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6 mars 2026des veillées organisées dans plusieurs mosquées britanniques en hommage à l’ayatollah Khamenei
À la suite de la mort du guide suprême iranien, des commémorations ont été organisées pour lui rendre hommage en Grande-Bretagne. Certaines se sont tenues devant le Centre Islamiste d’Angleterre, à Londres, alors que l’association fait l’objet d’une enquête.
Depuis le samedi 28 février, les États-Unis et Israël ont mené conjointement des frappes sur l’Iran, notamment sur sa capitale Téhéran. Lors de ces attaques, la résidence du Guide suprême de la République islamique d’Iran a été touchée. La mort de l’ayatollah Khamenei a ensuite été confirmée par les autorités américaines, puis iraniennes.
Les réactions à la suite de cette annonce divergent à travers le monde : certains fêtent ce décès, tandis que d’autres le pleurent, voire même incitent à la vengeance. Au Royaume-Uni, plusieurs personnes affiliées à des mosquées ou à des associations étudiantes ont organisé des hommages en l’honneur de Khamenei, rapporte le Times . Des vidéos mises en ligne récemment ont par exemple montré des images de l’ayatollah décédé et de son prédécesseur ainsi que des bougies placées devant le Centre Islamique d’Angleterre (ICE), dans le nord de Londres.
L’ayatollah décédé comme un «martyr»
Lors de ces réunions, des documents attribués au Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI) auraient été distribués, selon le quotidien britannique. Ces derniers constituent une véritable armée idéologique pour l’État iranien. Des tracts ont été distribués par la même occasion dans les mosquées de Londres, Birmingham et Manchester, certains décrivant l’ayatollah décédé comme un «martyr».
Les sociétés étudiantes à l’origine de ces réunions et de la diffusion de ces documents sont appelées les sociétés islamiques Ahlul Bayt (abrégées en ABSoc). Elles sont présentes dans plus de 45 universités anglaises. Parmi elles : Cambridge, Cardiff, Manchester, et Édimbourg notamment. Ces associations sont affiliées au Muslim Council of Britain, ou sont distinctes de cette organisation mais organisées à destination des étudiants. À la suite de la mort de l’ayatollah Khamenei, l’ABSoc de Birmingham s’est confié au journal The Times : « Les manifestations de deuil et les événements organisés ont pour but de rendre hommage au décès d’un érudit religieux et guide spirituel pour les membres de notre communauté religieuse. Le deuil reflète la perte d’une source religieuse et non d’une idéologie politique.».
Perte « d’un grand érudit religieux»
Selon les vidéos mises en ligne, certaines commémorations ont eu lieu devant le Centre Islamique d’Angleterre (ICE). Cette organisation rattachée au gouvernement iranien a été fondée en 1995, et se décrit comme un centre éducatif pour approfondir les principes islamiques. Ce n’est pas la première fois qu’un hommage controversé est rendu à cet endroit. En 2020, des réunions avaient été organisées à la suite de la mort de Qassem Soleimani, commandant du CGRI tué par une frappe de drone américaine sous le premier mandat de Donald Trump.
Pour la mort de l’ayatollah Khamenei, un message de condoléances a été publié sur le site de l’ICE : «Reconnaître le chagrin et la perte d’un grand érudit religieux est une reconnaissance de l’humanité. Notre deuil doit être compris sous cet angle et notre commémoration lue dans ce contexte. Le Centre ne soutient ni ne cautionne l’activité politique ni ne suit les directives d’une personne politique ou d’un pays. Le Centre prie pour la paix et la tolérance entre les confessions en ce moment.» Par ce message, l’ICE entend défendre son rôle caritatif, éducatif et religieux, tout en assurant qu’elle n’approuve pas l’extrémisme.
L’ICE, visé par une enquête
L’organisme fait pourtant l’objet d’une enquête concernant la gouvernance et la gestion de l’association, lancée en novembre 2022. Cette investigation est menée par la Charity Community, en charge du respect de la législation des organisations caritatives enregistrées au Royaume-Uni. Selon le communiqué de presse des enquêteurs, des mesures ont déjà été mises en place, comme la suppression de la fonction du représentant du Guide suprême de la République islamique d’Iran ou encore la nomination de deux nouveaux administrateurs pour améliorer les évènements, et la sélection des intervenants. L’enquête est toujours en cours.
Ces réunions organisées en mémoire de l’ayatollah Kheimni restent alarmantes, comme le confie Ksara Aarabi, membre de l’association United Against Nuclear Iran, au journal Le Times : «Ce sont des veillées pour un homme qui avait du sang britannique sur les mains, qui a ordonné des complots terroristes sur le sol britannique. C’est profondément préoccupant.».

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