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Lancée en 2017 par la multinationale chinoise ByteDance, l’application TikTok s’est imposée en moins d’une décennie comme l’une des plateformes les plus puissantes au monde. En 2026, l’application revendique plus d’un milliard et demi d’utilisateurs, dont près de 30 millions en France ; une ascension fulgurante qu’elle doit en grande partie à son système de recommandation.
Contrairement aux réseaux sociaux plus anciens fondés sur les abonnements et les relations personnelles, TikTok met en avant ses contenus en se basant sur les centres d’intérêt de l’utilisateur : le fil « Pour toi« , proposé par défaut à l’ouverture de l’application.
Chaque interaction – arrêt sur une vidéo, relecture, partage, like – nourrit un programme informatique – le fameux algorithme – capable d’affiner en temps réel les préférences de l’utilisateur. La différence avec les autres plateformes est notable : « On a un algorithme très paternaliste, qui va choisir les vidéos à la place de l’utilisateur », explique Marc Faddoul, directeur de l’ONG AI Forensics, spécialisée dans l’étude des systèmes de recommandation.
La force de TikTok réside aussi dans son format de vidéos – verticales et courtes – qui rompt avec l’ancien modèle des vidéos longues et horizontales. Ce nouveau format s’est généralisé à toutes les plateformes depuis – Reels, Shorts et autres Stories… – mais il a donné un avantage considérable à l’application chinoise à ses débuts. « En visionnant un grand nombre de vidéos en peu de temps, l’utilisateur donne des centaines de points d’entraînement par heure à l’algorithme, détaille Marc Faddoul. Cela permet d’affiner extrêmement rapidement ses centres d’intérêt et de lui proposer des contenus toujours plus personnalisés. »
Parti de Chine, TikTok a véritablement conquis la planète au moment de la pandémie de Covid en 2020. Téléchargée massivement pendant les confinements, l’application a été adoptée par la jeunesse du monde entier, qui l’utilise pour répéter des chorégraphies, chanter ou créer des clips vidéo. Certaines musiques deviennent absolument virales et quelques artistes doivent même leur éclosion à l’application.
Le succès de TikTok est un phénomène mondial. Mais pour conquérir chaque pays, le réseau social déploie aussi une stratégie de relations publiques très bien huilée.
En France, le réseau social conclut ainsi de nombreux partenariats avec de grands événements ou de grandes institutions comme le château de Versailles, le Festival de Cannes, le Tour de France ou encore le Festival du livre de Paris en 2023. Son directeur à l’époque, Jean-Baptiste Passé, explique avoir voulu s’adresser à un nouveau public, plus jeune, qu’on trouvait sur TikTok : « À ce moment-là, émergeait un hashtag qui s’appelait ‘BookTok’, qui était un phénomène tout à fait spontané où des lecteurs, et essentiellement des lectrices, plutôt jeunes, témoignaient de l’émotion qu’elles avaient vécue à travers leurs lectures ». Le phénomène est mondial et fait émerger une nouvelle scène d’auteurs et d’autrices « autour de la fantaisie ou de la romance », se souvient Jean-Baptiste Passé. « Il fallait s’y intéresser. » L’expérience est “un immense succès”, avec près de quatre visiteurs sur dix âgés de moins de 25 ans, qui se pressent notamment autour du stand de TikTok.
Tout le monde y trouve son compte, TikTok capitalise sur un phénomène né sur la plateforme (#BookTok), tandis que les organisateurs du Festival du livre profitent d’un accès direct à une audience jeune. De plus, le partenariat – qui a duré deux ans – est rémunéré : près de 200 000 euros versés chaque année par le réseau social sur un budget de quatre millions.
Autres grands noms, autres réussites : en 2020, le château de Versailles débarque sur l’application, et le fait savoir en publiant un communiqué – dont Mediapart se fera l’écho. Aujourd’hui, la chaîne de ce bijou architectural dépasse les 500 000 abonnés et publie régulièrement des vidéos. Le Tour de France, associé à TikTok depuis 2023, y trouve aussi son compte : deux millions d’abonnés et plus de 800 millions de vues sur les vidéos publiées avec le mot-clef « TourDeFrance » en 2024.
En revanche, la collaboration avec Cannes s’est arrêtée. Interrogé par la cellule investigation de Radio France sur la poursuite du partenariat lancé en 2022 avec TikTok, le Festival répond qu’il ne l’a pas renouvelé. Des créateurs liés au réseau social étaient invités sur la Croisette tandis que la Quinzaine bénéficiait d’un soutien financier de la plateforme.
Il y a un an, le Festival de Cannes avait été interpellé par la députée Renaissance Laure Miller, qui invitait les organisateurs à « reconsidérer » le partenariat avec une « plateforme de toute évidence problématique ». L’élue était alors rapporteure de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. L’arrêt du partenariat est-il lié à cette interpellation ? Le Festival n’a pas donné suite à nos questions.
Quand elle évoque une plateforme problématique, la députée Laure Miller se réfère aux nombreux témoignages accablants réunis contre l’application et appuyés par des études. L’une des plus récentes a été publiée en octobre 2025 par Amnesty International. Dans cette enquête, l’ONG documente l’effet « terrier de lapin » : plus l’utilisateur interagit avec un thème, plus le flux de vidéos peut basculer dans les contenus extrêmes, jusqu’à la spirale et à l’enfermement.
Amnesty crée trois comptes qu’elle déclare comme appartenant à des mineurs au moment de l’inscription. Parmi les vidéos proposées par l’application, celles liées à la santé mentale sont visionnées deux fois : « C’est tout ce qu’on faisait », précise Katia Roux, l’une des porte-paroles de l’ONG. « Même avec cette interaction minimale, en quinze à vingt minutes, le fil était saturé de contenus sur la dépression ou l’automutilation. Au bout de quarante-cinq minutes, on voyait apparaître des vidéos sur le suicide et en trois ou quatre heures, des contenus détaillant des méthodes pour passer à l’acte. »
De son côté, TikTok conteste la méthode au motif qu’il s’agit de comptes « test« , n’appartenant pas réellement à des mineurs. Amnesty, elle, soutient que la dynamique observée correspond à un « risque systémique« , que le règlement européen sur les services numériques (DSA en anglais) est censé encadrer. L’ONG a déposé un recours auprès de l’ARCOM, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle, chargée de la mise en œuvre de ce texte en France.
Depuis 2023, l’avocate Laure Boutron-Marmion représente une cinquantaine de familles réunies dans le collectif Algos Victima ; elle réunit des parents dont les enfants se sont suicidés ou ont tenté de le faire, et qui estiment que les réseaux sociaux – en particulier TikTok – ont joué un rôle central. Une réalité qui n’a pas changé, estime l’avocate.
« Chaque semaine, je reçois des appels ou des mails de parents endeuillés qui me disent qu’ils viennent de perdre leur fils ou leur fille qui se sont suicidés, bien souvent avec des modes opératoires que l’on trouve sur TikTok. Les parents continuent à m’appeler pour me dire que les choses ne changent pas, que la régulation des contenus ne fonctionne toujours pas.”
Laure Boutron-Marmion décrit une « mécanique folle » : « Un adolescent en détresse publie une vidéo évoquant son mal-être. Au lieu d’un signal d’alerte, il reçoit des ‘likes’ d’autres utilisateurs, qu’il interprète comme un encouragement à continuer. De son côté, l’algorithme considère ces interactions comme un signal d’intérêt et amplifie l’exposition à des contenus similaires ».
En novembre 2024, l’avocate a déposé un recours collectif contre TikTok au nom de sept familles au tribunal judiciaire de Créteil. L’action en responsabilité civile vise à faire reconnaître la responsabilité de la plateforme dans la dégradation de l’état de santé d’enfants – dont certains sont allés jusqu’au suicide.
De son côté, TikTok met en avant ses 40 000 collaborateurs dédiés à la modération des contenus dans le monde, dont plus de 6 000 en Europe, ainsi que ses outils de contrôle parental et de limitation du temps d’écran pour les mineurs, réglée à une heure par défaut.
L’application met aussi en avant ses liens avec des associations de protection de l’enfance. L’une des pièces maîtresses de cette stratégie est e‑Enfance, qui gère le 30 18, numéro national d’aide aux victimes de cyberharcèlement, que TikTok a intégré dans son application en France, en soulignant qu’elle soutient l’association. Chaque année, TikTok verse aussi 70 000 euros à e-Enfance, sur un budget de quatre millions. Sa directrice, Justine Atlan, le justifie en invoquant le principe du « pollueur-payeur » et précise que c’est d’abord TikTok qui a contacté e-Enfance en quête de conseils sur la protection des enfants : « Quand l’activité vis-à-vis d’eux est devenue importante et qu’on s’est retrouvé à leur faire beaucoup de signalements, on leur a dit que ça serait bien qu’ils participent à notre financement ».
TikTok a accepté et verse son financement via une convention de mécénat, « donc sans contrepartie« , précise Justine Atlan, « on travaille avec eux, mais pas pour eux ». Mais pour les critiques de ces partenariats, cette proximité entre industrie numérique et associations de prévention pose un problème de principe. Yves Marry, fondateur de l’association Lève les Yeux et membre du collectif Attention, compare cette stratégie à celle utilisée par d’autres industries controversées : « Les multinationales dont le produit a un impact sur la santé publique ont toujours financé des associations pour exercer une forme de contrôle sur les discours de prévention. » Selon lui, l’industrie numérique reproduit aujourd’hui un schéma déjà observé dans les secteurs du tabac ou de l’alcool.
Yves Marry cite l’exemple de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans votée en janvier à l’Assemblée nationale, et rappelle qu’e-Enfance n’a pas soutenu le texte, comme Point de Contact, une autre association financée par TikTok, comme l’a révélé le Canard Enchaîné. Les deux associations ont plutôt insisté sur les difficultés techniques liées à la vérification de l’âge des utilisateurs et plaidé pour une régulation des usages plutôt qu’une interdiction pure et simple.
Point de Contact et e-Enfance ont la particularité d’avoir été choisies comme « signaleurs de confiance » par l’Arcom, chargés d’alerter les plateformes sur les contenus illégaux ou dangereux circulant en ligne – un rôle qui renforce encore leur poids dans la régulation du numérique.
Au-delà des financements, TikTok a également cherché à associer certaines organisations à ses propres dispositifs en interne. Pendant deux ans, l’association e-Enfance a ainsi participé à un comité consultatif sur la sécurité mis en place par la plateforme, aux côtés d’universitaires et d’experts de la société civile.
Mais cette collaboration a pris fin en 2024. Sa directrice, Justine Atlan, explique avoir quitté ce conseil après deux ans de participation, estimant qu’elle servait de caution à une plateforme qui refuserait de remettre en cause son modèle économique fondé sur la captation de l’attention des utilisateurs.
Depuis 2023, l’application a été auditionnée par deux commissions d’enquête parlementaires en France. La première, au Sénat, portait sur la stratégie d’influence du réseau social. La seconde, à l’Assemblée nationale, s’est intéressée à ses effets psychologiques sur les mineurs.
Pour certains parlementaires, ces auditions ont surtout mis en lumière « l’opacité » de l’entreprise. Le sénateur Horizons Claude Malhuret, rapporteur de la commission sénatoriale, se souvient de réponses particulièrement évasives : « Nous avons posé des tas de questions restées sans réponses« .
Les sénateurs ont notamment découvert que la société TikTok France était officiellement dirigée par une présidente chinoise n’ayant jamais mis les pieds dans l’Hexagone. Claude Malhuret en a conclu que les représentants de TikTok en France n’avaient absolument aucun pouvoir sur la stratégie de l’entreprise : « Tout se décide ailleurs, au siège européen de Dublin ou en Chine ».
À l’Assemblée nationale, les débats ont également été compliqués quand les députés ont interrogé les représentants de TikTok sur les « Kentucky Files« , des documents judiciaires américains révélant des échanges internes ; des cadres du réseau social y évoquent les risques d’addiction liés à l’application.
Face aux parlementaires, la responsable européenne de TikTok a affirmé ne pas connaître suffisamment ces documents et a botté en touche, une réponse qui a suscité la colère des députés, et notamment du président de la commission d’enquête, le socialiste Arthur Delaporte : « Nous avions mentionné ces documents dans les questions écrites que nous avions adressées à la plateforme avant l’audition de leurs représentants ». Le député considère que la représentante de TikTok auditionnée ce jour-là a « menti« .
Dans son rapport, la commission décrit TikTok comme « l’un des pires réseaux sociaux à l’assaut de la jeunesse ». Dans la foulée, un signalement pour mise en danger de la vie d’autrui a été transmis au parquet de Paris, qui a ouvert une enquête préliminaire toujours en cours.
Au niveau européen, la Commission a également ouvert une procédure dans le cadre du Digital Services Act (DSA), le règlement destiné à encadrer les grandes plateformes numériques.
Dans ses conclusions préliminaires, rendues le 6 février dernier, Bruxelles estime que certaines fonctionnalités de TikTok – défilement infini, lecture automatique ou système de recommandations extrêmement personnalisé – pourraient constituer un design addictif susceptible de nuire aux utilisateurs, notamment les plus jeunes.
Si ces manquements sont confirmés, les sanctions pourraient aller de lourdes amendes jusqu’à une interdiction partielle du service sur le territoire européen. TikTok conteste vigoureusement ces accusations et affirme prendre « toutes les mesures nécessaires » pour garantir la sécurité de ses utilisateurs.
Face aux critiques, la plateforme a développé une stratégie de communication offensive. À l’automne dernier, TikTok a ainsi invité plusieurs dizaines de journalistes dans son « centre de transparence et de responsabilité » à Dublin, où se trouve le siège européen du groupe.
Objectif affiché : montrer comment l’entreprise modère les contenus et protège les mineurs avec un outil de contrôle parental et des fonctionnalités dédiées aux moins de 18 ans, comme la limitation du temps d’écran à une heure par jour. Dans cet espace, les visiteurs peuvent découvrir le fonctionnement de l’algorithme dans des vidéos promotionnelles ou les outils de modération utilisés par la plateforme. Des créateurs de contenu expliquent à quel point la plateforme leur est utile. Une militante des droits LGBT présente sa chaîne TikTok, une historienne de la Shoah intervient également ; elle aussi publie ses vidéos sur l’application.
Malgré cette « opération transparence« , il n’a pas été possible de poser nos questions au responsable de TikTok présent sur place ce jour-là. « Problème d’emploi du temps« nous a-t-on dit. L’entreprise avait par ailleurs demandé à connaître nos questions à l’avance. Mais une fois celles-ci envoyées, TikTok nous a indiqué que l’événement était complet. Nous avons malgré tout décidé de nous rendre à Dublin… et avons pu entrer.
Pour renforcer ses positions, TikTok soigne ses relais au sein des institutions françaises. En 2020, la plateforme recrute par exemple Éric Garandeau, ancien président du Centre national du cinéma (CNC), comme responsable des affaires publiques en France. Un choix stratégique : bien introduit dans les milieux culturels, il joue un rôle clé dans la signature de plusieurs partenariats prestigieux avec des institutions françaises. Énarque, Éric Garandeau est aussi écrivain, ce qui facilite la signature du partenariat avec le Festival du livre de Paris, se souvient son ancien directeur Jean-Baptiste Passé : « TikTok cherchait à renforcer sa respectabilité en s’adressant au ‘vieux monde du livre‘. Et puis Éric Garandeau est auteur, c’est quelqu’un de délicieux, intéressant, pertinent. C’était de la part de TikTok un excellent casting ».
En 2022, l’entreprise embauche également Marlène Masure, ancienne directrice des partenariats du comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris.
Plus récemment, TikTok a recruté Gaultier Brand-Gazeau, un haut fonctionnaire français en poste à l’ambassade de France à Dublin, spécialisé dans les questions économiques et numériques. Pour le député Arthur Delaporte, ces recrutements témoignent d’une stratégie claire : « TikTok cherche à recruter des gens qui ont des portes d’entrée dans les administrations. »
Dénonçant un “pantouflage”, Arthur Delaporte a saisi la HATVP. Mais la Haute autorité pour la transparence de la vie publique ne s’est pas prononcée ; le diplomate en question n’occupait pas un poste assez haut placé pour qu’elle se saisisse. D’après nos informations, son transfert a toutefois été validé par le ministère de l’Economie, qui n’y a pas vu de conflit d’intérêts.
L’ancien ministre Franck Riester, qui a eu Gaultier Brand-Gazeau comme collaborateur dans son cabinet au ministère du Commerce extérieur entre 2020 et 2022, décrit auprès de la cellule investigation de Radio France un « fin connaisseur du mécano institutionnel français. C’est ce que cherchent les grandes plateformes du numérique ».
En 2021, TikTok s’est également affichée aux côtés du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, à l’occasion de la journée européenne de sensibilisation aux dangers du numérique. Le ministre participe à une émission en direct sur l’application, aux côtés de la directrice de l’association e-Enfance.
Contacté, Jean-Michel Blanquer explique que le ministère « déployait alors une stratégie renforcée contre le harcèlement et le cyberharcèlement (le plan Phare) et il semblait pertinent de responsabiliser le réseau le plus utilisé par les élèves ». De son côté, TikTok a présenté l’événement comme un « partenariat« avec l’Education nationale.
Le réseau social chinois dispose enfin d’un relais important auprès du pouvoir : Xavier Niel. Fondateur de Free, actionnaire dans les médias et acteur incontournable dans le monde de la tech – dont il connaît tous les grands patrons –, le milliardaire français siège au conseil d’administration de ByteDance, la maison mère chinoise de TikTok, depuis 2024. Une instance très restreinte – cinq membres seulement – où se décident les grandes orientations stratégiques du groupe.
Interrogé par la cellule investigation de Radio France sur son rôle au sein de l’entreprise et sur les critiques visant la plateforme, Xavier Niel n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.
Dans plusieurs prises de parole publiques, le milliardaire explique néanmoins vouloir apporter « un point de vue européen » au sein de l’entreprise, comme sur France Culture, dont il était invité en décembre 2024. L’objectif, selon lui, est d’aider TikTok, « un produit incroyablement bon » à mieux comprendre les règles et les attentes du continent européen en matière de régulation du numérique.
Reconnaissant lui-même certaines dérives propres aux réseaux sociaux, « Plus on est trash, plus on va être vus« , déclarait-il dans une conférence avec le magazine Le 1 en juin 2025, il s’oppose pourtant à certaines mesures de régulation, comme l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : « Je suis toujours gêné par le fait d’interdire ou de bloquer des choses qui sont des libertés. »
La stratégie d’implantation du réseau social chinois en France est également industrielle. La cellule investigation de Radio France révèle un projet confidentiel sur lequel planche la maison mère de TikTok : ByteDance étudie sérieusement la possibilité d’investir dans des data centers en France, dans le cadre d’un appel à projets d’EDF soutenu par l’État pour développer l’intelligence artificielle.
L’électricien propose plusieurs terrains déjà raccordés au réseau électrique pour accueillir des data centers de très grande puissance. L’argument principal avancé par EDF est énergétique : la France dispose d’une électricité abondante, compétitive et largement décarbonée, grâce au nucléaire.
Le projet le plus important annoncé s’appelle « Campus IA » – 30 milliards d’euros d’investissement prévus – avec des travaux qui doivent débuter en fin d’année en Seine et Marne. Ni ByteDance, ni EDF n’ont souhaité faire de commentaire.
Également interrogée, l’ambassadrice pour le numérique Clara Chappaz n’a pas réagi à ce projet de ByteDance, tout en laissant la porte ouverte aux géants du numérique : « Les entreprises qui s’installent en France sont absolument les bienvenues, nous voulons travailler ensemble, mais selon nos règles« .
Lire les réponses complètes de Tiktok aux questions de la cellule investigation de Radio France
Écouter l’enquête en podcast dans “Révélations” sur Radiofrance.fr
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