son écart avec BFMTV.
Couverture pointue des municipales
Alors que CNews semblait intouchable, le dispositif déployé par BFMTV autour de la prochaine échéance politique des municipales a contribué à changer la donne. En cause ? Une antenne tournée autour de cette élection concernante pour les téléspectateurs tandis que CNews se contente de ses éternelles discussions en plateau.
BFMTV avait dévoilé début février son ambition d’animer plusieurs débats électoraux dans quatre grandes villes françaises : Paris, Marseille, Lyon et Nice. Forte d’un ancrage local avec ses chaînes régionales, ce ne sont pas moins de 22 débats qui ont été prévus en amont des élections municipales, qui auront lieu les 15 et 22 mars.
Si celui à Marseille, le 19 février, n’a pas été un énorme carton (269 000 téléspectateurs en moyenne), celui à Lyon le 24 février a eu plus de réussite avec 418 000 téléspectateurs et un pic d’audience au-dessus du demi-million de téléspectateurs vers 21h30. De quoi en faire la première chaîne info de France en prime time, et la quatrième à l’échelle nationale.
Le débat prévu à Nice le 2 mars a dû être déprogrammé, couverture de la guerre en Iran oblige, et aura lieu le 7 mars. En revanche, celui à Paris a finalement été annulé, comme l’a dévoilé Politico jeudi 5 mars. La faute incombe à Rachida Dati qui refuse de débattre avec les autres candidats.
Dernier motif de démarquage pour BFMTV : l’interview exclusive de Marine Le Pen décrochée le 25 février, damant le pion à sa principale concurrente sur le créneau de l’extrême droite française. Un entretien qui a d’ailleurs réuni devant le poste plus d’un demi-million de téléspectateurs.
Pagaille interne post-Morandini
Quand on passe du canal 13 au canal 14 de la TNT, l’ambiance est toute autre après un mois de février plombé par les conséquences de l’affaire Jean-Marc Morandini. CNews a été contrainte de jongler entre les condamnations définitives de son animateur vedette en janvier (une pour corruption de mineur, l’autre pour harcèlement sexuel). Un contexte fébrile qui a déteint sur les audiences de la chaîne.
Après le retrait de l’antenne contraint et forcé de Morandini, CNews a dû profondément remodeler sa grille des programmes. D’autant plus après la démission fracassante de l’une des vedettes de son antenne, la présentatrice Sonia Mabrouk, qui a claqué la porte pour signifier son désaccord avec le maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini. Mais qu’importe pour CNews, qui a choisi de prendre un virage toujours plus identitaire avec l’émission 100 % Frontières sur la case 11h-13h, auparavant occupée par Morandini.
Dernier clou dans le cercueil des audiences de CNews, l’arrivée de Sonia Mabrouk sur BFMTV à la rentrée prochaine pour piloter un grand rendez-vous politique à l’approche de la présidentielle de 2027. Un mercato qui ne fait pas franchement les affaires de CNews, qui voit l’une de ses vedettes historiques filer chez la concurrence directe.
La guerre en Iran plombe CNews
La pagaille interne du côté de CNews n’explique pas tout. Sur les derniers jours de février, BFMTV et LCI ont particulièrement profité d’une actualité internationale dense avec le retour de la guerre au Moyen-Orient. Pour la journée du dimanche 1er mars (comptabilisée dans les données de février), BFMTV a réalisé 5 % de part d’audience, LCI 4,7 %.
Début mars, la tendance se confirme encore et BFMTV prend le large, comme le note le journaliste média de Quotidien Julien Bellver. Sur la journée du 3 mars, BFMTV comptabilisait 4,9 % de part d’audience, devant LCI à 4,4, renvoyant CNews en queue de ce trio de tête avec 3,9 %.
La faute, sans trop de doute, à une faible expérience du terrain et du traitement des conflits internationaux, comparé à BFMTV et LCI. CNews s’est contenté d’envoyer en Israël une équipe peu expérimentée menée par le reporter star du média d’extrême droite Frontières Jordan Florentin, pas franchement habitué des terrains de guerre. Aux dernières nouvelles, il n’était même pas titulaire de la carte de presse selon Les Jours. Illustration parfaite de cette inexpérience lors de son premier duplex en direct mercredi 4 mars : en plateau, le présentateur a été obligé de couper court à son intervention, après avoir fait remarquer qu’il devait « bien parler dans le micro » car ses propos devenaient totalement inaudibles.

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