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6 mars 2026Guerre au Moyen-Orient : les Iraniens étaient-ils vraiment à « une semaine » d’avoir l’arme nucléaire, comme l’ont affirmé les Américains ?
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C’est l’argument principal avancé par les Américains et les Israéliens pour justifier la guerre : la nucléaire iranien. Où en est leur programme d’enrichissement ? Le site de Natanz a été frappé par des raids mardi 3 mars. A-t-il été impacté par la guerre ? France Télévisions a enquêté.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Que reste-t-il du programme nucléaire iranien après six jours de guerre ? Et représente-t-il une menace ? Un constat d’abord. Les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique ne sont plus sur place pour contrôler ou renseigner. Ils sont partis depuis juin 2025, depuis la première campagne de frappes israélo-américaine. À ce moment-là, trois sites avaient été touchés : Ispahan, Natanz et Fordo.
Rappelez-vous de ce que disait à l’époque le président américain, assez sûr de lui : « Les installations nucléaires iraniennes ont été complètement anéanties. » Les images satellites montraient, à l’époque, par exemple, le complexe disparaissant avant les frappes le 16 juin : après les bombardements, il apparaît largement détruit. Et pourtant, il y a 10 jours, Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Donald Trump, estime qu’il y a à nouveau urgence à intervenir en Iran : « Ils sont probablement à une semaine d’obtenir les matériaux nécessaires à l’arme nucléaire », avait-il alerté.
Les mollahs, étaient-ils à une semaine ou deux d’obtenir la bombe ? Selon les experts, la réponse est claire : « Non, les Iraniens n’étaient pas à deux semaines d’avoir une bombe nucléaire, une arme nucléaire fonctionnelle qu’ils auraient pu tirer sur l’Arabie saoudite et Israël. Ça, on en est certains. Il est possible qu’il y ait des activités qui se passent d’une façon secrète, mais même ces activités ne pourraient pas conduire à la fabrication aujourd’hui d’une arme nucléaire fonctionnelle en deux semaines », affirme Héloïse Fayet, chercheuse et responsable du programme de dissuasion et prolifération du Centre des études de sécurité de l’Ifri.
Selon la carte des installations nucléaires en Iran, nombre d’entre elles concerneraient du nucléaire civil. L’Iran nie vouloir se doter de la bombe atomique. Mais alors, pourquoi des camions semblent déménager du matériel en juin dernier sur le site de Fordo ? S’agit-il des 440 kilos d’uranium enrichi à 60 % par les Iraniens ? Il faut atteindre 90 % pour obtenir l’arme nucléaire. Pour cela, il faut des centrifugeuses. Les Iraniens en auraient encore 13 000, même si les Américains ont essayé d’en éliminer avec leurs puissantes ogives anti-bunker. Mais détruire ne suffit pas.
« Les Iraniens ont ce qu’on appelle un acquis nucléaire, scientifique, technologique, sur lequel on ne revient pas. Donc, on peut détruire des infrastructures qui retardent, qui pèsent lourdement sur un programme, mais ça n’annule pas un programme. Donc, pour régler la question, il faudra un accord », souligne David Rigoulet-Roze, spécialiste de l’Iran, chercheur à l’Institut Français d’Analyse Stratégique.
Les nouvelles frappes décidées par Donald Trump concernent pourtant à nouveau des sites nucléaires. Comme l’usine souterraine d’enrichissement de Natanz.

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