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6 mars 2026De « Monroe » à « Donroe », ce montage sur le Groenland illustre bien la menace qui pèse sur l’Europe
KRISTIAN TUXEN LADEGAARD BERG / NurPhoto via AFP
Une carte représentant le Groenland, l’Islande, les îles Féroé et le Danemark visible à l’intérieur de la représentation groenlandaise à Nordatlantens Brygge à Copenhague, au Danemark, le 22 décembre 2025. (photo d’illustration)
C’est un montage qui n’est pas passé inaperçu sur X, publié le même jour, samedi 3 janvier, que la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis. Katie Miller, épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Stephen Miller, a publié une photo du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, assortie d’une courte légende en capitales : « SOON » (bientôt).
Si bien que l’ambassadeur du Danemark aux États-Unis a appelé ce dimanche au « respect total » de l’intégrité territoriale du Groenland. « Petit rappel amical concernant les États-Unis et le Royaume du Danemark : nous sommes des alliés proches et devons continuer à travailler ensemble en tant que tels », a déclaré Jesper Møller Sørensen dans une réponse au message de Katie Miller, un temps conseillère et porte-parole de la commission pour l’efficacité gouvernementale Doge, alors dirigée par Elon Musk. « Et oui, nous attendons le respect total de l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark », a ajouté l’ambassadeur.
Il faut dire que le Groenland est convoité par Donald Trump, au grand dam du Danemark, et les tensions entre les deux pays ont été relancées par l’annonce fin décembre par le président américain de la nomination d’un envoyé spécial pour ce vaste territoire autonome danois.
Surtout, l’opération au Venezuela est vue par des experts comme un avertissement aux alliés des États-Unis inquiets des menaces de Donald Trump de s’approprier des ressources stratégiques, à commencer par sa volonté déclarée d’annexer le Groenland et d’entraîner une première « prise » sur l’Europe. Ou, une façon pour le président républicain de remettre au goût du jour la doctrine Monroe, à sa sauce.
James Monroe
Il y a plus d’un siècle, celle-ci considérait que l’Amérique latine était la chasse gardée des États-Unis. « On l’appelle maintenant le document “Donroe” », a asséné Donald Trump lors d’une conférence de presse après la capture de Nicolás Maduro, accolant son prénom au patronyme de son lointain prédécesseur, James Monroe. « La doctrine Monroe est très importante, mais nous l’avons dépassée de très loin », s’est targué le locataire de la Maison Blanche.
« Dans le cadre de notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question », a-t-il affirmé. Il faisait référence au document publié il y a près d’un mois par l’administration Trump redéfinissant la « Stratégie de sécurité nationale » des États-Unis dans un sens ouvertement nationaliste et particulièrement inquiétant pour l’Europe.
S’agissant de l’Amérique latine, elle affirme notamment que les États-Unis doivent chercher à accéder aux ressources et aux emplacements stratégiques et veiller à ce que les gouvernements de la région soient « suffisamment stables et bien gouvernés pour prévenir et décourager les migrations massives vers les États-Unis ».
Les États-Unis « refuseront aux concurrents non hémisphériques la possibilité de positionner des forces ou d’autres capacités menaçantes, ou de posséder ou de contrôler des actifs stratégiques » dans la région, selon le document, en allusion à la Chine, principal acheteur du pétrole vénézuélien.
Une posture agressive qui pourrait encourager des rivaux des États-Unis, Chine et Russie en tête, à adopter une attitude similaire dans leur zone d’influence, en particulier vis-à-vis respectivement de Taïwan et de l’Ukraine.

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