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6 mars 2026Dans « Envoyé spécial » sur France 2, le témoignage poignant d’une enfant victime de violences sexuelles
Envoyé spécial/France 2
Les salles Mélanie sont spécialement aménagées pour recueillir la parole des enfants victimes de violences sexuelles.
PROTECTION DE L’ENFANCE – C’est une question délicate, qui fait encore aujourd’hui réfléchir les enquêteurs chargés d’auditionner les enfants victimes de violences sexuelles : comment les mettre en confiance pour qu’ils racontent ce qui leur est arrivé, sans pour autant orienter ou influencer leur récit ?
C’est à ce parcours délicat du recueil de la parole des jeunes victimes que s’intéresse ce jeudi 20 février un reportage d’Envoyé Spécial, à partir de 21 h 05 sur France 2. À travers le travail de la Brigade des mineurs du commissariat de Besançon, dans le Doubs, on comprend que rien n’est laissé au hasard dans l’audition des enfants.
Un extrait, partagé sur les réseaux sociaux en amont de la diffusion de l’émission, montre bien le travail minutieux mené par les enquêteurs pour inciter les enfants à se confier sur les événements traumatisants qu’ils ont pu vivre. Vous pouvez le visionner ci-dessous.
Tout en délicatesse, à force de patience, et en posant des questions jamais intrusives ni orientées, une enquêtrice parvient par exemple à faire parler Zoé, 8 ans, du viol que lui a fait subir le compagnon de sa mère. « Tu veux me montrer ce qu’il t’a demandé de faire ? », lui demande-t-elle. « Tu n’avais pas envie, et il n’avait pas le droit », la rassure ensuite la policière, après que la petite fille s’est confiée à elle.
Pour Jérôme Vandenbussche, enquêteur à la Brigade des mineurs, interroger les enfants nécessite de ne pas parler à leur place, et de ne pas les pousser à utiliser des mots qui ne sont pas les leurs. L’affaire d’Outreau, devenue le symbole des dysfonctionnements du système judiciaire dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs, a selon lui beaucoup fait évoluer les pratiques. « Avant, c’était plus des questions dirigées, où l’enquêteur voulait peut-être amener tout de suite l’enfant sur ce qu’il s’était passé. Par exemple : “Il a mis son zizi dans ton sexe ?” Et l’enfant va dire : “oui”. Puis, vous lui reposez la question dix minutes après, il va dire : “non”. »
« Aujourd’hui, les policiers vont s’intéresser au général, poursuit Jérôme Vandenbussche, avec des questions comme : “Parle-moi plus du moment où tu étais dans le lit avec ton papa”, “parle-moi plus du moment où ton papa se rapproche de toi”. On essaye d’y aller petit à petit. Le but, c’est aussi que l’enfant puisse dire ce qu’il s’est passé exactement, mais de façon moins brutale. Et de moins l’influencer. »
Les salles Mélanie, un cadre rassurant pour les enfants
Si les enfants comme Zoé se sentent suffisamment en sécurité pour parler des violences sexuelles dont ils ont été victimes, c’est aussi grâce au cadre rassurant dans lequel se déroule leur audition. La fillette n’a ainsi pas été interrogée dans un bureau froid et impersonnel du commissariat, mais au sein d’une « salle Mélanie ».
Les salles Mélanie, du nom de la première petite fille à avoir été auditionnée dans un de ces lieux à La Réunion en 1998, sont spécialement aménagées pour recueillir la parole des enfants dans un lieu apaisé. Pas d’ordinateur ou de grand bureau intimidant, mais des jeux, des jouets, des feutres et des peluches pour inciter les enfants à se livrer sur ce qui leur est arrivé. Tout du long, l’audition est filmée et enregistrée derrière une vitre sans tain pour que les enfants n’aient pas besoin de répéter, encore et encore, leur histoire.
Mais combien de salles Mélanie sont aujourd’hui déployées pour faciliter ce recueil de la parole des enfants victimes ? D’après une question au gouvernement posée par la députée de Dordogne Pascale Martin en 2023, le territoire français comptait près de 200 salles Mélanie en gendarmerie en janvier 2020. Certaines ont été aménagées dans des commissariats de police et d’autres installées « hors de locaux des forces de sécurité, généralement dans les structures hospitalières ».
Un nombre, hélas, encore largement insuffisant pour accueillir la parole des 160 000 enfants victimes chaque année de violences sexuelles, selon un rapport de la Ciivise en 2023. La salle Mélanie du commissariat de Besançon, où est auditionnée Zoé, a elle été inaugurée en 2023.
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