
Trafic de stupéfiants et de cigarettes à la cité Fleming de Carcassonne : douze prévenus à la barre du tribunal correctionnel durant cinq jours
6 mars 2026
OPERATION EPIC FURY • Destroy Iran’s missile arsenal. • Destroy their navy. • E
6 mars 2026
ADNAN FARZAT / NurPhoto via AFP
Sébastien Lecornu, ici à l’Assemblée nationale le 30 janvier, activant le dernier 49.3 sur le budget.
Quatre mois après sa nomination à Matignon, Sébastien Lecornu achève sa première et principale mission : doter la France d’un budget pour 2026. L’épreuve a duré plus longtemps qu’espéré par le gouvernement, qui a dû se résoudre à faire passer une loi spéciale après un premier échec fin 2025. Puis, face à l’impasse, le Premier ministre a ensuite dû revenir sur sa promesse de ne pas recourir à l’article 49.3. Avec pour résultats une série de motions de censure RN et LFI, dont les dernières sont examinées ce lundi 2 février.
Leurs chances d’adoption sont, sauf surprise de taille, nulles : les quatre précédentes, déposées sur les parties recettes et dépenses du projet de loi de finances 2026 ont toutes été rejetées, avec un delta d’une vingtaine de voix pour atteindre la majorité requise. C’est donc serein que Sébastien Lecornu a engagé une dernière fois la responsabilité de son gouvernement sur l’ensemble du texte, après son passage au Sénat.
Que contient la copie finale qui sera mise en application ? Qui sont les gagnants et les perdants de ces longs mois de tractations ? Le HuffPost fait le point.
Ménages, retraités et agriculteurs, tous les gagnants
Premiers gagnants de la séquence : les ménages qui payent l’impôt sur le revenu. Après avoir proposé un gel du barème de l’impôt sur les revenus qui se serait soldé par une surcharge fiscale pour les particuliers, y compris les plus modestes, le gouvernement s’est rangé à l’avis des parlementaires qui se sont unanimement opposés à la mesure. De même, la suppression de l’abattement de 10 % des retraités a aussi été supprimé de la copie finale.
En parallèle, tenu par la nécessité de conclure un accord de non-censure avec le PS, le gouvernement a accédé à plusieurs de leurs demandes. Notamment en direction des plus précaires : hausse de la prime d’activité d’environ 50 euros par mois pour trois millions de ménages, revalorisation de « l’ensemble des prestations sociales » et généralisation du repas à 1 euro pour tous les étudiants. Le dispositif MaPrimeRenov’, pour rénover les logements énergivores, est aussi maintenu.
Du côté des ministères, l’Agriculture tire son épingle du mouvement de protestation qui s’est déroulé pendant les débats budgétaires. Son budget devrait s’établir autour de 6 milliards d’euros, avec des enveloppes de soutien à l’arrachage viticole à 130 millions d’euros, un fonds hydraulique à 60 millions, le doublement du fond d’urgence contre la dermatose nodulaire à 22 millions, un soutien aux céréaliers de 40 millions etc. Le secteur de la défense est aussi un des gagnants de la séquence, le Parlement ayant voté « un effort de plus de 6 milliards d’euros supplémentaires » pour les armées.
Entreprises et collectivités sur les rangs des perdants
Le budget du gouvernement prévoit un déficit public à 5 % en 2026 soit 131,9 milliards d’euros, quasi stable par rapport à 2025 et réduit de plus de 30 milliards d’euros par rapport à 2024. Sur le papier, Sébastien Lecornu a donc tenu son objectif. Mais les plus stricts défenseurs de la rigueur budgétaire restent partagés. « Soulagé » que la France ait un budget, l’ex-Premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici a malgré tout estimé que ce budget « améliore trop lentement les choses » alors que la France a pour objectif de descendre sous les 3 % d’ici à 2029. Du côté des partis politiques, Les Républicains se montrent tout aussi insatisfaits – mais ne peuvent, en grande partie, s’en prendre qu’à eux-mêmes.
Même si elle reste insuffisante pour certains, la réduction du déficit ne s’est pas faite sans coupes dans certains domaines. Au niveau de l’État, elles concernent les crédits alloués aux opérateurs, à une large partie des ministères (à l’exception des Armées, de l’Éducation, de l’Intérieur, de la Justice et de l’Agriculture) ou encore des programmes d’investissements. France 2030, lancé en 2021 par Emmanuel Macron en faveur des entreprises, voit par exemple ses fonds réduits de 1,1 milliard d’euros. Les collectivités territoriales n’ont pas non plus été épargnées. L’effort demandé a été réduit de moitié pour atteindre près de 2 milliards d’euros mais « l’addition est extrêmement douloureuse », déplore Sébastien Miossec, président délégué d’Intercommunalités de France. Elles enregistrent cependant quelques victoires, comme l’augmentation de l’enveloppe pour le Fond Verts et un milliard d’euros de dépenses supplémentaires pour les Outre-mer.
Enfin, le patronat apparaît comme le moins choyé par le budget Lecornu. Si la taxe Zucman a été écartée par le gouvernement, les entreprises les plus riches seront bien sollicitées avec le maintien de la surtaxe sur leurs bénéfices. Montant des recettes pour l’État : + 7,3 milliards d’euros, pour financer « l’effort pour la défense ». En parallèle, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), que le gouvernement promettait d’alléger de 1,3 milliard d’euros en 2026 à a demande des patrons, est maintenue telle quelle. Elle doit rapporter 4 milliards d’euros.

9999999
