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6 mars 2026L’étude choc de SOS-Racisme sur la discrimination des candidats par les agences immobilières
PHILIPPE HUGUEN / AFP
Un testing de SOS Racisme montre que la discrimination dans l’accès au logement reste une pratique répandue et rarement sanctionnée. (Image d’illustration)
La discrimination au grand jour ? Dans les colonnes du Parisien, un testing national mené par SOS Racisme révèle qu’une part significative des agences immobilières accepte de restreindre l’accès au logement en fonction de l’origine des candidats : une pratique en violation directe de la loi.
Pour mesurer ces pratiques, l’association a contacté 198 agences rattachées à de grands réseaux, en se faisant passer pour des propriétaires cherchant un intermédiaire pour louer leur bien. La consigne donnée était explicite : exclure les profils perçus comme étrangers, sous couvert de considérations liées au « voisinage », au « bruit » ou à des différences culturelles. Résultat ? Près d’une agence sur deux a donné suite à cette demande, soit en procédant elle-même à un tri, soit en laissant le propriétaire écarter certains dossiers.
Dans les échanges recueillis, les agents commencent souvent par rappeler le cadre légal, avant de proposer des arrangements. Filtrage informel, refus non justifiés, consignes verbales impossibles à tracer : les méthodes évoquées permettent d’écarter des candidats sans laisser de preuve écrite.
Dans son expérimentation grandeur nature, l’association distingue deux comportements. D’un côté, des agences qui acceptent de sélectionner les candidats selon la couleur de peau. De l’autre, celles qui se contentent de déléguer ce tri au propriétaire. Dans les deux cas, la loi est contournée. Un peu plus de la moitié des structures contactées ont, à l’inverse, refusé toute collaboration de ce type.
Une formation insuffisante ?
De précédentes études avaient déjà montré que les candidats perçus comme maghrébins ou subsahariens subissaient un désavantage massif dans l’accès au logement. Pour SOS Racisme, le nouveau testing confirme une stagnation inquiétante.
Les professionnels du secteur reconnaissent l’ampleur du problème. La Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) admet que la formation actuelle des agents est insuffisante. Aujourd’hui, seuls les détenteurs d’une carte professionnelle sont concernés par une obligation de sensibilisation, laissant de côté une large part des commerciaux en contact direct avec les propriétaires.
Face à ces constats, le gouvernement annonce un durcissement du cadre. La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, prévoit de rendre obligatoire une formation spécifique pour l’ensemble des agents immobiliers.
Reste la question des sanctions. En pratique, les condamnations pour discrimination au logement demeurent exceptionnelles, alors même que le phénomène est documenté. Le coût des recours, la difficulté à apporter des preuves et la crainte de représailles dissuadent la majorité des victimes.

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