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Selon Geoffrey Cain, journaliste américain spécialiste de l’Asie et de la Chine, la guerre en Iran déclenchée samedi 28 février est un énième épisode de l’affrontement stratégique de plus grande ampleur entre Washington et Pékin.
Pendant une décennie, Xi Jinping a construit un réseau informel d’alliés – Russie, Iran, Venezuela et divers acteurs régionaux – censé détourner l’attention américaine et renforcer la position de Pékin sur l’échiquier mondial : “Xi avait construit une coalition souple, transactionnelle et officieuse, destinée à donner à la Chine une profondeur stratégique face à la pression américaine. En Chine, j’entendais sans cesse la même idée, que je lis encore aujourd’hui dans les sources du PCC : l’Occident est en déclin. Xi a bâti sa politique étrangère sur ce postulat.”
“Xi tentera de projeter l’image d’une Chine forte”
Mais guerres, sanctions et renversements de régime ont progressivement affaibli ce dispositif, laissant Pékin plus isolé à l’approche d’une rencontre cruciale entre Donald Trump et Xi Jinping, affirme Cain : “L’invasion de l’Ukraine a saigné la Russie au point de la rendre dépendante de Pékin. Les proxys régionaux de l’Iran ont été éliminés, Assad est tombé, et maintenant Khamenei est mort.”
Pour Cain, ces bouleversements arrivent au pire moment pour Xi Jinping : le président américain doit se rendre à Pékin le 31 mars pour trois jours de discussions officiellement consacrées au commerce et à la prolongation de la trêve tarifaire conclue l’an dernier. “Xi tentera de projeter l’image d’une Chine forte, mais sa grande stratégie ne fonctionne pas comme il l’espérait.”
L’enjeu ultime
Derrière les négociations commerciales se profile ainsi une rivalité bien plus profonde. L’affaiblissement progressif des partenaires de Pékin réduit les marges de manœuvre de la Chine dans son bras de fer avec Washington, en particulier si un affrontement plus direct devait éclater dans la région indo-pacifique. L’enjeu ultime reste la capacité de Pékin à résister à une pression occidentale coordonnée si la confrontation devait s’intensifier – notamment autour de Taïwan.
“La plupart des analystes pensent à une invasion chinoise de Taïwan uniquement en termes militaires. Mais une telle invasion déclencherait aussi des sanctions occidentales bien plus sévères que celles imposées à la Russie. Pour y survivre, la Chine aurait besoin de pays prêts à lui vendre du pétrole en dehors des circuits officiels, à l’aider à contourner les banques occidentales et à lui offrir une couverture politique. L’Iran et la Russie étaient censés être ces pays.”

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