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PASCAL GUYOT / AFP
Sauf qui peut : c’est le message envoyé par Ubsioft pour tenter de trouver un remède pour se relancer après plusieurs années qui plombent la santé économique de ce géant français du jeu vidéo.
• Cette semaine, le géant a annoncé annuler le remake de Prince of Persia : les Sables du temps ainsi qu’une vaste réorganisation.
• La bourse est déçue, comme les fans, au point de voir le cours de l’action chuter de manière remarquable.
Chez Ubisoft, on va de Charybde en Scylla. Il faut dire que les temps sont durs pour le géant français du jeu vidéo, qui cumule annulations de jeux à la pelle, nouvelle organisation et coupes drastiques. Cette terrible série a eu pour principale conséquence de voir le titre de l’entreprise s’écrouler de plus 34 % à la Bourse de Paris ce jeudi 22 janvier. La plus forte baisse en séance de son histoire.
Et pour le dire clairement, les investisseurs sanctionnent les dernières annonces de la direction d’Ubisoft : un grand chambardement interne qui va réunir une partie de ses studios, actuellement dispatchés à travers le monde, par spécialité, tandis que d’autres seront mis au service de projets déjà lancés.
Prévue pour début avril et coïncidant avec le 40e anniversaire du leader français du jeu vidéo, cette réorganisation s’accompagne de décisions drastiques et très pénalisantes pour les fans. À commencer par l’annulation pure et simple de six jeux. Dont le très attendu remake de Prince of Persia : les Sables du temps, seule sortie annulée dont le nom a été confirmé.
Ubisoft s’est d’ailleurs excusé auprès des joueurs au moment d’annoncer l’arrêt définitif du développement de ce remake d’un jeu culte. « Nous souhaitions vous partager la nouvelle nous-mêmes. Nous avons pris la décision difficile d’arrêter le développement de Prince of Persia (…) Nous comprenons votre grande déception. »
Et ce n’est pas fini. Sept autres jeux ont été repoussés et un nouveau plan de réduction des coûts a été dévoilé, chiffré à au moins 200 millions d’euros sur deux ans. En plus des 300 millions déjà consentis ces trois dernières années. C’est dire si les temps sont durs chez Ubisoft.
Dégringolade boursière
Conséquence directe de cette réorientation globale : le créateur de la saga Assassin’s Creed prévoit désormais une perte opérationnelle d’un milliard d’euros sur son année fiscale 2025-2026.
Et comme expliqué plus tôt, cette accumulation de mauvaises nouvelles a eu pour conséquence de plomber le moral d’un grand nombre de joueurs. Tout en faisant plonger le groupe au plus bas sur les marchés.
En novembre, déjà, Ubisoft avait été contraint de demander la suspension de sa cotation à la Bourse de Paris après avoir repoussé la publication de ses résultats semestriels. Avant cela, son action avait déjà plongé de près de 50 % depuis le début de l’année 2025. Et sur cinq ans, la dégringolade de l’un des leaders mondiaux du marché du jeu vidéo est encore plus impressionnante, comme vous pouvez le constater ci-dessous.
Capture d’écran Google
La période est difficile pour le géant français du jeu vidéo, comme le montre cette courbe de l’action boursière d’Ubisoft depuis 5 ans.
En allant encore plus loin, et en prenant en compte toute l’histoire boursière d’Ubisoft, il faut remonter jusqu’à la fin de l’année 2011 pour retrouver un cours de l’action Ubisoft aussi bas qu’aujourd’hui. Plus précisément novembre 2011, où le cours de l’action atteignait alors 4,29 euros.
Capture d’écran Google
Dégringolade totale en bourse pour Ubisoft, qui se retrouve au même niveau qu’en novembre 2011, soit près de quinze ans en arrière.
Conserver ses talents, l’autre défi
Cette mauvaise période a aussi pour conséquence d’effrayer les salariés d’Ubisoft. « Je suis très inquiet sur l’état de santé du groupe », a confié à l’AFP un salarié du studio parisien d’Ubisoft. « Je peux comprendre l’idée d’aller sur un modèle plus soutenable financièrement, mais ça se fait au prix de beaucoup de licenciements et de fermetures de studios », poursuit-il.
Le numéro 1 français du secteur, qui compte environ 17 000 salariés dans le monde, s’est déjà séparé de plus de 3 000 employés ces dernières années. Et ces dernières semaines, les fermetures de studios se sont encore enchaînées, du côté de Stockholm et de Halifax. Dans le même temps, le groupe a aussi mené des restructurations chez Ubisoft Abu Dhabi, Redlynx en Finlande et Massive en Suède. Mais jusqu’ici les studios français ont été épargnés.
Sur le long terme, rassembler ses studios par expertise est toutefois « une excellente idée », juge Laurent Michaud, économiste du secteur, car « Ubisoft mise sur son premier atout : ses talents » individuels. Faut-il encore les conserver… Car la direction a également indiqué qu’elle souhaitait réduire drastiquement le télétravail. En oubliant un peu trop vite que plusieurs grèves avaient paralysé ses studios hexagonaux en 2024, notamment pour défendre le travail à distance. Le syndicat Solidaires Informatique a d’ailleurs appelé les salariés français au débrayage dès ce jeudi matin. Signe que le bout du tunnel n’est pas encore en vue.

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