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6 mars 2026l’Institut Montaigne plaide pour responsabiliser les citoyens face aux coûts masqués des services publics
Un rapport publié par l’Institut Montaigne met en avant la nécessité de se détacher d’un « confort de l’irresponsabilité », pour faire prendre conscience aux citoyens du coût des services publics, en particulier la santé et les transports.
Tous responsables. La notion de « responsabilité » est mise à mal en France, de l’État au simple citoyen, estime l’Institut Montaigne, plaidant dans un rapport pour « clarifier qui fait quoi », afficher les vrais coûts de la santé, ou sanctionner les fonctionnaires défaillants. Le centre de réflexion a présenté mercredi ce rapport « Responsabilité: plaidoyer pour l’action », où il estime que « l’enchevêtrement des compétences » entre État, collectivités, ministèresetc. « crée un brouillard décisionnel », qui « nourrit la défiance » du citoyen. Le phénomène touche aussi l’entreprise, selon l’Institut.
Pour sortir de ce « confort de l’irresponsabilité », l’Institut propose trois axes de réformes. D’abord, « clarifier qui fait quoi », de l’État et des collectivités territoriales, en supprimant notamment les financements croisés. Également, catégoriser les centaines d’opérateurs de l’État, entre ceux qu’il faut préserver et ceux « qui pourraient être remplacés avantageusement par des acteurs privés », remarque Marie-Pierre de Bailliencourt, directrice générale de l’Institut. Certaines missions de France Travail entreraient dans cette catégorie, selon le rapport. Les auteurs souhaitent aussi que le principe de précaution prenne désormais en considération non seulement les risques de l’action, mais aussi « ceux de l’inaction ».
« Une culture de résultats » dans la sphère publique
Deuxième axe, rendre plus visible le coût réel des services publics. Les citoyens verraient ainsi apparaître, sur leurs ordonnances ou relevés de soins, le coût de leur traitement, quand la Carte Vitale donne l’impression d’une quasi-gratuité. « Une jambe ou un bras cassé, c’est entre 60 et 70.000 euros », relève la directrice générale. De même pour leurs titres de transports, qui afficheraient désormais « l’ampleur de la subvention collective » au regard du simple « reste à charge » que constitue le prix du billet. Pour Marie-Pierre de Bailliencourt, « il s’agit d’éveiller les consciences sans culpabiliser, tout en restant attentif à ceux qui ont des difficultés ».
Enfin, le rapport recommande une culture managériale d’entreprise « responsabilisante » et « une culture de résultats » dans la sphère publique. Dans cette dernière, il faudrait « appliquer rigoureusement les leviers de gratification et de sanction des performances des fonctionnaires », indique le rapport. Il suggère de « confier la prise de sanctions pour manquement, défaut ou insuffisance professionnelle directement au supérieur hiérarchique ».
« Si, que vous réussissiez ou que vous échouiez, le traitement est le même, ça décourage les gens de vouloir faire mieux », relève Marie-Pierre de Bailliencourt.
A la veille d’une séquence électorale majeure, la question de la responsabilité « doit être incluse dans la réflexion », conclut-elle.

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