
Téhéran visé par une attaque de « grande envergure » au 4e jour de l’offensive
6 mars 2026
Princesse tam tam et Comptoir des Cotonniers demandent leur placement en redressement judiciaire
6 mars 2026
LUDOVIC MARIN / AFP
Emmanuel Macron et sa femme Brigitte sont accueillis à Mumbai à la sortie de leur avion, ce mardi 17 février 2026.
Dans un monde bousculé par les coups de pression de Donald Trump et la rivalité sino-américaine, Emmanuel Macron se rend en Inde avec un objectif précis, celui de consolider un axe stratégique capable de tenir tête aux grandes puissances.
À partir de ce mardi 17 février et jusqu’à jeudi 19, le président français sera entre Bombay et New Delhi pour son quatrième déplacement en Inde depuis 2018. Officiellement, il s’agit d’afficher la solidité du partenariat franco-indien. Officieusement, il s’agit aussi d’envoyer un signal politique.
Mais derrière les poignées de main et les photos officielles, il y a un chiffre qui concentre toutes les attentions : 114. Il s’agit du nombre de Rafale supplémentaires que New Delhi pourrait acheter à la France. Un « contrat historique » qui représente la somme non négligeable de près de 30 milliards d’euros.
L’Inde a déjà acquis 36 appareils pour son armée de l’Air et 26 pour sa Marine. Avec cette nouvelle commande, elle confirmerait un choix politique : faire de la France un partenaire militaire central dans un environnement régional sous haute tension. Car ce contrat ne parle pas seulement d’aviation. Il parle d’indépendance. Sous la pression de Washington pour réduire ses achats de pétrole russe, New Delhi cherche à prouver qu’elle ne dépend d’aucune capitale. Alors s’équiper massivement en Europe, c’est envoyer un message à Pékin, à Moscou mais aussi et surtout à Washington.
Plus globalement, le désordre mondial généré par les coups de boutoir permanents de Donald Trump, des droits de douane à la diplomatie, tout comme la montée en puissance de la Chine seront au cœur des entretiens.
Dans le même esprit, Emmanuel Macron et Narendra Modi inaugureront à distance une chaîne d’assemblage d’hélicoptères Airbus à Bangalore. La coopération militaire ne se limite donc pas à l’exportation d’armes, elle s’ancre dans le sol indien.
Peser dans la course mondiale à l’IA
Mais la visite ne se résume pas à des contrats de défense. Elle raconte aussi un déplacement du centre de gravité économique. Longtemps tournées vers la Chine et les États-Unis, les entreprises françaises cherchent désormais des relais ailleurs. Et dans cette équation, l’Inde, qui devrait bientôt devenir quatrième économie mondiale, apparaît comme une évidence.
Une centaine de dirigeants d’entreprises ont fait le déplacement, des poids lourds industriels aux startups de l’intelligence artificielle (IA).
Jeudi, à New Delhi, Macron et Modi lanceront un sommet consacré à l’intelligence artificielle, dans le prolongement de celui organisé à Paris l’an dernier. L’enjeu étant de ne pas laisser la course mondiale à l’IA devenir un duel exclusif entre Washington et Pékin.
Emmanuel Macron rencontrera aussi autour d’un déjeuner six stars du cinéma indien, dont Bombay est la capitale avec les studios de Bollywood, machine à superproductions mondiales. Il entend évoquer les « coopérations possibles » dans ce domaine et « mettre en valeur l’attractivité de la France pour les tournages », précise l’Élysée.
Reste cependant une zone grise : l’Ukraine. L’Inde n’a jamais condamné l’invasion russe et continue d’acheter du pétrole à Moscou. Il semble malgré tout que Paris considère que l’essentiel est ailleurs : construire des partenariats capables de survivre aux secousses du nouvel ordre mondial.

9999999
