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6 mars 2026Le militant propalestinien Georges Ibrahim Abdallah est sorti de prison, après 40 ans derrière les barreaux
VALENTINE CHAPUIS / AFP
Georges Ibrahim Abdallah photograhié dans sa cellule de prison à Lannemezan, dans le sud-ouest de la France, le 17 juillet 2025, après qu’une cour d’appel ait ordonné sa libération.
JUSTICE – C’est le jour J, après 40 ans d’incarcération. Le militant libanais propalestinien Georges Ibrahim Abdallah est bel et bien sorti de la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) ce vendredi 25 juillet. Après avoir été transféré à l’aéroport de Roissy, son avion le transportant jusqu’à Beyrouth a bel et bien atterri ce vendredi à 14h30.
Des membres de la famille du militant propalestinien et de l’équipe qui le soutient l’attendaient dans le salon d’honneur de l’aéroport. Des dizaines de ses partisans, certains brandissant des drapeaux palestiniens ou du Parti communiste libanais, se sont rassemblés près du hall des arrivées, selon un correspondant de l’AFP sur place.
« C’est à la fois une joie pour lui, un choc émotionnel et une victoire politique après tout ce temps », a confié à l’AFP durant la nuit son avocat Jean-Louis Chalanset après sa sortie de prison. « Il aurait dû sortir il y a tellement longtemps ».
Un recours non suspensif du parquet
La cour d’appel de Paris a ordonné sa libération la semaine dernière, « à compter du 25 juillet », à condition qu’il quitte le territoire français et n’y revienne plus. Il était libérable depuis 1999 mais avait vu jusque-là sa dizaine de demandes échouer.
Le parquet général de Paris a annoncé lundi un pourvoi en cassation contre la décision de libération. Ce recours, qui ne sera pas examiné avant plusieurs semaines, n’est pas suspensif et n’empêchera donc pas le départ de Georges Abdallah de France.
Selon Me Chalanset, qui l’a vu une dernière fois dans sa prison, jeudi, « il semblait très heureux de sa prochaine libération, même s’il sait qu’il arrive au Moyen-Orient dans un contexte extrêmement lourd pour les populations libanaises et palestiniennes ».
Georges Ibrahim Abdallah doit désormais se rendre dans son village natal de Kobayat, dans le nord du Liban, où « un accueil populaire et officiel lui sera réservé » selon sa famille. L’AFP l’a rencontré le jour de la décision, dans sa cellule, en accompagnant une parlementaire. « Quarante ans, c’est beaucoup, mais on ne les sent pas quand il y a une dynamique de lutte », avait assuré le détenu.
« Symbole passé »
La durée de sa détention est « disproportionnée » par rapport aux crimes commis et au vu de l’âge de l’ancien chef des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises), ont jugé les magistrats de la cour d’appel. Ce groupuscule de chrétiens libanais marxistes, dissous depuis longtemps, n’a « pas commis d’action violente depuis 1984 », a aussi rappelé la cour, voyant en Georges Abdallah un « symbole passé de la lutte palestinienne ».
Tout en regrettant qu’il n’ait pas « évolué » ni exprimé de « regret ou compassion pour les victimes qu’il considère comme des ennemis », les juges ont estimé que Georges Abdallah, qui veut « finir ses jours » dans son village, peut-être en s’engageant en politique locale, ne représente plus aujourd’hui de risque de trouble à l’ordre public.
A l’époque des faits, dans le contexte de la guerre civile libanaise et de l’invasion israélienne au Sud-Liban en 1978, les FARL ciblaient les intérêts d’Israël et de son allié américain à l’étranger.
Avant l’arrestation de Georges Abdallah en 1984, le groupuscule avait frappé cinq fois en France, tuant deux diplomates en 1982, un lieutenant-colonel américain et celui qui était considéré comme le responsable du Mossad israélien en France.
Identifié par ses empreintes découvertes dans une planque bourrée d’explosifs et d’armes dont le pistolet qui avait servi aux deux assassinats, Georges Abdallah avait comparu seul au palais de justice en 1987, dans un contexte particulier : il était devenu l’ennemi public numéro 1 et le prisonnier le plus célèbre de France car on le croyait, à tort, derrière la vague d’attentats de 1985-86 qui a fait 13 morts et installé la psychose dans les rues de Paris. Il avait été condamné à la perpétuité. L’ancien instituteur a toutes ces années nié son implication dans l’assassinat des diplomates, tout en refusant de condamner des « actes de résistance » contre « l’oppression israélienne et américaine ».

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