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6 mars 2026En Géorgie, des manifestants tentent d’envahir le palais présidentiel, le gouvernement crie au coup d’État
INTERNATIONAL – Une tentative de « coup d’État » ? Le président de Géorgie Mikheil Kavelashvili accuse les « renseignements étrangers » d’avoir appelé les citoyens géorgiens à « renverser le gouvernement », après une tentative d’irruption dans son palais présidentiel à Tbilissi.
Samedi 4 octobre, des dizaines de milliers de manifestants pro-européens se sont rassemblées dans le centre de la capitale pour protester contre le gouvernement, le jour où se sont tenues des élections locales boycottées par une partie de l’opposition et remportées par le parti au pouvoir, le Rêve géorgien. Dans la soirée, des protestataires ont tenté de forcer l’entrée du palais, comme on le voit dans la vidéo ci-dessus.
La police a fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour empêcher les protestataires de pénétrer dans la présidence. Des échauffourées ont aussi eu lieu entre la police et des manifestants, qui ont érigé des barricades et y ont mis le feu. Le rassemblement s’est dissous peu après minuit.
Le Premier Ministre géorgien Irakli Kobakhidzé a promis ce dimanche 5 octobre des représailles contre l’opposition après ces manifestations électorales et la tentative d’irruption. « Plusieurs personnes ont déjà été arrêtées, en premier lieu les organisateurs de la tentative de renversement » du pouvoir, a-t-il déclaré aux journalistes. « Personne ne restera impuni […] beaucoup d’autres doivent s’attendre à des condamnations », a-t-il ajouté.
Irakli Kobakhidzé a auparavant, lui aussi, qualifié les manifestations de « tentative de coup d’État », assurant qu’elles avaient été « planifiées par des services de renseignement étrangers », sans les nommer.
« Cette force politique – un réseau d’agents de l’étranger – sera complètement neutralisée et ne sera plus autorisée à intervenir dans la politique géorgienne », a-t-il poursuivi, en faisant référence au principal parti d’opposition, le Mouvement national uni (MNU) de l’ancien président emprisonné Mikhaïl Saakachvili.
Le ministère de l’Intérieur a déclaré samedi 4 octobre avoir ouvert une enquête pour « appels à renverser violemment l’ordre constitutionnel et l’autorité de l’État » et avoir arrêté cinq dirigeants de la contestation, qui encourent jusqu’à neuf ans de prison.
Élections boycottées
Selon la commission électorale, le Rêve géorgien a remporté la majorité dans toutes les municipalités en lice lors du scrutin de samedi, qui était boycotté par plusieurs partis d’opposition. Il s’agissait d’un premier test pour cette formation politique depuis les législatives d’octobre 2024 qu’elle a officiellement remportées mais dont le résultat est contesté par l’opposition.
Mikhaïl Saakachvili, qui purge une peine de 12 ans et demi de prison pour notamment abus de pouvoir, avait appelé ses partisans à manifester pour ce qu’il a qualifié de « dernière chance » de sauver la démocratie géorgienne.
Après les législatives de 2024, les partisans de l’opposition avaient organisé pendant des mois de manifestations, dont certaines avaient été réprimées par la police. Le pouvoir avait procédé à des dizaines d’arrestations d’opposants et de militants, renforcé la législation répressive et accru sa pression sur les médias indépendants.
Le gouvernement accusé de dérive autoritaire
Le Rêve géorgien, au pouvoir depuis 2012, est accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire et de vouloir abandonner les ambitions du pays d’intégrer l’UE pour se rapprocher de Moscou. Il a pris des mesures anti-LGBT et adopté une loi sur les « agents de l’étranger » fustigée par l’Union européenne. Le processus d’adhésion de la Géorgie à l’UE a été suspendu.
Les autorités assurent promouvoir la « stabilité » tout en accusant l’opposition de vouloir prendre le pouvoir par la force et les Occidentaux de chercher à utiliser le pays pour ouvrir un deuxième front face à la Russie.
Dans un récent sondage, l’Institut d’études et d’analyse sociales évalue la cote de popularité du Rêve géorgien à environ 36 %, l’opposition ayant les faveurs de 54 % des Géorgiens. Mais cette opposition est divisée. Si le parti de Mikhaïl Saakachvili a boycotté les élections locales, d’autres formations comme Lelo et For Georgia ont apporté leur soutien à des candidats.

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