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6 mars 2026
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6 mars 2026• Le front libanais
Après d’intenses bombardements dans la nuit du 5 au 6 mars, rapporte L’Orient-Le Jour, l’armée israélienne poursuit ses frappes sur la banlieue sud de Beyrouth. “La Bekaa et le Liban-Sud sont aussi particulièrement visés par les frappes israéliennes, avec notamment une frappe sur Saïda qui a fait cinq morts.” Selon le ministère libanais de la Santé, au moins 217 personnes ont été tuées au Liban depuis l’intensification lundi de la campagne militaire israélienne contre le Hezbollah et plus de 700 autres ont été blessées. Le pays compte désormais plus de 100 000 déplacés, les Nations unies parlant d’“urgence humanitaire majeure”, selon le quotidien israélien Ha’Aretz.
En riposte, le mouvement chiite libanais, allié à Téhéran, a tiré 70 roquettes en direction d’Israël. The New York Times estime que “le Liban est en train de devenir rapidement l’un des fronts les plus chauds du conflit régional, qui s’étend comme des métastases depuis le début des frappes américano-israéliennes contre l’Iran”.
• La “nouvelle phase” d’Israël
“Environ 80 % des systèmes de défense aérienne de l’Iran et plus de 60 % de ses lanceurs de missiles balistiques ont été détruits depuis le début de l’opération”, écrit le Jerusalem Post, en rapportant les propos d’Eyal Zamir, le chef d’état-major israélien. Ce dernier a annoncé que la guerre entrait dans “une nouvelle phase”, à savoir une vague de frappes “à grande échelle” pour viser “l’infrastructure du régime”. Ha’Aretz rapportait d’ailleurs en milieu de journée “la destruction d’un bunker souterrain situé dans le centre de Téhéran et appartenant à l’ancien guide suprême Ali Khamenei”. Selon l’armée israélienne, une cinquantaine d’avions de combat auraient été mobilisés pour cette opération.
The Wall Street Journal ajoute que, dans l’ouest de l’Iran, 35 sites liés aux forces de sécurité ont également été bombardés. En fin de journée, écrit le New York Times, Israël a émis un avertissement incitant la population à évacuer une zone industrielle située dans la région de Qom, à une quinzaine de kilomètres du site nucléaire de Fordo.
Selon Al-Jazeera, les frappes israélo-américaines ont tué au moins 1 332 personnes depuis leur lancement, le 28 février. Citant l’agence de presse iranienne Fars News Agency, le média qatari indique que deux écoles ont été touchées dans la ville de Parand, au sud-ouest de Téhéran.
• L’Iran poursuit sa riposte
L’armée iranienne continue, pour sa part, de cibler Israël, Tel Aviv notamment, avec des drones et des missiles ainsi que plusieurs pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis, le Qatar et Bahreïn, résume Al-Jazeera. Elle a aussi annoncé avoir attaqué un pétrolier américain au large du Koweït à l’aide d’un missile Khorramshahr-4, complète Ha’Aretz.
Les gardiens de la révolution disent avoir aussi visé des radars américains aux Émirats arabes unis, en Jordanie et au Qatar, rapporte L’Orient-Le Jour qui reprend un communiqué publié sur Sepah News, le site des gardiens : “Les radars américains THAAD déployés aux Émirats arabes unis et en Jordanie, ainsi que le radar américain transhorizon FPS-132 […] stationné au Qatar, ont été détruits par les unités de missiles et de drones du Corps des gardiens de la révolution islamique.”
Des explosions ont en outre été entendues à Manama, la capitale du Bahreïn. L’Arabie saoudite a dit avoir intercepté un missile.
• Trump souhaite la reddition de l’Iran
Le président américain l’a martelé, aujourd’hui, sur son réseau Truth Social : “Pas d’accord avec l’Iran sauf en cas de REDDITION INCONDITIONNELLE !”
Le cas échéant, ajoute Donald Trump dont les propos sont résumés par L’Orient-Le Jour, les États-Unis sélectionneront “un ou plusieurs dirigeants exceptionnels et acceptables”. Il a en outre précisé que les États-Unis et leurs “alliés et partenaires merveilleux et très courageux” travailleront, en cas de reddition, “sans relâche” pour sortir l’Iran “du bord de la destruction, en le rendant économiquement plus grand, meilleur et plus fort que jamais”. “L’IRAN AURA UN GRAND AVENIR”, a-t-il écrit avant d’ajouter, en déclinant son slogan MAGA (Make America Great Again) : “RENDEZ À L’IRAN SA GRANDEUR”.
• Le Charles de Gaulle en Méditerranée
Le porte-avions français Charles de Gaulle, “envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l’Iran, est entré en tout début d’après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar”, rapporte L’Orient-Le Jour en citant l’AFP. Le bâtiment a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d’être sur zone.
Pour mieux comprendre la situation, plusieurs articles à lire sur notre site :
Alors que les frappes israéliennes ont poussé près de 100 000 Libanais à quitter leurs foyers, les habitants d’une poignée de localités chrétiennes et sunnites frontalières avec l’État hébreu s’y refusent. Ils estiment ne pas être menacés, contrairement à leurs compatriotes chiites. Un reportage sur place de L’Orient-Le Jour.
Le président ukrainien l’a confirmé, les États-Unis ont demandé l’aide de Kiev pour lutter contre les drones iraniens Shahed. Mais dans le même temps, Donald Trump multiplie les déclarations hostiles à l’égard de Volodymyr Zelensky. Un double langage qui crispe les médias ukrainiens.
Le chef du groupe yéménite, allié de l’Iran, multiplie les discours guerriers de soutien à l’Iran. Mais pour l’instant, ces annonces d’actions “imminentes” sont restées sans suite. Les observateurs tentent d’expliquer cette retenue, qui pourrait être dictée par des considérations intérieures.
La presse russe s’inquiète des conséquences économiques pour le pays si la paralysie logistique au Moyen-Orient se prolongeait sur le long terme. Ces dernières années, les pays du Golfe sont devenus d’importants partenaires commerciaux de la Russie, tandis que l’Iran constitue un maillon stratégique de son “corridor Nord-Sud”, axe de transport reliant Saint-Pétersbourg et Bombay.
Contrairement à Jacques Chirac, qui s’était opposé en 2003 à suivre les États-Unis dans leur guerre en Irak, Emmanuel Macron semble prêt à s’engager dans le conflit en Iran. S’il a dénoncé l’intervention américaine, le président français est contraint par la faiblesse militaire et économique de la France et de ses voisins européens, note le journaliste britannique John Lichfield dans The Local.
Dans sa tribune, Katsuji Nakazawa, ancien correspondant à Pékin du quotidien japonais Nihon Keizai Shimbun, décrypte la stratégie américaine face à la Chine avant le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping, prévu à la fin mars. Selon le journaliste, dans la guerre en Iran, Washington cherche à affaiblir la Chine en s’en prenant à son allié “essentiel” en matière d’approvisionnement en pétrole.

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